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Naissance de l'espoir
Sur LCP « New York année zéro »
Publié dans Le Temps le 16 - 04 - 2010

Une musulmane qui donne des conférences sur l'Islam dans les synagogues et les églises, un juif orthodoxe qui va chercher dans les mosquées, après un séjour en Israël, la réponse à ses questionnements, sur ce qui sépare les hommes et sur ce qui peut les réunir, des Américains, toutes confessions, et toutes cultures confondues, qui manifestent devant un centre de détention, où sont séquestrés des immigrés, d'origine arabo-musulmane, voilà de quoi surprendre, dans un contexte de l'après 11 septembre, où haines et méfiance exacerbées, auraient plutôt tendance à séparer les hommes plutôt que de les rapprocher.
Pourtant, ce sont bien-là les propos du documentaire, diffusé il y a quelques jours sur la chaîne LCP, réalisé par Radovan Tadic en 2002, qui avait filmé à chaud, six mois après le drame, et en s'appuyant sur les témoignages de représentants de la société civile américaine, l'impact de ce qui est arrivé. Pas seulement sur ceux qui en ont accusé le coup de plein fouet, et qui ont pu y échapper, d'une façon, quasi-miraculeuse, ou ceux qui ont perdu un membre de leur famille, des amis…, dans la catastrophe, mais aussi sur ceux, -dans la grande majorité des cas d'origine musulmane- qui n'ont eu de cesse d'essuyer, depuis, les plâtres et pas que les plâtres, de la part d'une administration (Bush), qui leur en a fait largement porter le chapeau. Sans chercher aucunement à démêler le bon grain de l'ivraie. Ni à situer la part de responsabilité qui est la sienne, laquelle n'aura pas contribué pour peu, à faire effet de boomerang.
« New York année zéro » de Tadic revient donc sur l'onde de choc qui a secoué en profondeur l'Amérique, et ébranlé les consciences, en faisant vaciller toutes les certitudes, face à une tragédie, dont l'ampleur a culminé à des hauteurs vertigineuses, en faisant trembler le monde entier jusque dans ses fondements. Le documentaire interroge ainsi, l'essence même de notre humanité, qui en a vu d'autres hélas, en tentant de décortiquer, le sens de cette violence, qui n'a pas pu cependant, tuer l'espoir, ni empêcher des hommes, des femmes, faits de chair, de sang et d'âme, de fraterniser, par-delà tous les antagonismes. Et de se serrer les coudes, autour d'une certaine idée de l'Amérique, qui s'en fout comme d'une guigne de la politique politicienne qui cherche à diviser pour mieux régner, mais se préoccupe plutôt de l'humain et de la grandeur d'un pays dont les constellations doivent avoir valeur de symbole, pour signifier si besoin est, que la différence enrichit. Et qu'on gagne à se connaître pour vivre en harmonie, l'ignorance et les préjugés étant les pires des maux.
« New York année zéro », évoque surtout par ailleurs, le rapprochement, quelque temps après le 11 septembre, de deux communautés qui se tournaient le dos sans tout à fait se l'avouer, sur fond de conflit israélo-palestinien, et qui ont décidé de changer les choses en dialoguant ensemble et en s'entraidant, à partir du moment où ils ont compris, grâce à une poignée d'individus, qu'entre musulmans et juifs, juifs et musulmans, il n'y avait aucune raison, de continuer à cultiver la haine, quand on peut cultiver la paix. Et ce qui n'est que l'affaire d'une poignée d'individus ici, pouvant devenir l'affaire de tous.
Une utopie mensongère ? Il est évident que presque dix années après, et l'arrivée d'Obama à la tête de l'Amérique, il faudra considérer à l'aune de ces changements, qui ne sont pas des moindres, ce qu'il en est advenu de cet espoir de paix, et de ce quelque chose d'ineffable mais de fort, qui a soudé les Américains, toutes origines confondues, autour de leur patrie, frappée en plein cœur, et qui n'a pas vu venir le coup. Car cette solidarité, même si elle est réelle à l'échelle de certains individus, ne l'est pas tout à fait à l'échelle d'un pays, tout a été arrangé pour trouver le bouc émissaire, tout indiqué, pour cristalliser cette haine enfouie, et ce ressentiment, envers les coupables pointés du doigt, sans qu'il soit tout à fait sûr qu'il n'y ait pas d'autres implications souterraines, de quelque force occulte, qui joue du destin des peuples comme sur un échiquier où les dés sont truqués.
« New York année zéro » qui donne la parole à des gens, qui ont compris fondamentalement qu'on ne traverse pas pareille épreuve impunément, et sans en tirer un quelconque enseignement, permet de mesurer à quel point, il est plus facile de vivre en harmonie avec soi-même, quand on en arrive à comprendre que cet Autre qui nous fait peur, nous ressemble tout simplement. Et qu'il est aussi en quête de paix…


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