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- L'objectif est de nous préparer pour l'après crise-
Focus : L'intégration dans la zone euro-méditerranéenne dans le contexte de crise financière et économique actuelle
Publié dans Le Temps le 02 - 05 - 2009

A l'initiative de l'UTCA- Sfax, une journée centrée sur le thème : « L'intégration dans la zone euro-méditerranéenne dans le contexte de crise financière et économique actuelle » a réuni d'éminents experts et professeurs tunisiens et étrangers dont notamment MM. Néji Baccouche, Mohamed Haddar, Tahar Ben Marzouka, Ezzeddine Saïdane, Abdelfettah Ghorbel et Nicolas Ligneul.
Temps fort des travaux de la journée ouverts par M. Abdellatif Zayani, président de l'UTICA- Sfax et clôturés par M. Taoufik Baccar, gouverneur de la Banque Centrale, les débats ont constitué une opportunité pour les représentants d'organismes et d'institutions économiques régionales ainsi que pour des hommes d'affaires présents de faire part de leurs préoccupations et de faire état des effets de la crise dans leurs secteurs d'activité. Les questions soulevées ont trait aux difficultés auxquelles font face les secteurs de l'industrie, du commerce, de l'huile d'olive etc. Ci-après un compte-rendu des éclairages faits par M. Baccar :
« La Tunisie a fait le choix de l'ouverture ; elle s'est intégrée dans l'espace euroméditerranéen à travers l'accord de libre échange avec l'Union Européenne. Elle a tiré profit de cet accord dans la mesure où l'exportation a continué à évoluer et grâce à l'exportation, notre niveau de croissance s'est amélioré à hauteur de 40%,. À ceux qui prétendent que notre intégration dans l'espace européen n'a pas eu d'impact sur la croissance de l'exportation, je dirais d'abord que lorsqu'on s'est intégré dans la zone de libre-échange c'était un choix mais un choix dicté par des considération mondiales mais qui s'est avéré judicieux comme l'attestent les avantages comparatifs de nos produits avant et après la mise en place de la zone de libre-échange. Ces avantages ont été préservés ce qui nous a permis de continuer à développer l'exportation et à alimenter la croissance. La part de nos exportations faites en direction de l'Union Européenne a augmenté et même avec certain pays importants de l'Union Européenne, nous avons des excédents au niveau de la balance commerciale. Ceci étant, si on bénéficie des avantages de cette intégration, il est évident que, lorsqu'il y a des contrecoups de la conjoncture, cela amène un impact négatif sur nos exportations et il faut tout faire pour minimiser cet impact. A ce propos, l'une des solutions c'est l'intégration dans de pareils espaces. Je voudrais rappeler qu'avec l'intégration, les échanges extérieurs de l'Europe avec les pays en dehors de l'Europe ne sont que de 44 %. L'Europe fait plus de 50 % de ses activités avec les pays qui sont intégrés au sein de l'union européenne. C'est ce que nous devons chercher . Il faut travailler pour s'intégrer justement dans un espace plus large qui est l'espace maghrébin et je dis que ce n'est pas antinomique avec l'intégration dans l'espace euroméditerranéen d'une façon générale. Si nous voulons que cette zone devienne un espace de prospérité, qu'elle puisse être compétitive par rapport aux grands ensembles qui sont en train de se former actuellement, ces efforts doivent aller dans tous les sens et c'est ce que nous avons fait. Nous avons des accords avec un certain nombre de pays : l'accord de libre échange avec l'Union Européenne , nous oeuvrons à une plus grande intégration dans l'espace maghrébin.
Pour ce qui est de l'appel à une plus grande souplesse dans la relation entre les entreprises avec les banques, je répondrais que c'est ce que nous sommes en train de faire actuellement. C'est également un sujet à l'ordre du jour. Les instructions ont été données en ce sens.

Des lignes de financements plus adaptés
Je voudrais également préciser que s'il y a un domaine où la Tunisie n'a pas besoin de conseils c'est bien le domaine bancaire et le domaine de la politique des changes. Je vais essayer de m'appesantir sur ce volet. Préserver la liquidité c'est ce que nous avons toujours fait . Nous avons toujours donné la priorité à la liquidité tant et si bien que nous avons commencé par baisser le taux de réserve obligatoire dans le but d'injecter de la liquidité au moment où l'on avait encore de la sur-liquidité. Cette sur liquidité existe encore. Nous avons actuellement mille millions de dinars de liquidités qui sont encore actuellement impayés par la Banque Centrale. Cela est clair : notre souci est constant en matière de liquidité que nous réussissons à assurer conscients que nous sommes dans la nécessité de la préserver.
On parle de financements plus adaptés, oui , ,c'est ce que nous préconisons. A ce propos, je voudrais rappeler qu'une des mesures qui ont été prises consistait à doubler les délais de mobilisation des créances mises sur l'extérieur. Les dettes qui étaient acquittées auparavant au bout de six mois nous les avons portées à un an. Evidemment, l'objectif, c'est d'adapter les instruments de financement à la situation et nous sommes prêts à aller encore plus de l'avant dans ce sens. Donc nous nous employons à faire face à cette nouvelle situation tant au niveau des liquidités qu'à celui de l'adaptation de nos instruments.

« La baisse du taux d'intérêt ne signifie pas nécessairement que la rémunération de l'épargne est devenue négative ».
Concernant le problème du taux d'intérêt de l'épargne et de l'investissement, je ne suis pas du tout d'accord pour dire que la baisse du taux d'intérêt pénalise l'entreprise. Au contraire il y a beaucoup d'interventions pour demander qu'on baisse encore plus le coût de financement de l'entreprise. Quant à la question de l'épargne, je voudrais d'abord préciser que nous n'avons pas de rémunération fixe c'est-à-dire TMM-2. Ce TMM-2 est actuellement le minimum de la rémunération de l'épargne. La baisse du taux d'intérêt ne signifie pas nécessairement que la rémunération de l'épargne est devenue négative. D'autre part nous savons tous qu'en temps de crise, le premier réflexe du consommateur consiste à consommer moins et à épargner plus et pour certains pays comme les Etats-Unis c'est un vrai problème car on se demande comment amener les gens à consommer plus quoique dans les Etats-Unis l'épargne ne soit pas une variable très importante. Mais dans les pays européens il y a une tendance claire à inciter les gens à consommer. Donc nous n'avons pas de souci de ce point de vue et poser le problème de l'épargne pour dire que la baisse des taux d'intérêt est quelque chose de négatifs, me semble dépourvu de tout fondement. Je crois que autant nous sommes d'accord pour dire que la disponibilité des crédits est plus importante que le coût des crédits c'est pourquoi nous avons axé toute notre attention sur le problème de la disponibilité des crédits, autant nous disons que nous avons baissé le taux épargne en conformité avec la politique que nous avons toujours préconisée en conformité avec le nouveau mandat de la Banque Centrale qui est celui d'assurer la stabilité des prix et lorsque nous nous sommes rendus compte que l'inflation a baissé nous avons alors réagi en baissant le taux directeur et si l'inflation baisse encore nous sommes prêts à réagir pour tenir compte de cela. Notre mandat amendé en 2006 précise que notre objectif en tant que Banque Centrale c'est essentiellement de préserver ladite stabilité.

« Nous n'avons pas de problèmes de liquidité pour le moment »
Concernant la question relative à l'éventualité de l'emprunt, nous n'avons pas de problèmes de liquidité pour le moment. Au contraire, nous avons un problème de surliquidités nous avons un problème de ponction de la liquidité qui se traduit pour la Banque Centrale par des recettes en moins parce que la banque paie la ponction. Ce qu'elle ne paie pas, c'est la réserve obligatoire. Cela occasionne des coûts aussi bien à la Banque qu'à l'Etat . mais nous procédons à cette ponction en parce que cela entre dans le cadre de notre mandat et que le législateur nous a fixé un objectif clair en la matière.
Le problème du commerce parallèle est un problème constamment soulevé. Vous avez certainement remarqué que dans les interventions, il 'y a même pas même parfois des contradictions. Certains appels à éradiquer ce fléau . D'autres , au contraire désapprouvent les opérations de contrôles de douane et de police auxquelles sont soumis les touristes par exemple Algériens qui viennent d'acheter des produits dans le marché parallèle. Nous avons constamment mené un combat contre le commerce parallèle qui d'ailleurs n'existe pas seulement en Tunisie où sa dimension est beaucoup plus faible que dans certains pays avoisinants. Il y a des mesures au niveau de la douane qui ont été prises concernant le contrôle. Nous sommes en train de tout faire pour réduire la portée de ce phénomène d'autant plus qu'il a un impact sur l'entreprise et plus particulièrement sur les PME
Concernant la ligne de crédit du Fonds Monétaire International appelée, ligne de crédit modulable. C'est effectivement une ligne de crédit qui vient d'être créée. J'ai eu l'occasion d'en discuter longuement avec le directeur du Fonds Monétaire International lors de sa visite en Tunisie. l'argumentaire que nous avons présenté en Tunisie consistait à dire que notre pays n'a pas de problème d'équilibres fondamentaux et que les dites lignes ne répondent pas à ses besoins. La Tunisie qui initie des programmes de libéralisation et de convertibilité, et qui d'autre part n'est pas ancrée dans un espace régional qui lui apporte un peu le parapluie nécessaire, a en réalité besoin d'autres instruments susceptibles de l'aider à mener à terme ses programmes. Nous sommes heureux de constater que le Fonds vient effectivement de mettre en place une ligne de crédit qui s'appelle ligne de crédit modulable qui a l'avantage d'être une sorte d'assurance et une opportunité aux pays comme le nôtre. Dailleurs, comme indiqué précédemment, seuls les pays qui n'ont pas de problèmes de balance de paiement peuvent prétendre à cette initiative.. Ces pays émergents qui en ont besoin pour mener à bien des réformes ou pour parer à des situations de retournement de conjoncture peuvent recourir à ce mécanisme d'assurance en payant un niveau déterminé jusqu'à 1000 % de ce qu'on appelle le quota. Pour la Tunisie cela veut dire 4 milliards de dollars. Mais tant que vous n' utilisez pas cette ligne, vous payez 15 points de base sur cette ligne, puis vous basculez systématiquement sur le système qui est en cours au niveau du Fonds Monétaire et vous payez un peu le dû comme pour les stand bye. Il y a actuellement trois pays qui ont prétendu à cette ligner, à savoir, le Mexique, l'Ile Maurice et un pays de l'Europe de l'Est. Nous avons discuté récemment avec les services du Fonds de cette question et nous allons voir comment vont évoluer les choses et à la lumière de l'évaluation que nous allons faire au niveau du gouvernement, nous allons voir, tout en sachant que nos réserves en devises sont actuellement de 150 jours. Elles sont suffisantes, je dirais même qu'elles sont relativement confortables pour tenir la route dans cette crise et nous allons étudier la question de plus près au moment de l'évaluation des mesures qui ont été mises en oeuvre. Ceci dit nous avons encore d'autres lignes de crédit qui sont en cours, sur le plan bilatéral. Nous avons réduit le risque de change sur ces lignes de 1 à 2 points pour en favoriser une meilleure utilisation et nous avons également mis en place une ligne de 100 millions de dinars au profit des non-résidents pour les amener à concrétiser leurs projets d'investissement en Tunisie.
En conclusion, je suis tout à fait d'accord pour dire que la crise économique n'est pas passée et qu'il faut faire attention et c'est ce que j'ai dit dans mon intervention. Il faut faire attention à l'effet de décalage. Il n'y a pas actuellement de consensus concernant la reprise mais des signes annonciateurs, quelques informations pertinentes... Nous devons tout faire pour maintenir la gestion de cette crise et pour cela je voudrais dire qu'effectivement la compétitivité et la productivité sont des volets de la plus haute importance, c'est pourquoi il y a ce débat sur la productivité, c'est pourquoi il y a ce programme que nous avons mis en place avec la Banque Mondiale, la BAD , et l'Union Européenne : un programme de 600 millions de dinars axés essentiellement sur la valeur compétitivité et de l'économie tunisienne. Je pense que l'objectif de c'est justement de nous préparer pour l'après-crise. Il faut avoir toujours l'avance nécessaire pour cette période. Je crois que le monde est en train de faire une évolution très importante et qu'après la crise rien ne sera comme avant à tous les niveaux, dans l'industrie automobile comme dans l'industrie bancaire, dans la mesure où les banques seront plus branchées sur les besoins de l'économie et de l'entreprise et de la clientèle. Je crois que nous devons nous y préparer. Nous devons puiser dans notre expérience notamment dans le domaine bancaire et toutes les analyses montrent que les pays qui ont été plus proches du secteur réel qui n'ont pas usé des instruments un peu en mal de transparence auront l'avance nécessaire pour pouvoir aller de l'avant et pour pouvoir tirer profit du retournement et de la nouvelle situation qui auront lieu,une fois la crise finie. »
Compte rendu réalisé par Taieb LAJILI


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