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Relecture ou réécriture de l'Histoire ?
Bibliothèque : ‘'La fin du bourguibisme'', livre de Noureddine Arbaoui
Publié dans Le Temps le 17 - 01 - 2013

Deux ans, c'est très peu dans l'échelle de l'Histoire. Et pourtant on lit souvent ces écrits précipités ou impatients qui tentent, un tant soit peu, de renouer avec cette période de notre mémoire collective de Tunisiens s'étalant du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011.
Des évènements qui devraient rester dans les annales de l'Histoire même si l'on reste sceptique sur les manières qui les ont déclenchés et de ce qui s'est passé dans les coulisses de cette période avant même que Ben Ali ne s'esquive dans sa retraite paisible en Arabie Saoudite... à la barbe des paumés. Nourreddine Arbaoui tout comme bon nombre de Tunisiens serait certain de l'authenticité des évènements ayant déclenché une Révolution en Tunisie. Il écrit un livre paru dernièrement dans la langue arabe qu'il intitule ‘'La fin du bourguibisme. Lecture de la Révolution tunisienne''. Evènement déclenché après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi et ayant servi d'étincelle pour allumer le feu d'une révolution arabe. ‘'La question qui nous brûle les lèvres : est-ce une relecture de l'Histoire ou une réécriture d'un pan entier de l'histoire des Tunisiens au lendemain de l'indépendance jusqu'à nos jours.
C'est la première impression que l'on peut avoir d'un titre autant attrayant que choquant. Est-ce vraiment la fin du bourguibisme et de la modernisation de la Tunisie ? Est-ce vraiment le début des temps d'or des islamistes les nahdhoauis bien entendu ? Et donc de l'islamisation de la société ? Ce sont toutes les questions qui nous passent par l'esprit avant de passer à une lecture considérée de ce livre signé par un nahdhaoui psychologue de formation et membre du bureau exécutif du parti de Rached Ghannouchi.
L'auteur déverse une encre très critique de la période de la ‘'construction de la nation'' au lendemain de l'indépendance. Il passe en revue ce qu'il appelle une période de « dénaturalisation de l'identité du Tunisien, chose qui s'est confortée avec la politique de Ben Ali qui s'est attaqué à notre identité arabo-musulmane même si ses discours pompeux disaient le contraire ». L'auteur définit le bourguibisme comme étant « une expérience qui a échoué à intégrer la Tunisie dans la modernité et donc à être un pays qui réussit sur le plan économique et social. » Toujours selon lui « Le Bourguibisme n'a fait que dénaturaliser le Tunisien. Cela n'a fait que créer un fossé entre le peuple et l'Etat. Car le peuple tient à son identité arabo-musulmane. Ceux qui prônent, aujourd'hui, un retour au bourguibisme ne sont autres que des politiciens vides d'idées et de projets novateurs pour le peuple tunisien avide de démocratie et de justice sociale. »
Nourreddine Arbaoui reprend quelques termes utilisés du temps de Bourguiba et qui n'ont fait que lancer les prémices du régionalisme comme le mot ‘'Fellagua'' « utilisé pour se gausser de ceux qui se sont battus pour l'indépendance du pays » fait-il remarquer pour parler dans un autre volet de la Révolution tunisienne.
Révolution ou soulèvement
« Mais doit-on parler de Révolution ou de soulèvement ? » demande l'auteur pour montrer par la suite que « le terme Révolution est plus propice pour parler d'un contexte purement tunisien qui a mis dehors un tortionnaire lorsque la conscience politique s'est jointe à la colère populaire. Plusieurs citoyens ont trouvé la mort suite aux évènements qui se sont produits entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2012. » dit-il. L'auteur a passé en revue ces évènements et a mis en exergue toutes les parties ayant aidé à encadrer la colère du peuple qui gronde. Il cite notamment les bureaux régionaux de l'UGTT et des indépendants activistes des droits de l'Homme.
Ce qui mérite d'être relevé de cet écrit est qu'un besoin s'avère urgent aujourd'hui d'interroger l'Histoire sur des questions essentielles de notre histoire de Tunisiens. Des pans entiers de notre mémoire collective ont été mis en sourdine pour taire la réalité sur des faits et mettre en marge de l'histoire de hautes personnalités tunisiennes à l'exemple d'Abdellaziz Thâalbi ou encore de Salah Ben Youssef et d'autres. Sans oublier les réformateurs du 19 ème siècle qui ont présenté une lecture de la religion épousant son temps. Mais la question revient à savoir si on doit relire l'Histoire ou la réécrire. Et c'est là où le bât blesse, car l'auteur qui tout au long de son analyse ne s'est pas départi d'une analyse subjective des faits montre que les islamistes notamment ceux d'Ennahdha représentent une alternative au bourguibisme, puisque ces derniers ont été élus pour faire la majorité des députés à l'Assemblée nationale constituante. Ces islamistes qui selon lui « se sont opposés à Ben Ali avec quelques rares militants de la gauche marxiste et des nationalistes arabes » doivent prendre leur destin en main. Pourquoi faire ? Ce serait pour gouverner et pour donner leur propre vision des faits... Il avance dans ce sens « La politique et l'Islam ne sont pas deux termes antagonistes... L'Islam et la démocratie sont compatibles et les deux termes sont une alternative de l'après bourguibisme. »
Mais quel projet les islamistes au pouvoir peuvent-ils présenter ? Jusque-là l'absence de programmes salvateurs et d'une feuille de route claire des principaux rendez-vous pour l'avenir du pays, montrent que les gens qui nous gouvernent sont incapables de créer une modernité au label tunisien, sinon de laisser faire et laisser aller un projet wahhabite prêt-à-l'emploi. Qui dit mieux ?


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