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Du tourisme à Sfax ! Pourquoi pas !
Redécouvertes
Publié dans Le Temps le 29 - 07 - 2007

« Faire du tourisme dans la région sfaxienne ? Quelle drôle d'idée ! A part El Jem ...
- E bien, commençons par là ...
- Mais tout le monde connaît, tout le monde est allé au festival de musique qui est une réussite ...
- Tant mieux ! Mais est-on bien certain d'avoir épuisé les charmes de cette cité et de ses environs ?
Est-on à ce point blasé qu'on puisse y arriver, sans émotion aucune, à la fin d'un bel après-midi, quand la lumière crue de la journée se teinte soudain de blond rosé et dore la merveilleuse patine du grès de l'amphithéâtre qui surgit de la plaine ocre ponctuée par le moutonnement gris bleu ou vert argent des oliviers ?
N'éprouve-t-on aucun intérêt, même si on l'a vu plusieurs fois, à le regarder, l'observer, de nouveau et à nouveau ? Que de questions resurgissent des entrelacs de ses arcades bordées tantôt d'une portion d'azur tantôt d'un camaïeu d'ombres rousses !
Est-il plus grand ou plus petit que le Colisée : « Le Colosse » de Rome ? Combien de spectateurs pouvait-il contenir ? 60.000, dit-on. C'est exagéré ! Qui l'a fait construire ? Gordien 1er qui ne fut empereur romain qu'un seul jour, à la suite d'une révolte partie d'El Jem / Thysdrus même ? Est-il vrai qu'il n'ait jamais été terminé ? Quand on avance silencieusement dans les galeries sous les gradins, pendant qu'ils retentissent des cris joyeux et des rires d'enfants invisibles qui jouent en se poursuivant dans ce véritable labyrinthe, on se prend à penser : Combien a-t-il pu coûter ? De quelles richesses disposaient les bâtisseurs ? Vivaient-ils dans la région ? El Jem / Thysdrus et ses environs devaient être très peuplés et sans doute prospères pour pouvoir « fournir » autant de spectateurs. De quoi vivaient-ils ? De la culture du blé et des oliviers ? Du commerce des produits locaux certainement mais la cité était-elle aussi un carrefour commercial ?
Dans la pénombre du sous-sol, on imagine les grognements des fauves, les cris, les plaintes des condamnés, les voix des gladiateurs. Quand les monte-charge et les portes les déversaient, au grand soleil, sur le sable de l'arène inondée de lumière et cernée par les milliers de visages grimaçants de la foule, hurlant et gesticulant, assoiffée de sang, à quoi pouvaient bien penser ces condamnés qui avaient été incarcérés là dans l'obscurité empuantie des cachots ? Ils entendaient certainement les souffles rauques des fauves tout proches. A-t-on livré ici des hommes aux animaux sauvages ? Des gladiateurs se sont-ils battus jusqu'à la mort, encouragés ou blâmés par la foule ? A-t-on fait mettre à mort des chats, des chiens ou des volailles par des enfants dans de « mini combats » ? Est-il vrai que les sous-sols et l'arène pouvaient être remplis d'eau - de mer ! - qu'un souterrain amenait de Salakta / Sulectum ? Il s'y déroulait alors des combats de galères, dit-on. A quoi pouvait bien rêver la reine des Berbères : La Kahéna qui s'y retrancha, parait-il ?
Connaissez-vous bien le très beau petit musée ? Avez-vous examiné le plan de ce bâtiment dans lequel de superbes mosaïques sont présentées très intelligemment ? N'avez-vous rien remarqué ? Avez-vous bien regardé la reconstitution remarquable d'une maison de l'époque romaine présentée dehors ? Avez-vous ensuite, « armé » de ce que vous veniez d'apprendre, essayé de « déchiffrer », sans l'aide du guide, le plan des maisons présentées sur le site ? Demandez au conservateur s'il est vrai qu'à quelques kilomètres d'El Jem il existe d'immenses citernes et ...
: « Mais, me diriez-vous, vous ne parlez que d'El Jem ».
- Soit. Nous pourrions, avant d'arriver à Sfax, parcourir les collines autour de Ksour Essef pour y découvrir de grands tumulus berbères. Il y en a certainement d'autres à trouver dans la région. Nous pourrions aller à Salakta / Sulectum. Nous y baigner, s'il fait beau : la plage est superbe ! Visitez aussi le petit musée et les catacombes voisines. Profitez-en vite, des promoteurs incultes vont bientôt enlaidir ce bourg charmant » !
Avant d'arriver à la Chebba, on traverse des dunes plantées de mimosas : au printemps, c'est, sous un ciel d'azur, une explosion d'or sur fond de mer turquoise bordée de sable blond. Et en été ? Un régal : de longues plages peu fréquentées, des fonds rocheux recelant des oursins et de beaux poissons, une eau transparente mais, hélas, comme partout ailleurs sur les bords de la Méditerranée, de très nombreux déchets et d'innombrables « boules » de mazout de toutes les tailles.
Suivons la côte lentement, en égrenant les villages : La Louza et ses poissons succulents, Jebeniana et ses curieux tapis tavelés de tâches décolorées. Savez-vous pourquoi ?
On arrive à Sfax par la route de la Chebba. Laissons l'énorme projet « Taparura » : Sfax du XXIème siècle, plus de 200 hectares à gagner sur la mer et à urbaniser. Sfax est une ville « sérieuse » ! On y travaille beaucoup ! Tiens, les maisons qui bordent la route nous avaient masqué la disparition complète de la ceinture de « Jnèn » : la zone de jardins qui entourait la ville ... du XXème siècle.
On arrive aux remparts bien conservés qui enserrent la Médina. Dès le IXème siècle, Sfax était une grande ville, à l'époque où Tunis n'était qu'une bourgade modeste.
Rentrons par Bab Diwan, la porte fortifiée, construite au XIVème siècle. Dès les premiers pas, nous ressentons l'ambiance laborieuse mais agréable de la ville. Les Sfaxiens sont sérieux et travailleurs mais accueillants et aimables. Savez-vous qu'il existe une association d' « anciens Sfaxiens » très dynamique qui a des correspondants dans le monde entier ? Leur seul lien - suffisant, à leur avis - est d'avoir vécu à Sfax. La ville doit avoir un « charme » certain pour « retenir » ainsi des gens de toutes confessions, de nationalités et de cultures différentes. Essayons de le découvrir le long des ruelles de la Médina. On y verra de superbes portes encadrées de pierres ocre finement sculptées et de très nombreuses belles grilles de fenêtres en fer forgé.
Il faut aller flâner dans les salles du Dar Jellouli qui abrite le musée des Arts et Traditions Populaires dont les peintures sur verre et les costumes traditionnels sont remarquables.
La Grande Mosquée date du IXème siècle. Quel dommage qu'on ne puisse pas y entrer ! Son curieux minaret mérite que nous grimpions sur les terrasses d'une maison voisine. Nous distinguerons plus facilement ses éléments décoratifs sculptés dans la pierre.
On traversera les souks. Bien sûr ! Mais déjà, il flotte comme un regret : la Médina « se dévitalise ». La foule des souks manque d'entrain. De nombreuses maisons le long des rues, sont vides, voire abandonnées. Le quartier des forgerons, là-bas, à l'autre bout de la ville, vers Bab Jebli, n'émet plus le chant clair et retentissant de ses marteaux. Les cuivres sont passés de mode dans les cuisines. Nous vous engageons à suivre le plus possible les remparts : avec ceux de Sousse, ce sont les mieux conservés du pays. Allez voir, près de la courtine Nord, la Zaouïa de Sidi Belhassen El Karray. Où se trouve-t-elle ? Vous voyez bien qu'il y a encore des choses à découvrir !
Retournons en ville pour ... aller voir le musée par exemple. Evidemment ce n'est pas celui du Bardo mais ... si ce dernier ne rassemblait pas, depuis plus d'un siècle, tout ce qu'on trouve en Tunisie et, en particulier, ce qui a été découvert dans le Sud et la région de Sfax, celui de Sfax aurait fière allure. Cependant, il est très intéressant et abrite certaines curiosités uniques dans le pays.
On peut aussi aller flâner le long des quais du port de pêche, attirés par les odeurs de poissons frais. En automne, on débarque des casiers pleins ... d'une matière nacrée, à l'arôme douçâtre, agitée parfois de longs frémissements.
Qu'est-ce que c'est ? Avez-vous déjà mangé une salade de poulpe à la sfaxienne ? Avez-vous goûté un morceau de poulpe sec grillé ? On en exporte en Grèce, en Italie et même à New York ! On les capture dans ces vases ou ces pierres évidées qui s'entassent sur les quais, depuis l'Antiquité. Nous en parlerons une autre fois, quand nous irons aux Kerkennah.
On peut d'ailleurs venir dans la région rien que pour aller à Kerkennah, voir le foisonnement des palmiers, lavés par les premières pluies d'automne, offrir, sous un bouquet de grandes palmes, bien vertes, balancées par la brise, de rutilants régimes de dattes dorées ou coq de roche et se promener, en paix, sous le ciel de novembre, d'un bleu profond, où errent de petits nuages nacrés semblables à des voiles de rêve.
Sortons de Sfax, allons voir l'antique Thaenae / Thina qui lutte pour ne pas être phagocytée par la ville qui grandit très vite. Quelle désolation ! Créée sans doute par les Phéniciens, florissante encore jusqu'au début du Vème siècle, cette cité agonise. N'importe où en Europe, la Municipalité de la ville en aurait fait un « bijou » sans qu'il soit besoin de se gargariser de tourisme culturel ! Les Sfaxiens vont-ils enfin faire l'effort de présenter correctement les vestiges de Thina qui sont actuellement « en ville » ? Au fait, qu'en est-il de ceux d'Acholla voisine, le long de la route de la Chebba ?
Et, continuons un peu, jusqu'à l'immense plage de Chaffar même si la couleur « thé clair » de l'eau n'est pas engageante. Elle est très fréquentée, en été.
Poursuivons jusqu'à Maharès. La ville a complètement « intégrée » un superbe festival des arts plastiques : sculptures, fresques et réalisations diverses parsèment la cité et l'embellissent.
Encore quelques tours de roue, juste pour arriver à Borj Younga. Les remparts du fort d'époque aghlabide couronnent des soubassements byzantins et ... on aura vraiment fait du tourisme à Sfax. D'excellents hôtels, de très bons restaurants permettent d'y séjourner très agréablement. Les magasins de la ville offrent tout ce qu'on peut normalement désirer. Mais pour y avoir longuement vécu et travaillé, nous qui y avons possédé un petit bateau et gardé le souvenir de merveilleuses sorties, sur une mer étonnamment poissonneuse : des mérous pris ... à la main ... par 3 à 4 mètres de fond (les témoins respectables vivent encore à Sfax !), nous ne pouvons que déplorer que la mer soit aussi sale, aussi affreusement polluée. Comment aucun Sfaxien n'a-t-il constaté que le « Golfe » de Sfax, constamment venté mais sans violence pouvait devenir une grande base internationale d'entraînement à la navigation. Nous avons souvenir d'avoir vu, au Yacht Club de Sfax, des « Star » : quillards olympiques à l'époque. Existe-t-il encore un Yacht Club à Sfax ? Les sportifs Nord Européens qui ne peuvent pas sortir leur bateau l'hiver refuseraient-ils de venir s'entraîner au soleil ? Pourquoi la mer à Sfax est-elle aussi « mal traitée » ? Les « Raïs » Sfaxiens et Kerkenniens qui naviguaient dans toute la Méditerranée, orientale au moins, n'auraient-ils aucun héritier ?


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