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Qu'en est-il de la confiance au sein de l'équipe gouvernementale ?
Publié dans Le Temps le 04 - 02 - 2015

D'emblée, les divergences au sein du gouvernement Essid ont fait surface. Après de longues semaines de tractations et d'attente, nous avons eu droit à une équipe bien divisée, dont les partenaires ne parlent pas la même langue, ni n'adoptent les mêmes approches. Certains d'entre eux font cavalier seul et essayent de taquiner les autres et de montrer leurs limites et leurs insuffisances, voire leurs manèges, tout en se présentant comme étant irréprochables et dotés d'un palmarès incomparable. Et on n'en finit pas de nous parler d'un « gouvernement d'unité nationale », alors qu'on n'y voit ni concorde, ni intérêt général, mais plutôt des calculs étriqués.
Des concessions pour éviter le pire
Les pourparlers ont accouché d'un gouvernement de complaisance où les quotas partisans étaient de rigueur. Chacun des protagonistes a privilégié ses propres intérêts au détriment de ceux de la patrie et de cette prétendue unité, en se focalisant sur les fruits qu'il pourrait récolter à travers cette opération assimilable à celles qui s'effectuent en Bourse. Les visées d'Ennahdha étaient divulguées par quelqu'un qui lui est très proche, à savoir le directeur de la chaîne de télévision très indépendante, « Al Mutawasset », Noureddine Laâouididi, qui adressait un message à la jeunesse du parti islamique, sidérée de voir leur parti accepter cette offre humiliante, consistant dans un seul ministère qui est, de surcroît, difficile à gérer. Pour la persuader de la justesse de cette position, il lui expliquait que le but poursuivi par Ennahdha, en intégrant le gouvernement Essid, ce n'était pas le nombre de portefeuilles, mais plutôt la division de la « coalition envenimée entre les Destouriens et la Gauche », ce qui a le mérite de l'épargner du « massacre ». « La bataille, aujourd'hui, comme la voit la direction d'Ennahdha, est une bataille pour l'existence dans un processus politique tortueux, une bataille d'alignement, d'isolement politique ou d'intégration du système... », a-t-il souligné. Et pour valoriser la bonne affaire de son parti de cœur, Laâouididi a cité « l'embarras, l'affliction, la colère » de plusieurs personnalités de gauche et, en particulier, du Font populaire, qui se remarquaient à travers leurs interventions dans les différents médias. « C'est un sentiment de frustration qu'ils éprouvent à cause de leur exclusion des rouages de l'Etat... C'est un sentiment qui traduit leur peur de voir l'ancienne coalition s'effondrer et une autre la supplanter... Le politicien se trouve, parfois, contraint à avaler un poison pour éviter un autre qui soit pire», a-t-il conclu. Donc, selon lui, l'entrée au gouvernement Essid c'est du venin qu'on a offert à Ennahdha qu'elle a dû accepter de mauvais gré. Autrement dit, elle a agi par calcul et aucunement par conviction, et son choix est purement tactique et non pas stratégique, surtout au niveau du projet sociétal, comme s'efforcent de nous persuader ses dirigeants qui ne cessent de parler d'un « gouvernement d'unité nationale » en vue de « sauver la Tunisie ». C'est ce qu'on devrait comprendre, pensent certains observateurs, à partir du moment où le parti islamique n'a pas procédé à une révision profonde de son dogme, se contentant, tout simplement, de tenir un discours mielleux qui se veut rassurant, alors qu'en politique ce sont les positions concrètes qui doivent primer et non pas les simples propos, d'autant plus que les leaders d'Ennahdha ont, toujours, excellé dans l'art du double discours.
Fragilisation de l'opposition
Quant à Afek Tounes et l'UPL, leurs représentations respectives au sein du gouvernement sont controversées et posent plus d'une question. Le premier obtient trois portefeuilles ministériels pour les huit sièges qu'il a décrochés dans le Parlement et le second le même nombre pour plus que le double, ce qui veut dire que la distribution de ceux-ci était déterminée suivant des paramètres autres que le poids électoral. Cette disproportionnalité flagrante entre les deux partis a provoqué des tensions entre eux, allant jusqu'à donner libre court à des accusations mutuelles qui prenaient la forme de propos injurieux et vexatoires. C'est ce que nous avons entendu, lors de l'émission d'avant-hier, sur le plateau d'Ettounsia, entre Rim Mahjoub et Ahlem Khamarji qui ne se sont pas épargnées l'une l'autre, en s'accusant, mutuellement, de manque d'expérience et de manœuvres malsaines. Cette animosité était alimentée par la déclaration de Yassine Brahim qui a exprimé le vœu que l'UPL ne fasse pas partie du gouvernement Essid. On se demande comment ces partis rivaux pourraient-ils mettre la main dans la main et travailler de concert. Il est clair que la composition de ce nouveau cabinet gouvernemental ne répond pas à cette exigence de cohérence et qu'il est constitué sur la base des quotas partisans. Le souci majeur de Nida Tounes, qui en est politiquement responsable en tant que parti majoritaire, est, visiblement, de jouir d'une majorité confortable au sein de l'ARP et peu importent les noms et les CV des partenaires qui sont susceptibles de la lui procurer. Cette option est de nature à fausser le processus démocratique, en fragilisant l'opposition, qui sera représentée avec seulement 27 sièges contre 180 pour la majorité gouvernante, contrairement à ce que recommande la Constitution. Nida Tounes aurait très bien pu se contenter d'une majorité simple avec 50% + 1 voix et travailler dans de meilleures conditions, d'autant plus que l'amendement de la Constitution, qui requiert la majorité absolue, ne pourrait intervenir qu'après quelques années. Et d'ici là, on ne peut pas savoir ce qui adviendrait. Des observateurs estiment que Nida Tounes aurait pu éviter de se mettre dans de mauvais draps s'il avait privilégié les considérations politiques aux dépens du calcul arithmétique, en se coalisant avec Al Jabha sur la base d'un programme minimal, où on ferait prévaloir des mesures d'urgence telles que le gel des prix à la consommation pour une année, la suppression effective des crédits contractés par les petits agriculteurs, la réforme de la fiscalité et l'audit de la dette tunisienne. Mais malheureusement, les dirigeants de Nida Tounes ont vu autrement les choses, en favorisant la première vision. Boujomâa Remili l'a dit expressément, dans le cadre d'une réunion entre son parti et le FP, en soutenant « Pour nous, la question est une opération arithmétique ». Zied Lakhdar lui a rétorqué « Pour le FP, c'est une question politique qui peut se traduire arithmétiquement ». C'est ce qu'a rapporté, sur sa page facebook, Hayet Hamdi, le leader d'Al Jabha, qui était présente à ladite réunion. La différence entre les deux thèses est de taille. C'est, donc, cette approche adoptée par Nida Tounes qui l'a amené à se désengager de ses promesses électorales, une décision qui a fait du mal à ses militants et électeurs et même à certains de ses leaders.
A la recherche d'une confiance perdue
En effet, son député, Sahbi Ben Fredj, a exprimé sa consternation, sa souffrance et sa déception et présenté, sur sa page facebook, ses excuses à tous ceux qui leur ont accordé leurs voix, notamment, au 1 million de femmes qui les ont soutenus lors des élections. « On n'était pas à la hauteur ni de la confiance que vous avez placée en nous, ni des sacrifices que vous avez consenties, ni des espoirs que vous caressés... J'ai participé, sans le savoir, à la plus grande et la plus rapide opération de falsification de la volonté populaire qui ait lieu dans l'histoire politique et nous allons tous en payer le tribut sous forme de plans, de conspirations, de complicités, de passivité, de nonchalance, d'irresponsabilité et de manque de conscience politique... L'histoire révèlera qu'un parti politique a réalisé un miracle, au regard de tous les critères, puis, il a, immédiatement, amorcé un suicide lent et programmé... je félicite le Mouvement Ennahdha pour son échec électoral, son succès politique et l'aboutissement de son projet... », a, fort amèrement, énoncé le député Ben Fredj. Faut-il le rappeler, encore une fois, que les contours de ce processus étaient dessinés, depuis la « Rencontre de Paris » et dont la première manifestation était le soutien de la candidature d'Abdelfattah Mourou au poste de vice-président de l'ARP par Nida Tounes et son éviction de la candidate du FP, Mbarka Brahmi, soulignent des analystes. En définitive, Habib Essid a essayé de nous éblouir avec des statistiques grandiloquentes, relatives à l'architecture de son gouvernement, et qui servent, uniquement à jeter de la poudre aux yeux, telles que l'âge moyen de ses ministres et secrétaires d'Etat, qui est de l'ordre de 54 ans, la présence de la jeunesse avec 20% et celle des politiques qui est autour de 70%. Est-ce qu'avec des chiffres pareils qu'on va pouvoir résoudre les difficultés du pays et des citoyens ? « Le pays est en train d'être bradé », a entonné le journaliste et chroniqueur, Sofiène Ben Farhat, avant-hier, sur le plateau Nessma, en évoquant le crédit contracté, tout récemment, par un gouvernement partant, qui n'est pas habilité à prendre des décisions stratégiques de cette envergure, un crédit avec + de 5% d'intérêt, accordé par des spéculateurs en bourse et parmi lesquels ne figure aucun investisseur, comme l'a fait savoir l'économiste et le leader de Nida Tounes, Ezzeddine Saïdane. Ben Farhat s'est irrité contre son interlocuteur, Riadh Moukher, le dirigeant d'Afek Tounes, en reprochant à son parti d'avoir sorti un communiqué sur la vague de racisme qui a déferlé sur les réseaux sociaux, suite au match ayant opposé la Tunisie à la Guinée Equatoriale, et de s'être tu sur ces opérations de bradage. Le député Mongi Rahoui, a, de son côté, affirmé, au cours de la même émission, que le FP ferait face aux « réformes douloureuses » que le nouveau gouvernement compte appliquer. Quant à son collègue et partisan, Jilani Hammami, a noté que l'échec de ce dernier était, déjà, scellé et que jamais le FP ne lui servirait de faux témoin. Le plateau de Nessma d'avant-hier nous a offert un avant-goût des rapports houleux entre l'opposition et le nouveau gouvernement qui se présente, aujourd'hui, devant l'ARP pour obtenir la confiance, une confiance qui fait défaut en son sein...


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