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Paysage, mon beau paysage
«La révolution à vue d'œil» au Club Tahar Haddad
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 02 - 2014

Auteure d'une thèse sur le sujet, Olga Malakhova s'interroge sur l'absence, dans la peinture tunisienne, d'un thème qui a bouleversé le parcours de peintres comme Paul Klee ou Vassily Kandinsky...
Le Café-culture du club culturel Tahar-Haddad a consacré sa rencontre du lundi dernier au thème de «La révolution à vue d'œil». Ce titre est inspiré de l'œuvre de Olga Malakhova, invitée de cette rencontre. Elle y était présente pour exposer une partie de sa thèse de doctorat, soutenue le 23 octobre 2013 à l'université Paris VIII sous le titre «Du tableau à l'installation. La construction du paysage en Tunisie, de l'époque coloniale à nos jours».
L'intérêt de la docteur à ce thème n'est pas anodin. Olga Malakhova a obtenu son mastère de recherche à l'Institut supérieur des arts et métiers de Gabès. Elle vit à Gafsa depuis 25 ans, où elle est assistante à l'Institut supérieur des arts et métiers. Elle est également membre de l'Union des artistes plasticiens tunisiens depuis 2010 et de la Fédération tunisienne des arts plastiques depuis 2012. En plus d'avoir participé à des expositions collectives un peu partout en Tunisie, elle a publié en 2011 «Fusion de l'Europe et de l'Orient dans l'œuvre de Paul Klee». Justement, le constat de Olga Malakhova pour sa thèse de doctorat émane du parcours du peintre suisse, où son voyage en Tunisie a été décisif.
Pourquoi n'y a-t-il pas de peintres paysagistes tunisiens ? Une question que s'est posée la doctorante, sachant que le paysage tunisien a profondément influencé l'œuvre de Klee - qui est dans sa thèse un axe, une rupture et une clé de lecture – mais aussi celle de Kandinsky et de bien d'autres peintres.
Selon elle, les peintres tunisiens ne voient pas ce paysage. Ils le considèrent uniquement à travers la technique des trois plans, alors que la représentation du paysage est une construction mentale. «On voit avec l'esprit, non avec les yeux», ajoute Olga Malakhova.
La partie sur laquelle elle s'est focalisée lors de la rencontre au club Tahar Haddad part de quelques tableaux de Paul Klee, dont un en particulier, «Révolution des viaducs» (1937), qu'elle considère comme une évocation du danger des régimes autoritaires. Une peinture qui dégage de l'espoir, sur fond de répression, sur fond mauve... couleur devenue plus tard celle du régime de Ben Ali.
Au lendemain du 14 janvier 2011, le paysage humain s'est transformé, explique la chercheure. Pendant cette période, elle n'a raté aucun événement culturel, aucune exposition, afin de déceler les tendances plastiques de la période transitoire. Elle s'est attardée, dans son exposé, sur deux événements. Le premier est une exposition de l'Union des artistes plasticiens tunisiens, organisée six mois après le 14 janvier 2011. La tendance, à ce moment-là, était à l'espoir, avec des œuvres où régnaient le drapeau et la couleur rouge. La forme et les propositions esthétiques semblent avoir été négligées. Olga Malakhova se demande d'ailleurs s'il suffit de mettre des éléments visuels comme le drapeau et l'image de Bouazizi pour être un peintre engagé. Quelques œuvres seulement se sont distinguées du lot. Un an après le 14 janvier 2011, la Fédération des artistes plasticiens a organisé une exposition collective, entre le 16 décembre 2011 et le 14 janvier 2012, où le ton était celui de l'inquiétude. Les tableaux étaient sombres, avec la récurrence des thèmes de la mort et du religieux. Il y a eu évidemment le cas d'El Abdellia, où les œuvres ont donné lieu à une polémique.
En dehors des lieux d'exposition, la peinture a également investi la rue pendant cette période. C'était, selon Olga Malakhova, une démocratisation de l'art, où les peintres ont pris comme toile des murs, entre autres ceux du pont à côté de la station TGM à Tunis. Dans cet exemple, il y a eu, de plus, une adaptation, dans le cadrage, à l'espace peint. La plupart pour des mises en scène de la révolution. D'où la conclusion que le peintre s'est fait propagandiste. Il a produit ce que la rue a projeté.
De l'art dans la rue, la chercheure est passée à l'art de la rue... Avec les graffitis observés sur les murs de toute la Tunisie. Au terme de son exposé, elle a résumé les fonctions de la peinture après la révolution à la narration, à la catharsis, à la conceptualisation, à la provocation et à la mobilisation, dans un contexte où c'est le peuple qui s'est fait artiste.
Pendant la rencontre, Olga Malakhova était accompagnée du peintre tunisien Ali Zenaïdi, auquel elle consacre un chapitre dans sa thèse, et qui l'a beaucoup aidée pendant sa recherche. Celle-ci a quand même duré six années. Elle a dû l'exposer pendant quatre heures le jour de sa soutenance. Il y a donc beaucoup à dire sur le thème qu'elle a choisi, et c'est pourquoi le club Tahar Haddad compte l'inviter à nouveau, le 3 mars, pour parler de «La femme paysage», toujours sous l'angle de son travail de thèse, qu'elle a terminée par la phrase suivante: « Si tous les peintres tunisiens voulaient se donner la main... ». Une phrase qui en dit long, peut-être beaucoup plus long, que sa thèse elle-même !


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