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Et si, Béji Caïd Essebsi opérait un revirement à 180 degrès... !
Publié dans Le Temps le 31 - 10 - 2014

La compétition présidentielle s'annonce sous plusieurs couleurs et les tractations sont déjà initiées et les configurations des éventuelles coalitions commencent à prendre forme. Cette action qui s'intensifie, avant même la proclamation officielle des résultats finaux des élections législatives, se font, jusque là, en catimini, dans des salles fermées. Mais, elle va certainement faire surface dans les quelques jours qui viennent et provoquer de nouvelles divisions. Décidément, le verdict du 26 octobre a redistribué les cartes et bouleversé la scène politique.
La pirouette d'Ennahdha
La victoire écrasante de Nida Tounes dans les législatives ont suscité de vives appréhensions chez les partis des perdants comme chez ceux des gagnants, présentant des candidats à cette compétition suprême. C'est dans ce cadre que s'insère l'appel réitéré de Mustapha Ben Jaâfar à l'adresse des forces de la social-démocratie, les incitant à se réunir d'urgence pour débattre de cette question épineuse en vue de se mettre d'accord sur un candidat commun pour la prochaine échéance. Certes, la crainte de voir Nida Tounes accaparer tous les pouvoirs, le législatif et l'exécutif avec ses deux têtes, serait la raison qui animerait ces pourparlers. Un tel schéma porterait les ingrédients d'une nouvelle dictature dont les souvenirs sont bien ancrés dans la mémoire collective des Tunisiens, depuis de longues décennies, et dont le dernier en date est celui de la Troïka où Ennahdha a maquillé son pouvoir absolu par la distribution des postes de présidence de la République et de l'ANC à ses deux associés, le CPR et Ettakatol. Cependant, ces appréhensions ne seraient-elles pas justifiées par des considérations autres que démocratiques ? Une telle supposition serait plausible d'autant plus que ni Ennahdha, ni Ben Jaâfar ne pourraient s'en prévaloir. D'autre part, les candidats Marzouki, Ben Jaâfar, Chebbi et Hamdi qui se seraint réunis à Carthage, sous le patronage de Ghannouchi, ne seraient-ils pas venus solliciter la bienveillance de ce dernier et de son parti ? Et celui-ci n'aurait-il pas changé de position après sa grande désillusion électorale? Cette déconvenue ne lui aurait-elle pas dessillé les yeux après avoir, longtemps, cru qu'il opérait un retour triomphal, qu'il serait le vainqueur, qu'il mènerait la barque et qu'il gouvernerait le jeu ? Etant persuadés qu'ils seraient les maîtres qui orchestreraient la nouvelle scène politique, les dirigeants du parti islamique auraient projeté de partager le pouvoir avec Nida Tounes, en soutenant la candidature de son président à la présidentielle, comme ils l'ont fait avec Marzouki, en 2011. Mais avec cette nouvelle distribution des cartes, ils se seraient rétractés et, manifestement, ils essayent de peser de tout leur poids pour récupérer une institution qu'ils ont vidée de sa substance et à laquelle ils accordent, dorénavant, une grande importance. C'est leur manière de se racheter et sauver la mise. Nonobstant, ce n'est là que la moitié vide du verre, en ce sens que pour se représenter la problématique dans sa totalité, il faudrait voir l'autre moitié pleine.
MKN le substitut de BCE ?
Maintenant qu'ils sont sur la sellette, les dirigeants de Nida Tounes, de leur côté, seraient en train de revoir leurs calculs. Leur vision de l'institution présidentielle ne serait pas la même que celle d'avant le prononcé du verdict des urnes. Ils seraient conscients du tort qu'ils se feraient si jamais leur parti concentrerait tous les pouvoirs entre ses mains. En effet, une telle image lui serait préjudiciable et ferait revenir à la mémoire le spectre de la dictature. Donc, pour chasser cette image compromettante, ses dirigeants auraient pensé à changer de scénario, en renonçant au poste de présidence de la République. Mais, en faveur de quel autre candidat leur président pourrait-il se désister ? C'est la question cruciale qui se prête à plusieurs interprétations aussi diverses que contradictoires. Cependant, celle qui paraît la plus plausible, selon un bon nombre d'analystes et observateurs, serait celle qui présente Mustapha Kamel Nabli comme étant le favori de Nida Tounes et, donc, le « successeur » de Béji Caïd Essebsi. D'ailleurs, son parrainage par l'un de ses leaders, Noureddine Ben Ticha, dont les activités sont actuellement gelées, est là pour nous édifier à propos de cette question. Vraisemblablement, il n'aurait pas agi en solo et il serait question d'une option discutée au sein des structures du parti. Et même les ex alliés de Nida Tounes de l'UPT, Abderrazak Hammami et Samit Taieb ont exprimé leur soutien à Nabli plutôt qu'à Caïd Essebsi. Ce candidat, ayant préservé son « indépendance » en évitant d'intégrer aucun parti, serait présenté comme le rassembleur des Tunisiens. Au vu de tous ces éléments, on peut envisager le scénario où MKN serait le substitut de Béji Caïd Essebsi qui aurait agi, tout ce temps-là, à la manière d'un lièvre pour mieux lui préparer le terrain, lui épargner l'usure et le ménager jusqu'à la dernière ligne droite (voir notre article du 21 août dernier). Mais, cela ne serait-il pas de nature à mettre dans une mauvaise posture Nida Tounes si jamais il envisageait de conclure une coalition gouvernementale avec des parties politiques, à l'image du Front Populaire, qui voient dans MKN le candidat des milieux financiers internationaux tels que la BM et le FMI ? Quoi qu'il en soit, Nida ne pourrait pas diriger le choix de sa base électorale qui ne lui est pas totalement acquise et dont une bonne partie a voté pour lui au nom du « vote utile » pour contrecarrer Ennahdha. De plus, le nom de Caïd Essebssi figurera sur la liste des candidats à la présidentielle même dans le cas où il se désisterait en faveur de MKN, ce qui veut dire que ses partisans et ses sympathisants, qui voient en lui le sauveur et l'incarnation du parti, lui accorderaient leurs voix et n'obéiraient pas à d'éventuels mots d'ordre qui essaieraient de les en empêcher. François Bayrou qui a tenté, presque, la même chose, en 2012, en insinuant à ses partisans de voter François Hollande, n'a pas réussi dans sa tentative, puisque la plupart de ces derniers ont voté Sarkozy. Alors, la seule alternative qui resterait pour Nida Tounes, au cas où la thèse relative au soutien de la candidature de MKN serait confirmée, serait de le désigner comme vice-président de la République, pensent certains.


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