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La Tunisie à la croisée des chemins
A la loupe
Publié dans Le Temps le 09 - 03 - 2011

Baisse de 18% des exportations en deux mois - Qu'est ce qui a fait des Etats Unis d'Amérique une première puissance mondiale ? N'est-ce pas sa puissance économique. Tout court. Les Etats Unis, ne sont ils pas le premier producteur d'un nombre de denrées et de produits qui ont fait, pendant de longues décennies, le bonheur du billet vert et ont projeté les States à devenir le « policier du monde ». La Tunisie, n'ambitionne certes pas à jouer ce rôle. Nous n'avons pas les moyens ni l'envie. Mais ne veut-on pas, d'un autre côté, devenir au top mondial ? Être parmi les pays « avancés », n'est il pas un objectif de tous les Tunisiens ?
Cette Tunisie vit actuellement un « passage à vide », tel un joueur de football parmi ceux que l'on voulait rendre des idoles d'un peuple dont les préoccupations étaient autres. Un passage à vide qui représente, parmi ses multiples défauts, un terrain propice pour tout un chacun de se prononcer comme leader incontestable. Ils sont, en ce moment même, nombreux. Passons. La situation en Tunisie, avec notamment ce qui se passe en Libye, risque de devenir encore plus alarmante dans les semaines et mois à venir. Et si les réserves en devises étrangères continuent leur dégringolade, attendons- nous au pire. Il faudrait bien que les Tunisiens s'apprêtent à vivre sans largesse et de priver de tant de luxes, jusqu'à ce que les choses reviennent à la normale. De luxe, on parle là d'une gamme de produits qui va des denrées alimentaires, telles que le sucre, à titre d'exemple, aux plus complexes des matériaux et de technologies que nos unités industrielles, de celles qui n'ont pas encore mis la clé sous le paillasson, ont en besoin pour produire, exporter et créer des richesses. Il n'existe pas un bout de la chaîne, car c'est un cercle. Un cercle économique bien ficelé et qui nécessite l'ordre. D'ailleurs il n'a aucune chance de survivre sans cet ordre. Le terme, ordre, est un set. Un ensemble de composantes qui garantissent à toute activité économique de survivre, de produire, de créer les richesses et surtout de créer des emplois. Afin de ne pas sombrer dans l'ambiguïté, voyons les chiffres du commerce extérieur de la Tunisie pour les semaines passées.
Augmentation de 9,3% des recettes à l'exportation
Selon les statistiques communiquées par le ministère du Commerce et du Tourisme, les exportations de la Tunisie durant les deux premiers mois de l'année en cours ont accusé une baisse de 18% par rapport à la même période de l'année précédente. Pour le mois de janvier, la baisse a été de 12,5% tandis que celle de février a été plus importante, soit 24,6%. La baisse des exportations a été accompagnée par conséquent par la hausse des prix à l'exportation, soit une hausse équivalente à 33,8% durant les deux premiers mois de l'année en cours. Ceci n'a pas empêché, heureusement, les recettes à l'exportation d'augmenter de 9,3% comparativement aux deux premiers mois de l'année 2010. La baisse des exportations engendre, presqu'automatiquement, un recul au niveau des importations, qui ont accusé un recul de 7% durant les deux premiers mois de la même année pour atteindre une hausse de 2,6% en valeur. Il n'existe pas, pour le moment, de conclusions à tirer de ces chiffres puisque c'est presque normal dans toute révolution. Mais contentons-nous de souligner que c'est pour le deuxième mois consécutif que les importations des équipements régressent encore. Ceci qui explique, entre autres, l'amélioration des intentions de l'investissement à court terme, puisque et jusqu'au mois de février cet indice n'a reculé que de 10%. Les matières premières ont eu leur lot en ce sens dans cette vague des baisses. La leur est plutôt significative durant le mois de février. En volume, elle est équivalente à -32,7% par rapport au même mois de l'an dernier. Mais apaisons un peu en disant qu'elle est moins alarmante par rapport à celle de (-1,3%), enregistrée pendant le mois de Janvier de cette année.
D'autre part, le volume des importations de produits alimentaires au cours des deux premiers mois de l'année en cours a connu une hausse de (9,5%) par rapport à la même période l'année dernière, après une baisse de (-10,2%) enregistrée au cours du mois de janvier de la même année. C'est dire les 134 jours d'importations dont la Banque Centrale de Tunisie avait parlé, et qui sont en baisse à leur tour. Des jours d'importations attendus à mincir au fil des semaines… Alors, où va la Tunisie ?
Le flou…
Personne ne peut le confirmer. Personne ne peut le prédire. La vague d'experts et d'économistes qui défilent sur les petits écrans n'a pas réussi à dresser le bilan exact de la situation. A notre sens, il faut des hommes sur le terrain pour bien expliquer et argumenter. Le soudain devenir de la majorité des Tunisiens en économistes et experts en économie n'est pas surprenant. Mais voyons la chose dans ses simples dessous. La Tunisie, et en performant sa transition vers la démocratie, doit tracer « une feuille de route » qui commence par son économie. Il existe certes le soutien des Européens, dont l'intérêt est de « garder les Tunisiens dans leur pays, tout en sélectionnant les meilleurs éléments et recrutant les cerveaux », ceci n'est pas nouveau. « Je rends hommage à la dignité, au courage, à l'efficacité des cadres tunisiens, qui dans la fonction publique ou dans le secteur privé, qui ont continué à servir leur pays, chacun là où il était », dit Philippe de Fontaine-Vive, Vice président de la Banque Européenne d'Investissement. Lui, qui n'a jamais raté une occasion pour faire l'éloge de l'ancien régime et qui ne cessait de le financer (par le biais de la BEI et de ses différents programmes), tout en omettant les opérations de fraude ici et là. La Tunisie et les Tunisiens peuvent faire le copier-coller de plusieurs des expériences réussies dans différents pays du monde. Sans pour autant négliger leur propre génie. Aux Etats Unis, après le Taylorisme et les prophéties d'Adam Smith, on a rapidement réalisé que « finance is the brain of the economy ». La finance est la dynamo de l'économie. Si elle va mal, c'est toute l'économie qui s'en ressent. Et si la finance se porte bien, c'est que toute l'économie passe à la prospérité. En Tunisie, la situation n'est ni inventée ni nouvelle. Le secteur bancaire tunisien est le baromètre de la réalité économique.
Et le rôle des banques ?
Pendant les dernières décennies, les IDE (investissements directs étrangers) ont été presque les seuls créateurs d'emplois. Les hommes d'affaires tunisiens se sentaient dans l'incapacité de prendre le risque. Mettre le pactole dans une unité industrielle et avoir les charges de centaines d'employés sur le dos, ne les intéressaient réellement pas. Les risques n'étaient que multiples. La disparition de ces risques, voudrait-elle dire la dissipation des craintes ? L'analyse cartésienne ne peut ni confirmer ni infirmer ce qui va advenir. Allez chercher les investissements de groupes tunisiens dans différents pays étrangers et essayer de les faire revenir en terre natale, beaucoup diront que ce n'est pas la priorité. Mais voyons les choses avec de simples loupes. L'ouverture sur l'économie mondiale, la flexibilité des textes de lois, l'encouragement de l'outsourcing ainsi que la liberté d'investissement sont de très beaux termes à utiliser, mais tous ces concepts ne trouveront l'écho escompté s'ils ne riment pas avec l'accès au financement. Les banques tunisiennes, peu respectueuses d'ailleurs des moindres restrictions de la bonne gouvernance, ont un rôle énorme à jouer dans la nouvelle Tunisie. Comment leur donner des ailes pour qu'elles puissent à leur tour contribuer à une nouvelle réalité, qui est la priorité des priorités de tout homme politique ou de gouvernements à venir. Un gouvernement qui devra tout d'abord jouir d'un consensus lui permettant de manœuvrer en toute quiétude, pour par la suite, réussir à attirer banquiers, hommes d'affaires, investisseurs et agences de rating qu'il ne pourra pas corrompre ! Ce qui lui sera, d'ailleurs, un gage lui permettant de collaborer en toute transparence requise.


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