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«Gafsa a droit à son colloque pour que la culture ne soit pas marginalisée ni anéantie...»
Publié dans Le Temps le 30 - 10 - 2014

La ville de Gafsa abritera du 20 au 22 novembre prochain, un colloque international sur le thème : « Patrimoine et contemporanéité : une équation identitaire dans la production culturelle », organisé par l'Université de Gafsa et l'Institut Supérieur des Arts et Métiers de Gafsa avec la participation de chercheurs tunisiens et étrangers. « Cette date coïncide, selon les dires de Olga Malakhova, (responsable du colloque aux côtés de l'artiste Ali Zenaidi), avec la célébration du dixième anniversaire de la fondation de la dite Université ».
L'autre opportunité, l'anniversaire du centenaire du voyage en 1914 de Paul Klee en Tunisie ; peintre d'origine allemande qui s'est inspiré des éléments du patrimoine tunisien, matériel et immatériel, pour insuffler une nouvelle vie et un regard contemporain à notre héritage culturel.
Artiste et universitaire tunisienne d'origine russe, Olga Malakhova a bien voulu nous entretenir sur le colloque qui insufflera de son côté une dynamique culturelle et artistique dans la ville de Gafsa, en présence de spécialistes de tous bords.
Le Temps : pourriez-vous nous définir le titre de votre colloque : « Patrimoine et contemporanéité » ?
Olga Malakhova : « Patrimoine et contemporanéité : une équation identitaire dans la production culturelle », c'est le titre en effet que nous avons choisi pour les travaux de notre colloque. Aujourd'hui, notre patrimoine est menacé par l'absence de l'intérêt de la société et des responsables et il risque de s'effacer de l'espace tunisien et de la mémoire collective. Nous craignons que notre patrimoine disparaisse à jamais, vu les hégémonies de la culture occidentale ajoutées à l'appétit démesuré de la mondialisation.
Comment alors, assurer le statut de notre héritage culturel, si ce n'est par la sauvegarde du patrimoine et son insertion dans le circuit de la contemporanéité pour répondre aux exigences de la vie moderne. L'exemple est là, à travers les expériences architecturales, les arts plastiques, le design, la musique, la gastronomie, le mode de vie, l'enseignement...
*Vous insistez beaucoup sur la notion d'identité ; quelles sont les raisons ?
-Nous partons du principe que l'identité est une caractéristique propre à chaque société et une personnalité de chaque peuple qui lui confère une particularité culturelle et matérielle. Un peuple privé d'identité, est par conséquent, un peuple acculturé, déraciné, sans mémoire et dépourvu de repères. La revendication de l'identité a été toujours, à travers le temps, un moyen de demander ses acquis patrimoniaux, sa liberté, sa singularité et son droit à la différence. La lutte des peuples, africain ou asiatique ou sud-américain, a été toujours engagée au nom de l'identité libératrice. Ce fut aussi le cas du Maghreb dans son combat pour l'indépendance. Posséder une identité, assure l'entrée au cercle des nations pour collaborer et participer à notre civilisation contemporaine.
*Quels seront les participants à votre colloque ? Pourriez-vous citer quelques noms ainsi que les thèmes de leurs interventions ?
-Seront présents à notre colloque des professeurs représentant de cinq pays, qui sont respectivement : Meriem Chabou-Othmani, Tayeb Kennouche, Belgacem Souisi, Kheireddine Guerrouche, Nadia Chabi (Algérie), Abdelali Maazouz (Maroc), Hassen Abdeh (Egypte), Edmond Nogacki, Olivier Lussac (France). La Tunisie sera représentée par des universitaires, artistes plasticiens, architectes, sociologues, anthropologues, juristes ...
Les interventions débattront de sujets inhérents à l'architecture, patrimoine, art contemporain, à la notion de la tunisianité, à la culture et la création artistique, à la sauvegarde du patrimoine, etc.
À titre d'exemple, voici quelques titres d'interventions :
Abdelli Maazouz nous proposera de « repenser le patrimoine dans l'art contemporain à l'ère de la globalisation ». Il traitera de la présence du patrimoine dans l'art contemporain et analysera l'interaction entre le patrimoine et la globalisation.
Olivier Lussac nous parlera quant à lui, des « Passeurs de frontières ». Il s'agira ici d'analyser, au travers de certaines expériences actuelles, comment certains artistes abordent le sujet de l'immigration dans la sphère mondialisée.
Edmond Nogacki essaiera pour sa part, de développer une thèse, « Sédiments culturels et création artistique », celle que soutient, par ailleurs, René Passeron lorsqu'il affirme « ce qu'on appelle les racines culturelles d'une personne ne sont pas réellement des racines, mais des couches de sédiments apportées par l'éducation, les coutumes, la culture justement, où les racines physiologique et psychologique de sa vie se sont alimentées, au cours de ce qu'on appelle l'acculturation ».
Nous tenons ici à regretter l'absence de René Passeron , due à des empêchements personnels.
Quant à Ali Zenaïdi, il s'interrogera lors de son intervention, « Vivre à cheval entre deux cultures », sur le fait d'être contemporain en Tunisie et de vivre dans deux mondes différents, opposés et complémentaires à la fois. Ces deux cultures vont enrichir la vision du plasticien envers l'Orient et l'Occident, l'héritage local et les influences de l'Europe, et cette position lui confère un double rôle : repenser les acquis traditionnels et assimiler la pensée et le regard de l'autre.
Omar Triki traitera des « Couleurs dans le texte coranique». Peintre mystique, il s'interroge sur l'origine sacrée des couleurs et le rôle de leur symbolique pour décrire les origines du monde et les rapports entre macro cosmos, couleur, lettre et forme.
Mon thème à moi, c'est de proposer ma vision de « La construction de l'espace paysagé tunisien ». Le paysage se trouve, selon moi, à la source de l'identité du peintre qui trouve en lui de quoi accumuler la quête de soi et l'affirmation d'une tunisianité. Ainsi, je m'interrogerai sur le terme de « tunisianité » ; est-il un concept fermé ou ouvert en ce sens que le paysage apparaîtrait comme restreint et limité à un espace géographique et culturel ou est-il perméable à une dimension plus universelle ?
*Comment avez-vous préparé ce colloque dans un contexte très délicat et presque hostile ?
-Il est évident que préparer un colloque dans les conditions actuelles, relève de l'impossible. Des obstacles administratifs et financiers, l'indifférence et les irresponsabilités entravent les initiatives volontaires de certains. Donc, préparer et réaliser un colloque semble être un défi dans une ville du Sud tunisien. Gafsa a le droit à son colloque pour que la culture ne soit pas marginalisée ni anéantie. Aucune Institution officielle n'a daigné répondre à nos invitations depuis le début de l'été ni même d'ailleurs les Instituts culturels de la Communauté européenne.
*Quelle est, selon vous, la part du patrimoine dans notre production culturelle et artistique en Tunisie ?
-La Tunisie, jouissante d'une double appartenance à une culture ambivalente, n'a cessé de revendiquer son identité et par conséquent d'exploiter le patrimoine à des fins de créations culturelles et artistiques. L'héritage de la pensée occidentale, en Tunisie et au Maghreb, a rendu possible un nouveau regard vers notre patrimoine.
*Le patrimoine face à la globalisation et la mondialisation : quel avenir ?
-Il y a deux prérogatives : lire, analyser et comprendre notre patrimoine matériel et immatériel, puis étudier les modalités afin qu'il réponde aux exigences de la vie moderne et d'être présent en dehors de nos frontières par le biais des échanges culturels et des nouvelles technologies.
*L'occidentalisation de notre mode de vie et de pensée, est-elle une fatalité ?
-Ibn Khaldoun a souligné que le vaincu imite toujours la culture du vainqueur. Est-ce le cas de nos jours où l'interculturalité donne des chances, fussent-elles minimes, pour pousser les identités locales et nationales à participer à la culture universelle.
*Le patrimoine est-il un obstacle ou une richesse pour la création ?
-Tout dépend de notre regard et de notre assimilation du patrimoine. Le reproduire risque de stériliser l'imagination. S'en inspirer en le dépassant nous permettrait une ouverture, un enrichissement de notre création et une présence à l'échelle mondiale.
Propos recueillis par :


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