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Les tribulations d'une fille, victime de la Révolution
Publié dans Le Temps le 03 - 01 - 2019

Faouzia Ben Houria, écrivaine et poétesse tunisienne, vient de publier sa dernière œuvre littéraire intitulée : « La Fille et le Voyou », parues aux éditions Zeineb. Un livre volumineux de 418 pages, divisé en neuf actes et en 68 scènes, qui relate les tribulations d'une jeune fille, appelée « Dhahia » (victime), contrainte à fuguer le toit familial pour fuir la maltraitance d'un père ivrogne, grossier, violent et sans cœur, appelé le « dinosaure » et qui sera amenée à affronter toutes sortes de difficultés et de surprises bouleversantes rencontrées sur son chemin à travers les années et sous d'autres cieux. Je laisserai le soin aux lecteurs de découvrir la suite de l'histoire qui est d'ailleurs très passionnante.
Roman ou théâtre ? A vrai dire, dans ce nouveau livre les deux genres se rassemblent, s'entremêlent, et les deux formes d'écriture, romanesque et dramaturgique, se côtoient pour donner un nouveau produit littéraire, encore peu connu dans la sphère littéraire en Tunisie. De prime abord, on peut dire qu'il s'agit d'un genre mi-roman mi-théâtre, sauf que le dialogue occupe plus de 90% de l'histoire et que le discours le remporte de loin sur la narration. C'est peut-être pour cette raison qu'on oserait l'appeler « un roman dialogué » qui se caractérise essentiellement par une fonction discursive et une scénographie conversationnelle, caractéristique du roman dialogué, à travers lesquelles, les passions, les émotions, les idées, les intentions et les rapports des personnages sont révélés au fur et à mesure par l'auteur.
En effet, l'aspect romanesque de cet ouvrage s'explique par le fait que tous les ingrédients d'un récit sont respectés par l'auteur, à savoir le schéma narratif (situation initiale, situation intermédiaire et situation finale), c'est-à-dire une histoire qui contient un nœud, des rebondissements, des réactions pour finir par un dénouement déterminé. Cela s'explique aussi par les passages narratifs, longs ou courts, qui annoncent les événements à venir et qui, par effet de suspense, pousse le lecteur à découvrir les événements suivants. Quant à l'aspect théâtral ou dramatique, il se révèle surtout par la structure même du texte, qui est divisé en actes et en scènes, avec tous les autres éléments propres à la présentation d'une pièce de théâtre : annonce du nom de l'interlocuteur à chaque nouvelle réplique, alors qu'en roman on a souvent recours aux tirets et aux guillemets, présence des didascalies, ces indications mises entre parenthèses pour indiquer un état psychologique du personnage, son maintien, ses grimaces, ou encore ses mouvements. De plus, dans ce dialogue, on trouve également, tout comme le texte théâtral, le monologue, l'aparté, la tirade, le quiproquo et même le coup de théâtre. Et ce qui nous rappelle aussi le genre théâtral dans ce roman, c'est l'indication du mot « rideau » à chaque fin de scène. L'auteure a usé de toutes ces techniques propres au théâtre, si bien que le lecteur s'imagine devant des comédiens en train d'exécuter différents rôles sur les planches. En effet, au cours de la lecture de cette histoire, on a l'impression que l'auteure a l'air de prendre à la fois la place du dramaturge et du metteur en scène.
Cependant, si la parole l'emporte sur le récit narratif, il faut souligner que le dialogue demeure vital dans la progression des événements, et constitue, par conséquent, l'indice qui révèle la transformation des sentiments, des émotions des personnages et de leurs agissements. La trame de l'histoire est admirablement tissée, le style est simple et concret, les faits sont vraisemblables, issus de notre réalité de la période post-révolution dont le lecteur peut découvrir les retombées néfastes qu'a connues la Révolution, notamment dans la société, chez les jeunes générations et dans les cités populaires ; d'ailleurs les principaux protagonistes de cette histoire sont issus de ces milieux défavorisés où se trouvent tous les vices (chômage, drogue, alcoolisme, braquage, vol, viol, terrorisme, immigration clandestine…)
Enfin, l'œuvre de Faouzia Ben Houria se prête facilement à une adaptation théâtrale ou cinématographique, vu la forme singulière de cet ouvrage et de son style oralisé, surtout que l'écriture du texte théâtral n'est pas assez riche chez nous. D'ailleurs, les metteurs en scène qui s'y seront intéresses n'auront pas à apporter beaucoup de modifications au texte original, puisque l'auteure a pensé aux moindres détails. Reste à savoir si le lecteur éprouve le même plaisir à lire cette histoire en version papier qu'à la voir un jour se jouer en pièce de théâtre ?


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