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Boums en discothèques et sur facebook !
Jeunes et loisirs
Publié dans Le Temps le 17 - 04 - 2010

Les adolescents d'il y a 30 et 40 ans organisaient souvent ce qu'ils appelaient alors des « surprises-parties » ou plus familièrement des « boums ». Il s'agissait de petites fêtes dansantes mixtes célébrées chez l'un des participants à l'occasion de son anniversaire ou d'un événement heureux vécu par un autre membre du groupe.
Mais comme c'est toujours le cas parmi les jeunes, on finissait par prétexter de n'importe quelle circonstance pour organiser ces « parties » folles qui réunissaient très souvent les élèves d'une même classe, d'un même lycée autour de boissons et de pâtisseries diverses. En fait, on y venait pour « s'éclater », pour écouter de la musique branchée, danser sur des airs à la mode (rock, pop, reggae, soul etc.) aux bras de celui ou de celle qu'on aimait. Aujourd'hui, on ne parle plus de boums ni de surprises-parties ; la « boum » a changé de nom et ne se tient plus dans le même espace. Mais l'esprit qui l'animait et l'ambiance qui y régnait ont-ils vraiment changé ? Des jeunes de 15 à 20 ans à qui nous avons posé cette question tentent d'y répondre.
Heykel et Karim (de Sousse) :
« Les soirées en boîte et l'alcool en plus »
Nous avons la chance de vivre dans une ville côtière où se trouvent plusieurs discothèques et boîtes de nuit. C'est là que se retrouvent les jeunes de notre âge pour se défouler. En général, les rencontres ont lieu le week-end mais pendant les vacances scolaires, nos réunions festives sont quotidiennes. La différence fondamentale avec les boums d'autrefois c'est à notre avis la consommation de boissons alcoolisées. Cela fait tourner la tête à certains et quelquefois gâche un peu la soirée. Autrement, c'est la même ambiance et le même besoin d'expression de soi, de rencontres mixtes et de divertissement libre qui président à nos rencontres. Les filles ont peut-être un peu plus de problèmes que nous pour sortir en boîte ; mais beaucoup d'entre elles savent comment s'y prendre avec leurs parents pour obtenir leur autorisation. Certaines se font accompagner par l'un de leurs frères pour rassurer papa et maman. Nous trouvons que tant qu'elles ne donnent lieu à aucun débordement, de quelque nature qu'il soit, ces soirées ne représentent aucun danger sur la moralité des jeunes des deux sexes.
Mehdi, Mohamed Aziz et Nadra (lycéens de Tunis) :
« Virées nocturnes en banlieue ou à Hammamet »
C'est vrai, les jeunes sortent de plus en plus en boîte aujourd'hui. Nous en connaissons qui organisent, tous les week-ends, des virées nocturnes en voiture ou à moto du côté de la banlieue-nord ou à Hammamet. D'autres vont jusqu'à louer des espaces particuliers pour tenir leurs « parties ». Certes, ce n'est pas à la portée de tout le monde ; mais entre vrais copains les questions d'argent ne se posent pas. Cela dit, il ne faut pas croire que nos soirées dansantes coûtent des fortunes. En économisant sur leur budget de la semaine, la plupart des jeunes peuvent se permettre de telles sorties que les parents tolèrent plus facilement quand c'est leur fils qui y va et pas leur fille.
Alaa et Dhaker (étudiants) :
« Les festivals d'été : des boums géantes »
Les surprises-parties ne sont plus organisées à la maison. Sous le toit parental, seules les petites fêtes innocentes sont tolérées de nos jours. En ce qui nous concerne, nous ne sommes jamais allés en boîte. Nous avons beaucoup de réserves sur la fréquentation de ces lieux ; en revanche, nous nous éclatons sans frein lors des festivals d'été. A ce propos, nous ne sommes pas les seuls à tenir les gradins de l'Amphithéâtre de Carthage pour une immense piste de danse. D'ailleurs, les organisateurs de ces manifestations conçoivent leurs spectacles de telle manière que ceux-ci finissent par ressembler à des boums géantes tenues en plein air. La chaleur ambiante, la promiscuité, la mixité du public à majorité juvénile restituent finalement l'atmosphère de ces fêtes sensuelles d'antan.
Amel (jeune employée dans un centre de Publinet) :
« Le face-boum !»
Avant que vous ne m'en parliez, je n'avais aucune idée de ce qu'étaient les boums d'autrefois ; mais je sais par contre que les filles de mon âge organisent aujourd'hui de petites rencontres exclusivement féminines pour fêter un anniversaire ou la réussite à un examen. Vous me demandez si les échanges entre jeunes sur Face-book ne sont pas en définitive des boums virtuelles ; c'est un peu vrai dans la mesure où ils sont mixtes et de temps à autre assez osés. De plus, les connections s'établissent sur les sons d'une musique branchée téléchargée sur l'ordinateur. Et puis, avec toute cette discrétion dont on entoure la communication notamment à la maison, il y a en effet tout lieu de penser à une boum virtuelle !

L'avis du sociologue de l'éducation
Chokri Memni :
« Une culture et des loisirs mondialisés pour les jeunes d'aujourd'hui »
Il faut tout d'abord rappeler que la mode des boums et des surprises parties n'avait pas connu sous nos latitudes l'engouement qu'elle avait en Europe dans les années 70 et au début des années 80. Ces rencontres festives étaient l'apanage de cercles minoritaires de jeunes gens issus de familles plus ou moins aisées. Il n'empêche qu'à l'époque, elles représentaient pour ces adolescents aux goûts musicaux et culturels très proches, des sortes de soupapes, des « défouloirs », qui leur permettaient d'échapper au poids des tabous d'une société traditionnelle excessivement répressive. Cela satisfaisait aussi le besoin de cette génération de créer, envers et contre les mêmes interdits, des espaces de mixité et de relative émancipation sexuelle.
Aujourd'hui, le contexte a beaucoup changé : avec le phénomène de la globalisation, les loisirs des jeunes ont pris une autre dimension elle-même mondialisée. Internet, Face-book, espaces de rencontres virtuelles, toutes ces nouveautés ont changé la donne pour les grands comme pour les petits. Pour ce qui est de la réaction des parents d'aujourd'hui, on relève deux tendances dominantes : soit le rejet des produits de la technologie et de la culture mondialisées sous couvert d'attachement à l'identité ; soit l'acceptation, au nom du progrès et de l'ouverture, de la mondialisation et de ses effets.
Propos recueillis par


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