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La banane perd son attrait d'antan
Consommation
Publié dans Le Temps le 28 - 03 - 2010

Au début des années 90, la consommation annuelle a atteint 14 kilos par habitant par an. Elle dépasse à peine un kilo de nos jours
Les Tunisiens de plus de 50 ans se rappellent sans doute comment au début des années 70, la banane fut introduite et commercialisée en grandes quantités dans le pays. A l'époque, on vendait le kilo à 460 millimes, mais en réalité rares étaient les clients qui achetaient en détail.
Les plus aisés rentraient avec au moins un ou deux cartons si bien que la quantité mise en vente s'épuisait en moins de 24 heures, notamment à l'intérieur du pays. Des circuits d'information très discrets s'organisaient alors pour tenir certains privilégiés au fait des arrivages du fruit jaune et c'étaient eux qu'on servait les premiers. Les quantités rescapées de ce marché de l'ombre et mises en vente au grand public étaient finalement dérisoires. Nous nous rappelons aussi comment il fallait tenir la queue durant des heures et jusqu'à tard la nuit devant les magasins, pour acheter un ou deux kilos du fruit exotique. Aujourd'hui, l'engouement pour la banane a nettement faibli par rapport à ces années là, en raison surtout des quantités abondantes qui inondent le marché à longueur d'année et du prix relativement abordable auquel le fruit est proposé. La banane n'en reste pas moins un des fruits les plus prisés par le Tunisien. Cependant et alors qu'au début des années 90, la consommation annuelle de bananes avait atteint sous nos latitudes 14 kilos par habitant et par an, elle dépasse à peine un kilo de nos jours, d'après les statistiques de la FAO. !
Une importation très règlementée
En Tunisie, et d'après les marchands de fruits que nous avons interrogés, l'importation de la banane est effectuée par trois ou quatre particuliers qui ne traitent pas directement avec le pays exportateur mais avec des distributeurs internationaux connus, lesquels écoulent souvent leur marchandise en pleine mer ou sur les ports. Ces importateurs se relayent pour la distribution des quantités importées à travers le pays: en général la moitié de la cargaison est dirigée vers le Grand Tunis, la moitié restante va dans les régions de l'intérieur. La Tunisie applique des droits relativement élevés sur l'importation de la banane : l'importateur, qui doit obligatoirement disposer d'un permis l'autorisant à exercer son activité, paie une taxe avancée sur l'importation de fruits, des taxes sur services douaniers, une taxe sur les légumes et les fruits et bien évidemment la T.V.A.
Il faut ensuite s'acquitter des frais de conditionnement du fruit. En Tunisie, il n'y a pas de restrictions quant aux quantités de bananes à importer et la marchandise ne provient pas d'un pays particulier, bien que ce soit la banane équatorienne qu'on expose le plus souvent sur nos étals. Chaque carton importé contient en général 18,5 kg de bananes et coûte à l'importateur entre 5 et 8 dollars U.S. avant de passer par les services douaniers. Il est ensuite revendu aux commerçants à plus de 28 dinars. Ces derniers font généralement un bénéfice de 6 à 7 dinars sur chaque carton écoulé. Concernant le prix du kilogramme de banane, il varie selon le marché international, la demande locale et la fraîcheur du fruit. Il arrive en effet que les importateurs écoulent en même temps leur marchandise. Le marché en est alors saturé et le prix de la banane connaît de ce fait une baisse sensible.
Selon les marchands de fruits, les meilleures ventes de bananes s'effectuent avec les pâtissiers. Mais au mois de Ramadan et à la veille des grandes fêtes religieuses, les citoyens ordinaires achètent plus de bananes que d'habitude.
130 pays producteurs et seulement 3 multinationales bénéficiaires
Sur le plan international, la banane est actuellement le fruit le plus exporté au monde : environ 17 millions de tonnes chaque année, qui rapportent plus de 16 milliards d'euros. Les principaux pays exportateurs sont l'Equateur, le Costa Rica, les Philippines et la Colombie : à eux seuls, ils représentent 64 % des exportations mondiales. En fait les quantités exportées ne représentent que le 1/5ème de la production mondiale qui est de 80 millions de tonnes par an.
Environ 98 % de cette production est cultivée dans les pays en développement en raison de leur climat propice à ce genre de culture. En 2007, 130 pays produisaient la banane. Les plus grands producteurs sont l'Inde (21% de la production mondiale), le Brésil (9 %), la Chine (9 %), les Philippines (9 %) et l'Equateur (8 %). Les premiers importateurs sont l'Union Européenne (39 %) et les U.S.A. (26 %). Trois multinationales américaines dominent le marché de la banane dans le monde : il s'agit de Chiquita Brands International, Dole Fruit Company et Del Monte Fonds.
La guerre de la banane continue
Dans les années 90, un différend politique et économique entre l'Union Européenne et les USA a déclenché un véritable conflit de la banane. L'Union Européenne voulait préserver ses principaux fournisseurs, les producteurs membres des pays A.C.P. (Afrique, Caraïbes, Pacifique) que menaçait la libéralisation des normes économiques exigées par l'Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C.)et les U.S.A. partisans d'un démantèlement de toute protection économique. En 1993, des quotas furent fixés par région de production pour l'accès au marché européen ; mesures auxquelles les Etats-Unis répondirent par des contre-mesures visant les exportations européennes vers les U.S.A. Cette crise a beaucoup nui aux producteurs de bananes qui avaient misé sur les espoirs que portait pour leur commerce, l'annonce de la libéralisation du marché européen. En effet et en prévision de cette ouverture économique, ils ont, entre 1980 et 1990, augmenté conséquemment leur production. Avec les barrières dressées en 1993, il y eut suroffre du produit et les prix baissèrent considérablement. Le différend n'a été résolu qu'en 2001, mais en 2006, des taxes lourdes furent imposées sur la banane américaine importée en Europe.
De nouveaux soucis
Aujourd'hui, la production de banane pose d'autres problèmes : d'abord sur le plan écologique, on se plaint de plus en plus des pesticides à haute toxicité utilisés dans les bananeraies pour les protéger des parasites dangereux.
Sur un autre plan, on réfléchit actuellement à une variété de bananes autre que Cavendish (de nos jours, la plus reconnue et la plus répandue au monde) et ce pour pouvoir remplacer celle-ci en cas de ravage dû à un parasite comme celui qui, dans les années 50, détruisit les récoltes dans un grand nombre de plantations à travers le monde. Les savants reconnaissent qu'il est pour le moment difficile de trouver une variété aussi ou plus résistante que l'actuelle Cavendish. Mais le jour où ce sera possible, c'est la guerre des brevets qui éclatera alors. D'ailleurs, on parle déjà de la banane de demain qui sera peut-être bleue, rouge ou même noire ! Allez savoir si elle gardera la même saveur et le même arôme que ce cher fruit jaune venu d'ailleurs !


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