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Le monde parle « Tunisien »
Publié dans Le Temps le 19 - 01 - 2011

Bourguiba a dit : « j'ai construit quelque chose de solide », en parlant du peuple tunisien. Oui, Grand Leader Bourguiba, vous avez, en effet construit quelque chose de solide. Aujourd'hui, des décennies plus tard, nous pouvons-et en toute fierté- affirmer que nous sommes un peuple solide. Solide parce que au-delà des apparences superbement trompeuses dont s'affublait l'ancien régime tyrannique, et d'un peuple qu'on croyait réduit à des moutons de Panurge, il nous a donné une magnifique leçon de vie : ne jamais céder, ne jamais baisser les bras.
Et Bourguiba avait prévenu Ben Ali, il lui a bien dit qu' « il ne faut ni affamer, ni satisfaire entièrement le peuple tunisien, car si un jour, il se soulève, rien ne pourra plus le retenir.» Et Bourguiba ne croyait pas si bien dire. Opprimé sous un silence bavard pendant vingt trois années, les plus obscures de la Tunisie-en coulisses- il n'était plus question de cautionner ce césarisme encore plus longtemps. Un seul mot : dégage !
Le monde entier n'en revenait pas. Le monde entier a épousé (pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs) cette noble cause. Le monde entier a montré son soutien à la Révolution Tunisienne. Le monde entier a parlé, pendant un mois, tunisien.
La Tunisie, surplombe les médias étrangers et fait systématiquement la une des éditions des journaux d'information, tous supports médiatiques confondus. France 24, Aljazira, Alarabiya, TF1, TV5, Le Figaro, Le Monde, Los Angelos Times, etc. Tous les projecteurs sont braqués, un mois durant, sur la Tunisie, ne laissant filer la moindre information, le moindre détail, et il faut le dire et le reconnaître si la Révolution Tunisienne a pu aboutir c'est bien grâce à cet éventail médiatique et aux réseaux sociaux, très prisés auprès des jeunes, justement.
Si tout a chacun a livré au public son avis et son sentiment par rapport à la Révolution, et si les avis divergent, il y a des lignes demeurant immuables aux yeux de tous : le non soutien de la sphère politique occidentale hormis après la fuite de Ben Ali, les raisons de croire que la Révolution est le sort du reste des peuples arabes, les diverses théories du complot avant et après la chute du régime Ben Ali.
L'Humanité.fr a publié un article où il expose quelques avis de personnalités politiques de l'occident décrivant la stérilité de leur position quant aux événements se produisant depuis le 17 décembre. En effet, le silence de l'Elysée a étonné, les Français mêmes. Pourquoi aucune intervention ? Pourquoi aucune réaction ? La France qui prétend être l'ami dévoué de la Tunisie et au vu de tous les relations qui les lient à plus d'un titre, pourquoi reste-elle aussi silencieuse, elle qui est si démocrate d'ailleurs ? Et ce n'est qu'après la chute du régime Ben Ali, que la France décide enfin de réagir en gelant les avoirs du président déchu. Ce qui ne devrait, en revanche, pas nous étonné c'est la position du colonel Kadhafi. Connu pour son soutien inconditionnel à Ben Ali et aussi dictateur qu'il est, il ne peut qu'avaliser la politique de ce dernier et se rallier à lui.
Europe1 a parlé de la nomination de la Révolution. Pourquoi la Révolution du jasmin ? En raison du fait que cette fleur est devenue emblématique de la Tunisie, sans doute. Toutefois, nombreux sont ceux qui contestent ce nom, il ne s'agit pas pour eux d'une Révolution du jasmin mais plutôt des jeunes, des paumés et des laissés pour compte. Frédéric Frangeul explique : « Néanmoins, certains jugent l'expression inadéquate. C'est le cas du journaliste de Mediapart Olivier Malaponti. « Oublie-t-on qu'il y a du sang, de la peur, des morts, des blessés, des familles en deuil ? », écrit-il. Le jasmin est blanc, sent bon, est beau, pur... En aucun cas les Tunisiens n'emploient en ce moment l'expression « Révolution de Jasmin » soutient-il, regrettant « un raccourci journalistique, un cliché, un stéréotype crée par les médias occidentaux ».
Dans un autre registre, Le Figaro a parlé d'un volet critique et sensible de la Révolution : celui du chaos sécuritaire et de la présence des snipers et milices dans l'après Ben Ali.
En voici un passage : « Mais il en est encore d'autres qui sont cachés dans la nature. «Ils sont bien armés et bien entraînés et donc très dangereux», met en garde l'amiral Jacques Lanxade, ancien ambassadeur de France en Tunisie. «Ces desperados nourrissent l'idée folle que Ben Ali va revenir au pouvoir.» Ce sont, en effet des déclarations qui peuvent semer l'angoisse et la terreur. Mais on sait tous que le retour de Ben Ali est une utopie et relève du miracle. Que si ceux là continuent à y croire c'est simplement parce qu'ils ont été injectés dans le système au plus profond de leur convictions.
Le lundi 17 janvier, un plateau spécial Tunisie a été établi par la chaîne française France 2 vers le coup de 20h. Tout comme on a vu un reportage résumant les événements qui se sont produits depuis le 17 décembre. Un reportage qui ne peut laisser indifférent avec le style légèrement humoristique du journaliste, notamment concernant la position de l'Elysée et de son silence douteux. La chute du reportage ne pouvait être plus belle avec un slogan plus que significatif : « Tounes Horra wala la ».
Peuple tunisien, je te présente mes excuses !
Sur les réseaux sociaux, des articles se multiplient sur l'après Ben Ali, sur les prochaines élections présidentielles, des mouvements du gouvernement, de certaines revendications et nous en passons et des meilleurs. Et hier nous sommes tombés sur un article où tout bonnement une citoyenne tunisienne présente ses excuses au peuple tunisien. En voici le récit :
« Aujourd'hui j'ai envie d'écrie : Tunisie, mon amour. Oui Ma Tunisie je l'aime. Ma Tunisie je l'ai toujours aimée. Mais je n'ai jamais aimé son peuple, mon peuple. J'ai le plus clair de mon temps porté des critiques à son encontre, je l'ai traité d'immature, d'incivique, de frivole, d'inconscient et de sans identité aucune. Oui je n'ai pas aimé mon peuple. Je n'ai pas aimé ce peuple trop longtemps resté frileux, souvent flemmard et même pleurnichard.
Mais aujourd'hui, oh combien je suis fière de ce peuple, de mon peuple. Je n'ai jamais soupçonné la moindre étincelle de dignité, de liberté et de bravoure. Et pourtant, voilà que 11 millions de Tunisiens viennent me scander aujourd'hui le contraire, viennent me dire combien j'ai pu être stupide de ne pas croire en lui. Car c'est mon peuple, ce peuple même que j'ai traité d'incapable qui a soulevé la Révolution la plus spectaculaire, digne, marquante et menaçante. C'est ce peuple, mon peuple qui a fait déloger un tyran que d'autres n'ont pas réussi à le faire 23 années durant. Que d'autres ont choisi la solution la plus facile, celle de renoncer et de céder à ce despotisme. Peuple de la Tunisie, mon peuple de ma Tunisie, permets-moi de te présenter mes sincères et profondes excuses. Ma fierté de toi, peuple tunisien est égale à ma honte de moi-même d'avoir douté de toi. Au final, la Tunisie c'est mon amour. »


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