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« Meurtre au Palais du Bardo »
Mémoire collective - Mai 1900
Publié dans Le Temps le 15 - 05 - 2007

Tel est le titre d'un roman dont l'auteur, Hatem Karoui s'intéresse à ranimer la mémoire collective d'une certaine période de l'histoire de notre pays, celle de la colonisation.
Il avait déjà réalisé un premier ouvrage autour de l'affaire Baïtou, un charretier juif qui a été exécuté, pour avoir insulté au cours d'une dispute avec un charretier musulman, la religion de la mère de celui-ci.
Cela fut considéré comme étant un acte blasphématoire de sa part qui lui avait coûté la vie, sur décision irrévocable du Bey. Celui-ci n'a pas manqué de requérir toutefois l'avis du Conseil charâaïque ou « Diwan », constitué par les dignitaires religieux qui n'avaient fait qu'entériner sa décision, soutenant que tout acte blasphématoire à l'égard de la religion musulmane ne peut émaner que d'un « Kafir » ou mécréant.
Cette exécution suscita le mécontentement des consuls européens, dont le proconsul français qui fit de cet événement une affaire d'Etat.
La situation en Tunisie, était des plus déplorables à cette époque, tant sur le plan politique, social et économique.
Des soulèvements et insurrections eurent lieu à travers toutes les régions du pays, notamment à cause de la Mejba, une taxe collectée régulièrement par le Bey pour renflouer les caisses de l'Etat affectées par les multiples malversations de certains proches de la cour, dont notamment, Mustapha Khaznadar, un Premier ministre rapace et véreux.
Plusieurs insurgés avaient marqué cette période sombre de l'histoire de la Tunisie, faisant preuve de courage et de témérité, pour dénoncer les injustices perpétrées par une poignée d'opportunistes qui faisaient peu de cas des droits de l'Homme et de la justice sociale.
Ali Ben Ghedhahem, un chef de tribu Frachiche, avait payé de sad vie et de son sang.
Son exécution sur ordre du Bey sur la place publique, dans des conditions des plus inhumaines, n'avait suscité aucune réaction particulière de la part des Etats européens.
Ce ne fut pas le cas, avec l'exécution du juif Baïtou, bien que les causes ne fussent pas les mêmes. Celui-ci n'avait pas commis à leurs yeux un acte pouvant porter atteinte à leurs intérêts, comme ce fut le cas pour Ben Ghedhahem, qui s'insurgeait contre le Bey. Or, à l'époque, l'Algérie étant sous occupation française.
La Tunisie était déjà objet de convoitise par les Français, qui essayaient d'y parvenir en ménageant pour gagner sa sympathie et son amitié.
Le Bey agissait, d'ailleurs, de même, assurant de cette façon sa protection d'autant qu'il cherchait tout comme ses prédécesseurs de se détacher de la coupe ottomane.
Dans ce deuxième roman de Hatem Karoui, nous sommes en pleine période coloniale.
Autour de certains événements historiques de cette époque, l'auteur nous retrace à travers une fiction romancée, avec un style imagé et coloré, cet éveil intellectuel par lequel avait jailli la première étincelle du mouvement national, grâce à certains hommes à l'esprit réformiste, tels que Khereddine, Mohamed Senoussi, Mohamed Karoui, Beyram V, Ali Bach Hamba et tant d'autres qui avaient commencé par déplorer l'état des peuples arabo-musulmans à cette époque par rapport aux peuples de l'Europe.
Dans son ouvrage « Aqwan Al Massalik » (les meilleures voies pour connaître l'état des royaumes), Khehreddine faisait référence aux systèmes politiques européens dotés de Parlements afin d'éviter l'arbitraire des gouvernants.
H.Karoui décrit cette situation où le Bey qui avait un pouvoir absolu sur ses sujets, n'était qu'un instrument entre les mains des colonisateurs, ce que dénonçaient certains parmi ces intellectuels réformistes en faisant paraître des articles dans des journaux tels que « Al Hadhira » (la capitale) créé en 1888 et qui soutenait le mouvement nationaliste La Nahdha (renaissance).
L'un des personnages du roman, Ammar Ben Slimane était de ceux-là. Le nom est imaginaire mais il représente dans l'esprit d'une personne déterminée, parmi ceux qui avaient eu l'audace de dénoncer ouvertement à travers ces articles de journaux, la mauvaise foi du colonisateur.
Il n'hésitait pas, par exemple, de faire part de ses sentiments en ce qui concerne la colonisation, dans l'une de ses discussions, pour dire que celle-ci « était une affreuse invention qui avait compartimenté les êtres humains en plusieurs catégories, en leur donnant l'illusion qu'ils étaient égaux. Elle en avait fait les pions d'une cynique partie d'échec planétaire dénuée de toute morale et basée uniquement sur des intérêts sordides ».
Les péripéties de ce roman imaginaire vont tourner autour de ce personnage suite à une polémique avec un autre intellectuel plutôt soucieux de ses intérêts personnels n'a pas la même optique que lui vis-à-vis du colonisateur et de ses agents.
Ammar Ben Slimane, sera dans le collimateur et il était question de l'éliminer physiquement étant surtout accusé d'avoir aidé à l'assassinat d'un certain Marquis de Morès qui avait effectué l'expédition de 1896.
Cependant Ammar Ben Slimane fut désigné pour représenter la Tunisie à l'exposition universelle de Paris en avril-mai 1900.
Une reproduction intégrale du palais du Bardo y a été réalisée au pavillon tunisien.
L'assassinat de Ammar Ben Slimane eut lieu dans ce palais, copie conforme du vrai palais du Bardo.
Au-delà de l'énigme qui retient le lecteur et que nous ne vous révèlerons pas pour vous inviter à le connaître en puisant à la source, l'auteur nous rappelle qu'à travers cette exposition universelle de Paris de 1900, ainsi que celles qui l'avaient précédées depuis 1878, le colonisateur tenait à agrandir l'image de la France par ses multiples colonies dont la Tunisie.
L'auteur faisait remarquer à ce propos :
« L'enjeu de cette récupération de l'Orient devenait de plus en plus vital pour la France dans la rivalité coloniale qui l'opposait à la Grande-Bretagne avec laquelle la tension en juillet de l'année dernière, arrivée à son comble à cause de la mission Fachoda (partie soudanaise du Nil) ».
D'ailleurs, Ammar Ben Slimane, pensait à cette exposition universelle de Paris, la participation tunisienne devait être reflétée par l'exposition des articles les plus représentatifs, du progrès accompli, dont notamment les livres scolaires.
A l'époque la « Khaldounia » était instituée dans le but de compléter l'enseignement zeitounien, en dispensant un enseignement des disciplines scientifiques.
L'auteur ne manque pas à l'occasion de parler de la place de la femme à cette époque où dans les fêtes de mariage les hommes ne se mêlaient jamais aux femmes et les membres de l'orchestre animant ces fêtes étaient aveugles, mais où l'éveil intellectuel gagnait déjà certaines femmes dont Asma, fille d'un Cheïkh zeitounien et conservateur, demandait à Ammar Ben Slimane, la possibilité de participer au journal Al Hadhira par un article où elle pourrait exprimer librement ses idées.
Un roman imaginaire, mais puisé de la réalité d'une certaine époque qui a marqué l'histoire de notre pays.


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