Date limite aujourd'hui : déclaration fiscale obligatoire, qui est concerné ?    Edito: Réinjecter l'expertise des retraités    Le VAR se réinvente... Les grandes nouveautés pour le Mondial 2026    Bacheliers 2026 : toutes les dates clés pour l'orientation en ligne    Tendances climatiques : un printemps plus chaud que la normale en vue    fdfdfdfdfdf    Météo du jour : brouillard matinal puis ciel partiellement nuageux    Epson ColorWorks: Rationalisez votre production d'étiquettes couleur    Convention Réseau 2026 : Ennakl Automobiles réunit ses partenaires à Hammamet pour écrire une nouvelle page de performance collective    Abdelmajid Chaar : Le papier et l'encre, notre trésor!    Les Nuits ramadanesques du Bardo 2026, du 6 au 15 mars dans plusieurs espaces    Pollution à Gabès : la justice refuse de suspendre l'activité du Groupe chimique tunisien    Parc du Belvédère : un projet de rénovation sera lancé pour moderniser le poumon vert de Tunis    Météo en Tunisie : temps peu nuageux, températures stationnaires    L'Institut Salah Azaiez lance l'inscription en ligne pour les patients pour réduire le temps d'attente    Monopole de la farine : 24 ans de prison pour Mohamed Bouanane    L'envoi vers les zones de conflit » : jugements sévères en appel, jusqu'à 24 ans de prison    Soirées ramadanesques à Bhar Lazreg : Ramadan Nights at B7L9    Galaxy S26 Series dévoilés : Samsung présente le plus intuitif des smartphones Galaxy AI    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Nouvelair lance sa «Vente Flash»: –30 % vers le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne et l'Algérie    Louvre : Christophe Leribault nommé après le vol    Les mathématiques en Tunisie: un potentiel en perte de vitesse et une réforme inévitable    Dar Sebastian relance la manifestation 'Au Claire de la Lune' spécial Ramadan 2026 du 2 au 8 mars (Programme)    Espérance : qui manquera face à Métlaoui ?    Régime 100 % végétarien (végétalien): avantages, limites et comment le faire correctement    Kaïs Saïed en visite : zéro tolérance face aux abus et à la corruption    Tremblement de terre léger ce mercredi matin à Gabès    Colonisation en cisjordanie : la france en première ligne d'une condamnation internationale sans précédent    Gabriem : Le jardin secret d'Omar S'habou    Journée nationale de l'habit traditionnel tunisien : la 13e édition du défilé "Kharja tunisienne" fixée pour le 16 mars 2026    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Kamel Laabidi: conviction et désenchantement    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Quand la légalité noie dans l'œuf la légitimité...
Controverses: Vox populi vox dei
Publié dans Le Temps le 19 - 07 - 2013

Légalité et légitimité, tous deux issus du mot latin « lex » : la loi sont elles complètement synonymes ? Apparemment non !
L
a légalité coloniale qui exigeait l'exécution capitale des résistants tunisiens était-elle légitime ? La légalité « Ben aliste » qui imposait l'emprisonnement arbitraire et la torture des opposants était-elle légitime ? La légalité de la reconnaissance par l'O.N.U. de l'existence de l'Etat d'Israël supprime-t-elle la légitimité des droits du peuple palestinien ?
Un Président d'une « vieille démocratie », lui-même président du Conseil Supérieur de la magistrature, de ceux donc qui doivent dire ce qui est juste en matière d'application des lois, a évoqué publiquement « la force injuste de la loi » !
Quelle légalité peut supplanter la légitimité des droits de l'Homme, en particulier l'égalité des genres : homme-femme, créatures de Dieu, à ce titre donc absolument respectables ? Quelle légalité peut nier les droits de l'enfant qui doit être soigné, instruit et protégé matériellement, mais aussi intellectuellement, des manipulations idéologiques ? Les « enfants-soldats », à 12-13 ans, du régime hitlérien, étaient légaux mais étaient-ils légitimes ? La légalité des caméras de surveillance des lieux publics ne contredit-elle pas la légitimité de la vie privée ?
Quelle légalité peut ne pas tenir compte des demandes réitérées d'une partie du peuple dont les besoins essentiels et la dignité en tant que personnes humaines ne sont pas assurés ? La légitimité des demandes des jeunes de la révolution : « liberté, dignité, travail » ne prévalent-elles pas sur une légalité quelconque ?
Aucune légalité n'est légitime quand elle ne prend pas en compte les principales aspirations de la grande majorité de la population.
Citons un autre artifice, pour ne pas dire une forfaiture, récent qui est une « légalité » illégitime : Dans une démocratie, un texte soumis à référendum est repoussé. Le Chef de l'Etat, voulant absolument le faire adopter, feint d'en rédiger un autre différent, alors que seule la forme en a été modifiée. Ensuite, niant la légitimité du vote populaire, il fait adopter, par les députés de sa « majorité », le « nouveau » texte. Ses stipulations sont-elles légitimes ? Le vote des députés qui ne sont que les mandataires du peuple, reflète-il le mandat qui leur a été donné ? A ce titre est-il même légal ?
Légalité et Droits de l'Homme
De plus en plus, « l'usage » a tendance à considérer qu'une élection démocratique est un « blanc-seing », un « chèque en blanc » donné aux députés pour qu'ils puissent réaliser leurs souhaits sans même en référer à leurs « mandants » qui les ont chargés de faire ce qu'ils souhaitaient durant toute la législature. Et on constate qu'une grande partie de la population, face à cet état de fait, s'insurge, se rebelle au nom de la légitimité.
Le peuple a donné mandat pour que le pays soit bien gouverné, pour que les « droits régaliens » : sécurité, santé, instruction, justice et vie économique soient mis en œuvre à son profit et non en vue de l'enrichissement ou de la prise de pouvoir de la caste des « dirigeants ». Si tel est le cas, la rébellion, le « limogeage » des mandataires, qui ont failli à la tâche, n'est-il pas légitime ? Même dans les « vieilles » démocraties, l'attente de l'alternance régulière est « catastrophique » quand la majorité gouverne à son profit.
Toute légitimité émane de la majorité du peuple souverain et non d'une majorité électorale qui est toujours une expression minoritaire quand on tient compte de la totalité, non pas des inscrits ni même des votants, mais du nombre des électeurs. Les dirigeants temporaires ne sont que des gestionnaires.
Il peut exister un peuple sans gouvernement : la Belgique, par exemple, a vécu 500 jours sans gouvernement, l'Administration gérait le pays, mais il ne peut exister de gouvernement sans peuple.
Les prébendes, les bénéfices escomptés sont toujours relativement restreints, quel que soit le pays considéré. Les bénéficiaires : les « happy few » appelés oligarques depuis l'Antiquité, sont nécessairement minoritaires.
Aussi, mathématiquement, le nombre des spoliés augmente-t-il et … tous les régimes autocratiques, « oligarchiques » sont renversés, un jour ou l'autre, par une rébellion « populaire » légitime.
La légalité qui protège la grande propriété agricole, mal ou inexploitée, face aux demandes d'un prolétariat des « favella » misérables, est-elle légitime ?
Est-il légitime que le nombre des milliardaires dans le monde augmente sans cesse alors que celui des chômeurs et des « sociétaires des soupes populaires » croisse sans arrêt ? Quelle légitimité justifie ces augmentations simultanées ?
Quelle légitimité institue que la minorité des pays les plus riches consomme la majorité des richesses planétaires ? La loi du plus fort ? Le refus de participer à une guerre « injuste », une conquête coloniale, par exemple, est-elle illégitime ?
Quelle légitimité impose aux peuples, qui se libèrent de rembourser les dettes de leur dictateur et de leurs complices, qui, souvent, fuient avec leur richesse illégale ?
Quelle légitimité oblige l'individu à croire en une idéologie qu'il réfute comme cela a été le cas sous les régimes nazis et staliniens ? Il était demandé aux enfants « conditionnés » de dénoncer leurs parents s'ils s'exprimaient en dehors des « normes fixées » par le régime ! La liberté de penser, depuis Socrate, n'est-elle pas un droit imprescriptible de l'Homme ? « Même si tu me tues, peux-tu m'empêcher de penser ? », « Je pense, donc je suis ! », ne sont-elles plus vraies ?
La liberté de penser, de s'exprimer, le « libre arbitre » sont inhérents à la condition humaine. Privé de ces droits, l'Homme devient un « robot » déshumanisé. Tous les animaux expriment, avec leurs moyens : forme, son, lumière, odeurs, toutes leurs préoccupations. Mais des dynastes et des idéologues ineptes voudraient empêcher les hommes de faire de même ! Quelle « légalité » pourrait les priver d'un droit d'autant plus légitime qu'il est « naturel » ? Nul n'a le droit ni le pouvoir d'obliger un être humain à penser et à adhérer à ce qu'il ne croit pas à moins d'un « lavage de cerveau » criminel. Souvenons-nous que les inquiétudes des chrétiens espagnols qui avaient obligé les musulmans, restés en Espagne, à se convertir ont engendré l'Inquisition et ses bûchers absolument criminels !
Les mots « légalité » et « légitimité » ont des sens différents.
La légalité est l'ensemble des « faits autorisés » par la loi. La légitimité est ce qui est fondé en raison, en justice, en équité et en morale. La légalité peut toujours être discutable, révocable parce qu'elle est produite dans le temps et l'espace.
La légitimité est beaucoup plus difficile à mettre en cause car elle tient à l'éthique, même si la morale peut être, elle aussi, « marquée » dans le temps et l'espace.
Personne ne trouve illégitime : « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » ainsi que « les droits d'une minorité ethnique ou religieuse » au sein d'une communauté. Plus personne ne se permet actuellement de nier la légitimité de l'universalité des droits de l'homme.
Finalement, pourrait-on affirmer la prééminence de la légitimité aux fondements plus « profondément humains », plus « intemporels », plus « universels » sur la légalité très actuelle et très « circonstancielle » ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.