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«M.Hamadi Jebali m'a assuré qu'Ennahdha était au-dessus de la polémique suscitée par le rapprochement entre l'UTICA et l'UGTT»
Exclusif : Wided Bouchamaoui, présidente de l'UTICA, au «Temps» :
Publié dans Le Temps le 07 - 03 - 2012

«Les incidents de la semaine dernière m'ont surtout surprise parce qu'ils ont émané de certains membres de l'UTICA ayant instrumentalisé des jeunes»
«Nous devons reconnaître que les choses vont mieux, qu'il y a une meilleure gouvernance et plus de stabilité»
Nous avons fait état, sur nos pages, la semaine dernière, de »l'agression » dans les règles dont a été victime la présidente de l'UTICA, qui, en l'occurrence, fit preuve d'un sang froid admirable. Dans cette interview, elle ne s'attarde pas sur ce fait. Elle ne pleure pas dans les chaumières, et, au contraire, on a comme l'impression que cette irruption au 6ème étage de l'UTICA là où se trouve son bureau, lui a conféré davantage d'assurance. Elle prépare le Conseil national puis le Congrès d'où émanera un nouveau bureau. Mais elle reste dans sa logique : défendre les hommes d'affaires qu'on diabolise, appelant, en passant, la Justice à trancher. Elle trouve que s'il y a trop de politique sur la scène c'est pour les besoins d'une diversion tendant à détourner les Tunisiens de leurs problèmes réels : l'emploi, la revalorisation des zones déshéritées, le bien être aux côtés, bien sûr, de la liberté et de la démocratie.
Interview
Le Temps : Quel est votre sentiment et, surtout, quelles conclusions tirez-vous des récents incidents, ici, au siège de l'UTICA ?
Wided Bouchamaoui : Mon sentiment, vous dites ? Mon sentiment est ce qu'il doit être dans de pareilles circonstances. Mais, je suis surprise. Et tristement surprise que cela émane d'hommes d'affaires instrumentalisant des jeunes, sans doute, en débandade et que je ne blâme pas. Et que cela se produise au sein de l'UTICA qui est en pleine restructuration et qui est garante de la pérennité de l'entreprise, du monde des affaires et, donc, de l'emploi, voilà qui donne à réfléchir.
• Dans bien des rouages au sein de l'UTICA, on pointe un doigt accusateur vers M.Hamadi Ben Sedrine qui avait appelé, deux jours auparavant, à une vaste opération sous le slogan « sauvons l'UTICA ».
- Vous dites qu'on le dit. Mais, j'espère que cela ne vient pas de lui. En tous les cas, « l'enquête » aboutira bien à un résultat. On verra…
• On dit même qu'à part des relents misogynes à travers lesquels on vous vise, M. Ben Sedrine remettrait en cause votre légitimité au sein de l'UTICA.
- Là, je vous répondrais simplement par cet adage : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Car, lui et moi sommes élus et légitimes. Sur ce plan, il ne saurait y avoir de surenchère !
• Allons un peu plus en profondeur, si vous le voulez bien : où en est ce travail de mise en place des structures, votre cheval de bataille pour ainsi dire…
- Vous savez, ce n'est pas facile, compte tenu du contexte qui a prévalu. Il fallait bien une période de rodage, puis accentuer la cadence jusqu'à atteindre le rythme de croisière. Puis, au mois d'avril, (le 26, sans doute), se tiendra le Conseil national. D'après les statuts, il décidera de la tenue et de la date du Congrès national et ce sera en principe, juin prochain. Sinon, nous avons réalisé onze Unions régionales ; deux femmes sont devenues présidentes et nous avons supprimé le quota. (vous voyez bien qu'il n'y a pas de misogynie). Il y a eu l'élection de dix nouveaux présidents ainsi que la création de nouvelles Chambres au sein de l'UTICA.
• Vous vous êtes, donc, fabriqué une belle rampe électorale…
- Soyez sûr que je ne le fais pas pour moi et nous ne le faisons pas à des desseins électoraux. Nous le faisons tout simplement pour le pays. Qu'on me dise si ça sonne faux….
• Le rapprochement UTICA-UGTT a beaucoup déplu et certainement à la Troïka au pouvoir, dont le parti dominant «Ennahdha» a maille et partir avec l'UGTT… Pour la Troïka ça a l'air d'être perçu comme une méprise…
- Ecoutez : l'UTICA est une institution indépendante. Nous sommes neutres. Notre credo, c'est défendre les intérêts des entreprises et des chefs d'entreprises.
Il y en a bien qui ne veulent pas que nous soyons indépendants. Or, il faut toujours qu'il y ait un patronat fort, l'un des réquisits d'une économie forte. Si nous n'avons pas d'économie forte et sécurisée, nous aurons encore une deuxième et une troisième révolution.
Cela dit, pour répondre sans détours à votre question, je vous dirais qu'Ennahdha est au-dessus de cette mêlée et qu'elle ne s'est nullement sentie visée par ce que vous appelez rapprochement de l'UTICA et de l'UGTT. Je tiens ça, de M. Hamadi Jebali, en personne. On m'a aussi appelée de l'étranger pour nous f éliciter pour cet acte : pour les investisseurs étrangers, c'est encourageant. Et un rapprochement UTICA/UGTT est l'une des conditions pour l'établissement d'un pacte social solide. En tous les cas, les gens sages ont apprécié.
• Hamadi Jebali vous a fourni cette garantie en tant que Premier ministre ou en tant que membre d'Ennahdha ?
- Je lui ai posé la question en sa qualité de Nahdhaoui.
• Comment voyez-vous l'actuel paysage macro-économique ?
- Je vais être sincère : il y a un meilleur dialogue avec le gouvernement. Il faut reconnaître qu'il y a, quand même, de la stabilité. Sauf que nous avons tous besoin d'une meilleure visibilité.
Par exemple, nous demandons au gouvernement d'accélérer les travaux d'infrastructure ce qui permettra, surtout, à l'intérieur du pays, aux entreprises de s'implanter et aux IDE d'affluer. Beaucoup d'hommes d'affaires veulent investir en Tunisie. Il faut de l'infrastructure, de la main- d'œuvre et il faut, aussi, une dynamique de concertation avec nous. Parce que les Tunisiens créent eux aussi des entreprises et, donc, de l'emploi.
• Oui, mais, vous parlez d'hommes d'affaires tunisiens : et que faites-vous de la diabolisation qui les persécute depuis la Révolution ?
- Il faut que la Justice se prononce et qu'elle le fasse avec célérité. Imaginez qu'il y a près de 480 hommes d'affaires interdits de voyage – et même pas en vertu de jugements -. On leur coupe l'oxygène et les axes de leur partenariat avec leurs vis-à-vis à l'étranger. D'ailleurs, aux yeux des investisseurs étrangers, cela dénote d'un déficit de confiance. Leur réserve et leur « frilosité » se comprennent…
• Oui, mais ce jeu politique gouvernement-partis, idéologies, ne sont pas pour favoriser le climat des affaires…
- Il faut savoir être au-dessus de la mauvaise mêlée. Le peuple attend. Les gens ont besoin de travail. Ils ont besoin de vivre. Et il faut que ce gouvernement soit le gouvernement de tout le peuple et non de quelques partis seulement. Toutes ces histoires sur la condition de la femme, le port du Niqab, l'excision, eh bien, ce sont toujours de faux problèmes sur lesquels se focalise une minorité. Et qu'on se le dise : le peuple tunisien ne peut plus attendre. Vous autres médias, êtes quelque part en proie à ce jeu de diversion par rapport aux problèmes réels du pays. Car les Tunisiens veulent, certes, la liberté. Ils veulent la démocratie. Mais ils veulent aussi vivre décemment à travers l'emploi, le logement, la mise à niveau des régions… On ne peut pas ne parler que politique.
• Pour quel parti votez-vous ?
- Je vote, mais je n'ai pas de coloration politique. Je suis même apolitique.
• Et comment envisagez-vous votre avenir personnel au sein de l'UTICA ?
- Je suis là jusqu'au congrès et les élections. Le congrès jugera.
• Vous comptez vous représenter ?
- Je n'y ai pas encore réfléchi. Au moment opportun, je me déciderai.
• Maintenant, parlons, pour finir, de « VOUS », les femmes. Et surtout celles qui, comme vous, ont des postes de décisions.
- Je suis là, mais pas en tant que femme. Les femmes sont tout aussi compétitives que les hommes. Il faut, donc, chasser ce fantasme et cette discrimination.
• Et vous êtes sûre que la femme gardera les acquis du Code du Statut Personnel ?
- Je me battrai pour cela, en tant que femme.
Recueillis par Raouf KHALSI


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