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Enfants livrés à eux-mêmes
Intoxications, chutes, accidents, brûlures, suicides même...
Publié dans Le Temps le 25 - 12 - 2008

Nos enfants sont-ils protégés contre toutes les formes d'accidents ? Le rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé et l'UNICEF a prouvé que le nombre de victimes de cette tranche d'âge est important. Pratiquement 830 000 enfants dans le monde meurent chaque année, selon un rapport publié récemment par ces organisations.
Mais là où le bât blesse c'est que la majorité est originaire des pays pauvres ou en voie de développement. 95% des victimes sont recensées dans ces zones. Les résultats incitent les décideurs à mieux prendre en charge cette population en la protégeant et en sensibilisant les différents partenaires. Actions plutôt limitées mêmes absentes chez nous. Nos enfants sont en fait confrontés aux risques majeurs même au sein de leur famille, à cause de négligence et d'ignorance. Pire ; il y a ceux qui décident de mettre un terme à leurs jours volontairement à l'âge de 10 ans. Si le nombre des cas n'est pas choquant, il y en a quand même, essentiellement dans les familles ayant des problèmes sociaux.
180 experts des différentes régions du monde se sont penchés sur l'étude des causes de décès des enfants. Ils ont établi que les traumatismes involontaires figurent à la tête de la liste. Ces incidents causent, essentiellement la mort de la population âgée de plus de 9 ans. Autre fait inquiétant, le problème se pose plus particulièrement dans les pays en voie de développement. Dans ce contexte, l'étude a révélé que l'Afrique connaît le taux le plus élevé de décès causés par le traumatisme involontaire. Le taux est dix fois plus élevé dans ce continent que dans les pays à revenu élevé comme l'Europe.
Autre constat confirmé par l'étude, les accidents sont la première cause de mortalité à partir de l'âge de 9 ans viennent par la suite les maladies infectieuses, la malnutrition ou les guerres. Toujours dans le même contexte, les experts ont révélé que ces drames ont lieu le plus souvent dans le milieu social défavorisé. D'autres causes de décès ont été énumérées, notamment les accidents de la route, les noyades, les brûlures, les chutes et les intoxications. Les enfants âgés jusqu'à 19 ans meurent le plus souvent suite à cause d'accident. C'est toujours dans notre continent que l'OMS et l'UNICEF enregistrent le plus ces drames. 19,9 par mille enfants africains sont victimes d'accidents de la route.
Les experts dans le domaine signalent que cette question de santé publique est relativement nouvelle pour les décideurs qui sont d'ailleurs mal informés sur la question et ne la prennent pas en considération convenablement. Ce problème se pose également en Tunisie car, cette population est confrontée aux risques d'intoxication, de brûlure, de chute à cause de la négligence et de l'ignorance des parents. Les mesures de prévention et de sensibilisation ont toujours été limitées. Et les solutions nécessitent une vision globale incluant toutes les parties concernées de loin ou de près. C'est la responsabilité du ministère de la Santé publique, mais aussi des autres ministères ainsi que la société de manière générale. Il est essentiel de multiplier les efforts dans le domaine pour épargner à nos enfants les risques d'accidents involontaires à travers notamment les campagnes de sensibilisation.
Sana FARHAT
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Azza Samoud Elgharbi, professeur de Pédiatrie, chef de service de l'hôpital d'enfants de Tunis.

« La plupart des intoxications sont accidentelles, mais il existe aussi des tentatives de suicide, soit 6 % des cas »

Le Temps : L'OMS et l'UNICEF viennent de publier un rapport sur la situation des accidents involontaires chez les enfants. Quel est l'état des lieux en Tunisie ?
-Pr Azza Samoud Elgharbi : Il faut dire que les enfants sont confrontés à plusieurs risques notamment chez eux à cause de l'ignorance et de la négligence des parents. Ils sont notamment victimes de brûlures, de chocs et d'intoxication. Je vais d'ailleurs mettre l'accent sur ce point-là car, il représente 3,25 % de l'incidence hospitalière dans l'hôpital d'enfants de Tunis. Une prévalence quand même importante, d'autant plus que nous enregistrons une prédominance chez la tranche d'âge de moins de trois ans. La quasi-totalité des intoxications surviennent à domicile avec 97 % des cas. C'est dans le milieu urbain que ces drames surviennent pendant les jours ouvrables, en présence de la mère.
Il est vrai que la plupart des intoxications sont accidentelles, soit 89 %, mais il existe aussi des tentatives de suicide, soit 6 % des cas. Nous accueillons des intoxiqués iatrogènes dans 5 % des incidents et ce, à cause de l'ignorance des parents. Il s'agit bel et bien de l'automédication, ou d'erreur de dosage ou de médicaments.
*Quels sont les produits qui sont le plus souvent consommés par les enfants ?
-Il a été constaté que les produits ménagers occupent la première position ; à savoir le pétrole et l'eau de javel, essentiellement vendue en vrac. Les produits caustiques à l'instar de la potasse et de la soude ont également été responsables de 47 % des accidents d'intoxication.
Les médicaments causent 39 % des cas d'intoxication. J'attire l'attention dans ce cadre sur un fait très important, à savoir les psychotropes. Ces substances dangereuses sont en fait les premiers médicaments consommés par les enfants le plus souvent livrés à eux-mêmes. Des parents en détresse, souffrants de problèmes psychologiques, laissent leurs progénitures confrontés à un danger majeur.
Toujours dans le même ordre d'idées, cette tranche d'âge est intoxiquée par les antipyrétiques, les paracétamols et l'aspirine. Ces accidents sont très graves et même mortels. Les doses données par les mères par ignorance risquent de coûter la vie à leurs enfants. Elles doivent éviter l'automédication et se renseigner le maximum auprès du pharmacien lors de l'achat du médicament. Les intoxications par les pesticides, les insecticides et les raticides figurent également sur la liste.
*Combien de cas de décès sont enregistrés ?
-Heureusement que les décès sont limités.
*Vous avez soulevé des cas d'intoxication volontaire en d'autres termes de suicide. Qu'est ce qui pousse ces enfants à être en détresse ?
-Les intoxications volontaires ont souvent lieu hors domicile. Nous avons d'ailleurs enregistré 4 tentatives. Ce sont les garçons âgés de plus de 10 ans vivant dans un milieu familial défavorable, où les parents sont divorcés que ce genre de problèmes se pose. Ces drames se posent quand la mère souffre d'un problème psychologique, ses enfants risqueraient d'atteindre un état de détresse.
*Comment assurez-vous la prise en charge psychosociale de ces enfants ?
-Il s'agit là d'un problème majeur qui se pose à l'hôpital d'enfants de Tunis. Nous ne disposons pas de cadre compétent pour assurer une prise en charge de cette population qui vient soigner suite à ces accidents. Nous intervenons en nous basons essentiellement sur le traitement médical. Certes, l'assistante sociale a un rôle primordial dans ce cadre. Idem pour la psychologue. Toutefois, nous manquons de compétences qualifiées pour gérer parfaitement ce genre de difficultés ainsi que d'autres. Nous accueillons notamment des enfants battus, des mères célibataires...
*Que recommandez-vous pour réduire la prévalence de ces accidents ?
-Il est essentiel d'intervenir sur les différents plans, auprès des parents, des industriels, des pharmaciens...Il faut également réaliser des campagnes de sensibilisation à travers les médias, des spots télévisés pour attirer l'attention quant aux risques d'intoxication. C'est de cette manière que nous pourrons consolider cette culture auprès des parents ignorants et non avertis par rapport aux dangers auxquels sont confrontés leurs progénitures.
Les industriels des produits chimiques sont concernés par cette question. Ils sont appelés à prendre des actions préventives en respectant les règlements de sécurité d'emballage notamment par rapport aux produits chimiques à usage domestique. Autre fait ; il est primordial d'interdire la vente des produits chimiques en vrac (l'eau de javel...) qui ne sont pas contrôlés.
De son côté, le ministère de la Santé publique doit multiplier ses actions de sensibilisation car il s'agit de la vie des enfants qui est en jeu.


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