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La Tunisie... ce grand panier percé !
Publié dans Le Temps le 12 - 12 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Slim BEN YOUSSEF p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Topos désormais récurrent de l'actualité nationale, le «précipice», ou le «gouffre», autrement dit l'«abîme», voire l'«abysse» en plus poétique, n'est pas seulement une sombre tournure allégorique, qu'on utilise généralement pour décrire, de manière très pessimiste, la situation économique, sociale, voire politique de la Tunisie contemporaine postrévolutionnaire. A saisir, en plus, dans son sens le plus littéral, le «gouffre» représente, aussi, un véritable et non moins menaçant phénomène de société, si ce n'est, carrément, une source d'angoisse «souterraine» et permanente, qui rythme ostensiblement le train-train quotidien, devenu horrible de toute façon, des Tunisiennes et des Tunisiens.
Par «gouffre», voire par «gouffres» au pluriel, entendez donc, ces espèces de trous verticaux, plus ou moins béants mais toujours impressionnants par leur profondeur, souvent dangereux et potentiellement mortels, pouvant s'ouvrir en Tunisie, de manière éminemment brusque et surtout très aléatoire, n'importe où et à n'importe quel moment, pouvant dévorer dans leur ventre, toujours à l'improviste, une quantité improbable de masse «physique» ou «musculaire» ayant le malheur de se trouver dans les parages, à cet instant-là, très précis, lorsque l'un de ces espèces de gouffres, occultes et «dormants», se décide tout à coup à s'ouvrir.
Mise en «abîme»
Après le tragique «incident» de l'«ascenseur de la mort» à Jendouba, un bus –rien que ça !- a été avalé, mardi dernier, par un trou béant en plein milieu d'une route à Bir El Kassâa. Il y a quelques mois à Kairouan, le sol s'est ouvert, comme une trappe à loups, sous les pieds d'un citoyen lambda qui ne faisait que passer par là. A Bhar Lazreg, puis à Enfidha, deux bouches d'égout ont dévoré, tour à tour, une enfant de 10 ans ainsi qu'une très jeune femme de 18 ans, par deux de ces journées de «simples» averses.
Si le «meilleur» reste évidemment à venir, le pire, pour tout quidam en Tunisie, est de devoir subir, sans pouvoir réagir, au risque d'une banalisation quasi-méthodique de ce spectacle de la mort, cette négligence étatique, meurtrière et cynique, doublée d'incompétence politique et dirigeante, criminelle et flagrante, qui sévit depuis au moins une dizaine d'année. Manque d'entretien, certes, mais corruption, malversation, détournement de fonds, et « tripotage » des marchés publics certainement aussi ! Le tout, sur fond de violences politiciennes et parlementaires qui rendent la vie de tous les jours, complètement déprimante.
Revenons aux faits : un bus est tombé dans un trou béant provoqué par l'effondrement d'une route à Bir El Kassâa. Photos et vidéos à l'appui, un tollé de réactions, plus révoltées les unes que les autres, a inondé les réseaux sociaux, sur le champ. Le bus en question transportait les employés d'une entreprise privée, dont certains ont été blessés. Le porte-parole de la Protection civile a indiqué, dans une déclaration aux médias, que sept personnes avaient été transférées à l'hôpital de Ben Arous, soulignant que leur état de santé est hors de danger.
Faire un trou à la lune
Le lendemain, le ministère de l'Equipement, de l'habitat et de l'infrastructure –si vraiment infrastructure il y a !-, s'est empressé d'apporter «des précisions» sur l'effondrement d'un tronçon de la route à Bir El Kassâa, engendrant un trou béant qui a avalé un bus.
Dans un communiqué, plus surprenant que réellement instructif, le ministère jette plutôt la balle dans le camp de l'ONAS (Office national de l'assainissement) : « Contrairement à ce qui a été «diffusé» dans certains médias et sur les réseaux sociaux, les dégâts enregistrés sont plutôt dus à l'effondrement des canaux d'eaux usées, relevant de l'ONAS». Précision presque inutile : «Ces canaux d'eaux usées se situent à l'entrée d'une usine voisine au marché de gros de Bir El Kassâa, et non pas dans la chaussée de la route régionale n°36, où la circulation des deux côtés demeure normale». Comme quoi, on est maintenant rassuré !
Bien entendu, on ne peut que rester coi devant cette posture, pour le moins scandaleuse, d'un ministère qui, quitte à s'en laver carrément les mains, préfère passer un savon à l'ONAS plutôt que d'assumer pleinement ses responsabilités. Comme si les installations de l'ONAS ne font aucunement partie de l'Infrastructure du pays.
Pour la énième fois, les Citoyennes et les Citoyens endurent les conséquences d'une situation de plus en plus lamentable de l'infrastructure routière et infra-routière en Tunisie. Dans le cas échéant, force est de rappeler que ce genre d'«incidents» est devenu de plus en plus récurrent sur les routes tunisiennes, durant ces dernières années. Il y a à peine quelques semaines, une voiture lambda a été avalée par un trou béant en plein milieu de la chaussée, c'est-à-dire de la même manière que le bus de mardi dernier. A une différence près : le trou existait déjà, la pluie s'est seulement chargée du reste.
Grand «panier percé», au sens propre comme au figuré, l'Etat tunisien se fait un malin plaisir, depuis quelque temps, de jeter l'argent –et les corps !- de ses propres contribuables dans des puits sans fond, qui se succèdent mais qui ne se ressemblent pas. D'après le dernier rapport de la FTDES (Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux), environ 4,1 milliards de dollars ont été illégalement transférés vers l'étranger, depuis 2015. L'équivalent de plus de quatorze milliards de dinars tunisiens... Astronomique !
Ceci sans compter, bien sûr, autant d'argent voire plus, «détourné» à l'intérieur du pays : corruption, malversation, détournement de fonds, conflits d'intérêt et l'on en passe. Et vous parlez d'un panier percé !
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