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Il n'est pas dans l'intérêt du Parti «Ennahdha» de soutenir des groupes pratiquant la violence criminelle
L'interview du dimanche: Mohamed Bennour (Ettakatol) :
Publié dans Le Temps le 16 - 12 - 2012


Entretien conduit par Faouzi KSIBI
Il était présent à la conférence de presse organisée par l'UGTT, le jour de la grève avortée. Il acquiesçait à tout ce que disait le secrétaire général, Houcine Abassi, que ce soit à propos de la condamnation des actes de violence perpétrés contre les syndicalistes, chez eux, le jour de leur grande fête, celle de la 60ème commémoration de l'assassinat du militant symbole et le fondateur de leur centrale, Farhat Hached, ou bien concernant la toute puissance de leur instance,
cette forteresse imprenable que certains croient pouvoir ébranler. Nous avons évoqué avec lui toutes ces questions et d'autres relatives à la relation de son parti « Ettakatol » avec ses partenaires dans le gouvernement et à l'ISIE.
-Le Temps : comment vous jugez l'annulation de la grève générale par l'UGTT ?
-Mr Bennour : la position est sage, et je crois que la décision de grève a atteint ses objectifs, puisqu'elle a réussi à secouer tous les sphères politique, sociale, la société civile, l'opinion publique nationale... L'effet sur tous ces secteurs et parties s'est fait, sensiblement, ressenti, tout le monde s'attendait aux conséquences redoutables de cette grève sur la situation dans le pays. Mais la direction de la centrale syndicale a, comme d'habitude, mis en avant l'intérêt général et ouvert une nouvelle page pour un dialogue constructif, car après cette crise, il ne pourrait plus être formel. Le président de l'ANC a interféré avec cette position et parlé de la nécessité de la légitimité consensuelle pour réduire la congestion et la tension régnant dans le pays. Dans sa conférence de presse, le secrétaire général de l'UGTT a exprimé son adhésion à cette proposition, et espérons que celle-ci ainsi que l'initiative de l'instance syndicale trouvent leur voie pour participer à résoudre la difficulté relative à l'absence du dialogue au niveau national, le consensus devrait exister même entre les parties se trouvant en dehors de l'ANC.
En dépit de son annulation, la décision de grève a produit ses fruits
-Ce revirement de la part de la direction syndicale et en particulier la renonciation à la première condition se rapportant à la dissolution des « ligues de protection de la révolution » ne risquent-t-ils pas d'être interprétés comme une défaite par l'autre camp ?
-Pas du tout. Premièrement, il y a un suivi du dossier sur le plan légal qui pourrait aboutir à la dissolution de ces ligues dont le président a reconnu que leurs rangs sont infiltrés, ce qui montre que même leurs responsables ne les maîtrisent plus. Depuis le début, à « Ettakatol », on a mis en garde contre cette perte de contrôle de ces derniers sur leurs structures. Et Nous ne devons pas oublier que l'UGTT, la LTDH et la société civile ont participé à la constitution de ces ligues à l'aube de la Révolution, et je pense qu'aujourd'hui certains individus douteux y ont trouvé refuge et les ont déviées de leur mission principale. Mais personne n'est au dessus de la loi, en ce sens que si ces ligues font usage de la violence et portent atteinte à la Révolution et à la stabilité du pays, elles doivent disparaître, car notre société, comme tout le monde sait, refuse, catégoriquement, la violence.
-Vous laissez entendre que, sur le plan des principes, vous n'êtes pas contre l'existence de ces ligues.
-Nous n'avons pas participé à leur formation, abstraction faite, bien sûr, de la première phase, celle qui a précédé la constitution de l'ANC et où on a pris part, avec toutes les autres parties politiques, syndicales et civiles, à leur mise en place, comme je l'ai précisé. Et nous ne soutenons pas non plus la violation de la loi. Aujourd'hui, des procès sont intentés contre elles et nous sommes, bien évidemment avec l'application de la loi, et je rappelle que lorsqu'il y a eu des agressions de leur part contre des individus et des partis politiques, on a appelé à leur dissolution, parce qu'elles sont devenues une menace pour la stabilité et la sécurité de notre société.
-Mais ces ligues n'ont rien à voir avec les comités qui étaient placés sous l'égide du « conseil national pour la protection de la Révolution » constitué, principalement, par la LTDH, la Commission Nationale des Avocats et l'UGTT, comme l'a précisé le secrétaire général de celle-ci dans la conférence de presse. Ces ligues sont considérées par plusieurs parties comme étant les milices de « Ennahdha », qu'est-ce que vous en pensez ?
Toute partie faisant usage de la violence doit tomber sous le coup de la loi
-Personnellement, je ne dirais pas cela, car on ne dispose pas encore de preuves attestant le lien entre les deux parties. Tout ce que je pourrais dire c'est que ce que j'ai vu à la place de la « Kasbah » et la place Mohamed Ali témoigne du fait qu'il existe certains individus et des parties œuvrant dans l'obscurité qui s'abritent dans ces ligues qui représentent, pour eux, des cadres idéales pour la réalisation de leurs projets déstabilisateurs où ils pourraient trouver leur profit. Je ne pense pas qu'un parti au pouvoir puisse avoir un intérêt à provoquer un climat d'instabilité, toutefois, « Ennahdha » devrait comprendre que ces méthodes et la violence, d'une façon générale, sont, totalement, refusées par le peuple tunisien.
-Lors de la marche organisée, dernièrement, à Béja, les militants de l'UDC ont été agressés par ces ligues. Comment vous expliquez le silence observé par « Ennahdha » face à ce feuilleton de violence réalisé par ces groupes ?
-Il y a là l'ombre des résidus de l'ancien régime qui n'ont pas intérêt à ce que le processus démocratique réussisse. Mais cela n'empêche que la société civile et l'ensemble des parties agissantes sont conscientes du fait que ces ligues n'ont plus de place dans l'opération de l'édification de la démocratie. La protection de la Révolution est du ressort des institutions, la société civile et toutes les forces condamnant la violence. Toute partie qui en fait usage sort du jeu démocratique et tombe sous le coup de la loi, personne n'a le droit de faire prévaloir la sienne, seule la loi démocratique doit triompher.
La protection de la Révolution et du processus démocratique relèvent des fonctions de l'Etat
-Doit-on s'attendre à une attitude positive de la part du gouvernement vis-à-vis des résultats de la commission mixte d'investigation sur les événements du 4 décembre ?
-Nous allons, de notre côté, œuvrer à ce que l'instruction ait lieu et l'UGTT elle-même va exercer sa pression et elle a la force nécessaire pour le faire, pour influencer les parties et aboutir à un résultat positif. En termes claires, cette commission ne sera pas comme ses précédentes, j'en suis, parfaitement, sûr.
-Dans la conférence de presse qu'il a tenue le jour même de l'agression contre les syndicalistes par les ligues, le président de « Ennahdha » a exprimé son soutien inconditionnel de ces derniers et condamné les premiers. Ne voyez-vous pas dans cette atteinte à la liberté syndicale une atteinte aux libertés ?
-Si Mr Rached Ghannouchi était, ce jour-là, à la place Mohamed Ali et à la place de la Kasbah, et qu'il ait vu de ses propres yeux ce que ces ligues ont commis comme actes et entendu les slogans qu'ils ont scandés, il n'aurait pas dit cela et soutenu cette thèse. Je suis persuadé qu'il voit dans ces ligues celles qui ont été constituées avant la haute instance de Iyadh Ben Achour, celles qui ont été enfantées par la Révolution. Leur agression lâche contre Mr Saïd El Aydi met en évidence leur caractère criminel, il aurait connu un sort pire s'il n'était pas sauvé in extrémis par des agents de police et les quelques individus qui étaient sur place et dont je faisais partie. Et je n'exagère en rien quand je dis que Mr Aydi aurait très bien pu connaître la mort, puisque ces criminels l'ont lynché, heureusement qu'on l'ait vu, car il était attaqué dans une petite rue isolée, la rue « Dar Ejjeld ». Ces crimes commis au nom des « ligues de la protection de la révolution » sont refusés et condamnés par la société civile, et je ne crois pas que ce n'est pas dans l'intérêt du mouvement « Ennahdha » de soutenir des groupes pratiquant la violence criminelle et menaçant, ainsi les libertés fondamentales.
-Quelle est, selon vous, la position de « Ennahdha » vis-à-vis de l'UGTT concernant le rôle qu'elle joue dans cette conjoncture délicate ?
-On a, toujours, rappelé, au sein de la « Troïka » et dans nos conversations avec « Ennahdha » que personne ne pourrait changer le rôle de l'instance syndicale, son action doit être continue, elle est la locomotive qui nous tire tous. Toute partie qui serait tentée de lui porter atteinte sera, à coup sûr, vaincue, le tunisien entretient un rapport affectif avec l'UGTT qu'il défend de toutes ses forces et personne, quelque soit sa force, n'est en mesure de perturber cette relation, ni d'entraver le rôle conducteur de la plus puissante instance du pays.
« Ettakatol » a, toujours, coordonné son action et ses points de vue avec l'UGTT
-Comment expliquez-vous vos divergences répétées avec vos deux associés dans la « Troïka » ?
-« Ettakatol » a joué un rôle important dans l'annulation de la grève générale à travers la constitution de la commission du dialogue regroupant cinq membres du syndicat et cinq membres du gouvernement. Ce qui prouve l'intérêt de la présence d'un parti comme le nôtre au sein de la coalition au pouvoir. Je teins à souligner que la grève décidée n'était pas une fin en soi, mais un mal nécessaire comme l'a précisé Mr Houcine Abassi, et quand l'intérêt de la Tunisie était en jeu, c'était la raison qui a prévalu. Ce comportement responsable de la part de la direction de l'UGTT montre, d'une manière irréfutable, que les syndicalistes ne sont pas des amateurs de grèves, comme le prétendent leurs détracteurs, et qu'ils n'y recourent qu'en cas d'extrême urgence. Notre soutien à l'UGTT a mis en garde l'opinion publique nationale et les partis du gouvernement contre les dérives de l'adhésion à la voie des agressions contre la centrale syndicale. Nous allons continuer à jouer ce rôle jusqu'à qu'à l'achèvement de cette phase institutionnelle. Quand ce travail sera terminé, là, nous allons tirer les conclusions de notre participation au pouvoir.
-Comment doit-on comprendre le fait que vous soyez les seuls, dans la coalition gouvernementale, à soutenir l'initiative de l'UGTT pour un dialogue national ?
-Nous considérons que notre relation avec cette instance est viscérale, nous partageons la même lutte et il existe entre nous une coordination étroite. Par exemple, lorsque l'UGTT a refusé la participation au gouvernement de Mohamed Ghannouchi, nous aussi, nous avons emprunté la même voie en déclinant l'offre qui nous était faite, ce qui constitue une cohérence dans les positions. De même quand « l'Union » a présenté son initiative, que nous considérons comme patriotique, nous y avons pris part sans hésitation aucune, et ma présence dans la conférence de presse qu'elle a tenue prouve notre collaboration constante et le rapprochement de nos points de vue et, bien entendu, notre grande sympathie et le soutien inconditionnel que nous lui témoignons dans cette crise qu'elle vient de connaître. Nous entretenons l'espoir de dissuader nos partenaires « Nahdhaouies », car la voie dans laquelle ils se sont engagés est erronée, le soutien de la violence est inadmissible. Ils ont réalisé que l'opinion publique s'est opposée aux positions qu'ils ont formulées après le 4 décembre.
On a entendu dire que « Ettakatol » quitterait la « Troïka », vous affirmez cette rumeur ?
Le comportement de Kamel Jendoubi au sein de l'ISIE était irréprochable et il faut lui renouveler la confiance à la tête de cette instance
-« Ettakatol » n'a jamais habitué la Tunisie à fuir ses responsabilités surtout dans cette conjoncture très spéciale où on a besoin de son apport ; nous allons continuer notre chemin et les missions pour lesquelles nous étions élus, on ne jette pas l'éponge. Nous savons depuis le départ, que notre tâche n'allait pas être de tout repos, et nous avons su affronter les difficultés, en définitive, c'est le résultat qui prime.
-Quelle est votre position vis-à-vis de la réélection de Kamel Jendoubi à la tête de l'ISIE et des accusations qui lui sont adressées?
-Nous avons déclaré que les élections du 23 octobre étaient réussies, qu'elles étaient une étape assez importante, dans notre histoire, qu'elles ont élevé l'étendard de la Tunisie très haut, dans le monde, et qu'elles ont donné de la crédibilité au processus démocratique. Donc, il faut renouveler la confiance à Kamel Jendoubi et nous avons agi dans ce sens pour influencer les prises de position. Quant aux accusations, elles ne devraient pas être gratuites, mais s'appuyer sur des preuves ; et je vois, personnellement, qu'elles émanent de personnes qui n'ont pas le sens de la responsabilité. Accuser les gens sans disposer de preuves est une atteinte non seulement à ceux-ci, mais aussi au processus démocratique.
-Mais l'avocat qui a intenté l'action en justice contre Kamel Jendoubi, et qui est, en l'occurrence, Fathi Layouni, a agi au nom du gouvernement.
-Cet avocat n'a qu'à montrer les preuves des faits qu'il allègue. Nous demeurons persuadés que Kamel Jendoubi a accompli sa mission dans des conditions très difficiles et les quelques défaillances enregistrées sont des détails et restent sans aucun effet sur l'opération électorale. Il a fait preuve de responsabilité, et s'il a dépassé la loi c'était pour éviter de retarder les élections et leur garantir toutes les conditions de réussites.


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