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A quel jeu joue Souguir ? Et pour le compte de qui ?
Il appelle au feu et au sang
Publié dans Le Temps le 09 - 06 - 2011

Abderrahman Ben Mohammed Souguir, un Tunisien qui fait parler de lui en ce moment et pas pour une bagatelle. Après une première vidéo où il lave en public le linge sale de l'ancienne famille présidentielle, le voilà aujourd'hui qui en partage une autre. Cette fois, il fait appel à la révolte, mais plus grave encore à prendre en assaut le palais de Carthage et l'établissement de la Télévision et Radio nationale, ce qui veut dire en d'autres termes, un coup d'Etat.
Il annonce qu'il aura derrière lui, une partie des « agents de la police honnêtes et patriotes » prêts à laisser 2000 martyrs pour donner une leçon au gouvernement provisoire. Qui sont « ces agents », non seulement prêts à obéir à Souguir mais à arroser de leur sang « une deuxième liberté » ? Le plus important est de présenter d'abord celui qui lance l'appel…
Il s'agit d'un ancien garde rapproché du président, ayant servi quelques années sous sa coupe, le voilà aujourd'hui en Irak, d'où par ailleurs il lance son appel. Evidement, que là où il est il ne peut être présent à la prise d'assaut à laquelle il appelle…
Il se fait présenter comme ayant obtenu son diplôme de l'école Ronin qui forme les agents de sécurité. L'école n'a pas tardé à publier un démenti, que l'on peut vérifier sur l'adresse présente « http://www.ronin.co.za/index.php?option=com_content&view=article&id=80&Itemid=88 ».
Ainsi, se rajoutant un honneur et un diplôme, appelant à un assaut auquel il sera absent et dont il observera le déroulement à des milliers de kilomètres, ce personnage n'est pas crédible. Pourtant, un point joue en sa faveur, est qu'il sort son appel dans un moment où la coupure se concrétise encore plus entre le peuple et le gouvernement provisoire d'autant qu'hier, Béji Caîd Essebsi a annoncé le report des élections jusqu'au 23 octobre.
A l'entendre, nous croyons que la population, notamment les « jeunes de la Révolution » sont derrière lui. Surtout qu'il annonce sûr de lui que le sang « coulera à flot » et que l'assaut sera effectué en sorte de « marche millionnaire » sur le palais. Nous avons alors contacté quelques jeunes très actifs dans les premiers sit-in afin de sonder leur position et la position de leur camarade. C. nous assure dès le départ que les milieux des manifestants et des protestataires ne font nullement confiance à Souguir, qu'ils pensent que son initiation ne vise qu'à déstabiliser le pays et à susciter le désordre. D'ailleurs « il était de la police de Ben Ali, il l'a servi, comment ça se fait qu'aujourd'hui il se retourne ainsi contre eux? » se demande C. en continuant « Il y a peut-être des personnes derrière lui dont l'intérêt et de plonger la Tunisie dans le chaos, d'ailleurs ce dont il appelle n'aura comme résultat que faire oublier les objectifs de la Révolution ».
Rafik Nour Ben Kilani, des « jeunes de la Kasbah»: « Je lance un appel à ce qu'on ne suive point Souguir» !
Cette opération à laquelle appelle Souguir est très dangereuse, et comme il le dit lui-même, le sang coulera à flot. J'appelle les jeunes à ne pas écouter ce qu'il dit ni suive son appel. Néanmoins et d'un autre côté, le mystère qui entoure les activités du gouvernement provisoire et la marginalisation que subit le peuple tunisien dans la prise des décisions nous mène déjà dans un chemin non démocratique. Si aujourd'hui Essebsi lance « je suis le seul à gouverner », le prochain président pourra nous « narguer » car nous n'avions en rien participé à concrétiser notre démocratie. Par ailleurs, ce qui s'est passé ces derniers temps est très grave et n'a pas eu lieu au lendemain du 14 janvier. Les évènements de Rouhiya, le terrorisme, le massacre à Metlaoui, discrédite le gouvernement, censé installer la sécurité. Maintenant, l'essentiel n'est pas de garder la date de 24 juillet, elle a de toutes les façons été décalée, mais de maintenir l'ordre et la sécurité jusqu'en octobre et surtout de faire participer le peuple tunisien.
Les partis politiques de leur côté appelle le peuple à collaborer avec eux. Ils essayent de calmer le peuple, mais n'y parviennent pas vraiment.
Plus que jamais, il faut faire participer le peuple tunisien aux prises de décisions. D'ailleurs le gouvernement ne doit pas rester au-delà du 24 juillet et il faudra alors décider un référendum pour que le peuple choisisse ses représentants parmi des juges, des avocats, des politiciens, nouveaux ou anciens…bref, des personnes honnêtes et pouvant exercer la politique et en même temps administrer l'Etat. Ces élus pourront former un gouvernement d'union nationale et le peuple aura choisi. N'oublions pas qu'il n'a pas eu son mot à dire ni dans les dates, ni dans les nominations de Foued Mbazaâ et Béji Caïd Essebsi, ni dans le comité supérieur de la transition démocratique… C'est ce qui fait que des messages comme celui de Souguir trouvent écho auprès d'une partie du peuple. Seulement tout devrait rester pacifique, les manifestations et sit-in devraient se dérouler dans le civisme et le calme le plus total. Nous avons d'ailleurs contacté des avocats pour porter plainte contre Souguir pour incitation à la révolte, à la destruction des institutions publiques et à la violence. N'oublions pas que nous passons par des moments critiques.
Mohamed Amine Slama administrateur de pages sur Facebook : « Le peuple doit dire son mot, mais pas en suivant Souguir »
L'une de mes pages sur Facebook « l'Union pour corriger l'itinéraire de la Révolution » a appelé à une manifestation les 16 et 17 juin, Souguir a adopté cet appel et l'a détourné de son contexte, incitant à la violence. Le peuple doit dire son mot, mais pas avec les méthodes de Souguir, nous devons nous exprimer, manifester mais pacifiquement et sans violence.
Aujourd'hui nous nous rendons compte qu'il y a mieux pour la Tunisie que le comité institutionnel. On aura un vide après le 24 juillet d'où la nécessité d'élections. La solution serait que tous les partis soient représentés, grâce à des votes et à nombre égal dans un nouveau parlement, et que chaque région vote pour un représentant qui serait accompagné de quatre personnes indépendantes. Ce parlement votera pour un président pour un mandat de cinq ans qui administrera le pays et permettra les investissements à long terme. Cela permettra également aux partis d'exercer en politique et de mieux s'y connaître et se faire connaître. »
Rappelons que Mohamed Amine Slama est l'administrateur de Kasbah TV com, Kasbah TV tn et de la page « chaîne Facebook nationale » en plus de la page citée au début de son témoignage.
Hajer AJROUDI
taieb [email protected]
amadyka [email protected]


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