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Mais que faire des 80% importés illégalement?
Publié dans Le Temps le 31 - 01 - 2016

Quel impact aura la décision d'interdire la fabrication et la distribution des sacs en plastique en Tunisie, alors que 80% de ces sacs sont importés d'Algérie?
C'est par cette question que le vice-président de la Chambre Syndicale Nationale des Fabricants Transformateurs de Plastiques à l'UTICA, Faycel Bradaii réagit à la décision du ministère de l'Environnement et du Développement Durable de soumettre, en mars prochain, un projet de décret réglementaire au gouvernement puis à l'ARP, pour «interdire l'importation, la fabrication et la distribution des sacs en plastique non biodégradables.
En Tunisie, le commerce parallèle prolifère, depuis la révolution, dépassant 50% de l'économie nationale. C'est un monstre qui s'attaque pratiquement à tous les domaines et aggrave les difficultés budgétaires du pays.
La décision du département de l'Environnement a fait, certes, le grand bonheur des écologistes. Car, ces milliards de sacs très polluants jetés dans la nature,défigurent le visage de la Tunisie et mettront plusieurs centaines d'années à se dégrader. Mais, ce bonheur est loin d'être partagé par les industriels qui contestent une «décision arbitraire et non responsable».
Bradaii indique dans une déclaration à l'Agence TAP, que «l'industrie du plastique en Tunisie, contribue à 3% du PIB.
Elle compte plus de 100 entreprises employant environ 30 000 personnes en Tunisie, dont la moitié sont des emplois directs. Elle ne peut pas être, du jour au lendemain rayée du tissu industriel».
La chambre syndicale des Fabricants Transformateurs de Plastiques a exprimé, dans un communiqué, ses vifs regrets et son mécontentement, pour la décision du ministère, affirmant qu'elle (la décision) va causer la fermeture de plusieurs unités, accroître le nombre des chômeurs et détériorer davantage les conditions sociales.
Où est le budget destiné à la collecte des sacs en plastique?
Le responsable de l'UTICA, estime que le ministère de l'Environnement n'a pas respecté la convention signée en 1996, dans le cadre du programme ECOLEF (géré par l'ANGED), qui stipule une cotisation environnement de 5% à l'importation des matières premières pour l'industrie du plastique. Cette déduction directe génère, selon ses dires, des recettes d'environ 200 milliards de millimes par an, au profit du ministère de l'Environnement.
«Un budget destiné, comme convenu à cette époque, à la collecte, la gestion et la valorisation des plastiques», tient-t-il à souligner. La convention, prévoyait la création d'emplois décents pour la collecte des sacs en plastique et non pas des emplois de «barbechas» (chiffonniers).
Bradaii a aussi, relevé que «l'Etat continue d'adopter un prix de 1 dinar le kilo de sacs en plastique, importés, pourtant le kilo de matière première importée est estimé à plus de 3 dinars, ce qui encourage indirectement les anciens réseaux du clan de Najet Ben Ali qui continuent de prospérer.
Ceux-ci accaparaient le marché d'importation des sacs en plastique en Tunisie avant la révolution et bénéficiaient de tous les avantages douaniers possibles».
Nous sommes prêts à produire de l'oxo-dégradable
«Il faut avant tout s'attaquer à la contrebande et au commerce informel, interdire l'importation de machines à fabriquer des sacs en plastique, et puis exiger la conformité à la norme tunisienne qui insiste sur l'affichage sur les sacs, du nom du fabricant et de la mention ECOLEF», souligne Bradaii.
Par ailleurs, nous sommes prêts, poursuit-il, à produire de l'oxo-dégradable. Les plastiques dits oxo-dégradables sont fabriqués en ajoutant aux polymères des additifs oxydants favorisant leur dégradation. Au lieu de se dégrader en 100 ans, les produits oxo-dégradables se dégradent en 6 mois ou en une année.
La chambre syndicale a rappelé qu'un atelier a été organisé, les 16 et 17 décembre 2015, sur les possibilités de réduire les effets nocifs des sacs en plastique, lequel a débouché sur un accord entre les industriels et le ministère de l'Environnement pour interdire l'importation des sacs en plastique, l'éradication du commerce informel, la révision du système actuel de gestion des déchets et la préservation des unités industrielles actives actuellement.
«Rien n'a été appliqué de ces recommandations» assure, le vice-président de la chambre.
La société civile pour une démarche progressive
«La décision d'interdire l'usage des sacs en plastique est parachutée et non étudiée, comme toute décision prise par le ministère de l'Environnement depuis 2011», affirme de son côté, Hassine Rhili, expert en développement durable.
«La promulgation d'une loi interdisant l'usage des plastiques ne se fait que par étapes et à long terme, pour pouvoir se débarrasser progressivement de cette matière non biodégradable».
Rhili estime qu'il y a des milliers des familles tunisiennes qui «gagnent leur vie de la collecte des plastiques, sans oublier les 90 entreprises qui exercent dans le domaine de recyclage des plastiques et de leur exportation», faisant valoir que «cette décision risque d'assécher leurs sources de revenus sans, pour autant, créer des alternatives».
Il existe selon lui, «des priorités environnementales dont notamment l'enlèvement des déchets entassés dans les différentes régions du pays, dont le plastique, avec l'identification de solutions pour éviter le renouvellement de la crise des déchets, dans l'avenir».
Et de proposer de «développer et d'encourager l'industrie du couffin traditionnel tunisien, avant de penser à l'interdiction des sacs en plastique» et de «promouvoir l'industrie du papier et de trouver des solutions pour sauver la société nationale de cellulose et de papier alfa, installée à Kasserine qui souffre de la vétusté des machines et de la baisse de la rentabilité économique».
Pour sa part, le Président de l'association «SOS Biaa», Morched Garbouj qualifie de «bonne initiative», la décision du ministère de l'Environnement, mais «elle doit s'inscrire dans le cadre d'une stratégie à long terme et s'accompagner de campagnes de sensibilisation, ciblant à la fois les citoyens et les commerçants».
D'après lui, il faut aussi, préparer l'alternative pour remplacer les sacs en plastique et bien étudier l'impact économique de cette interdiction.
Le projet de décret soumis à consultation
Hédi Chbili, directeur de la qualité de vie au ministère de l'Environnement affirme que le projet de décret sera soumis avant tout à une consultation de la société civile et des entreprises concernées, «pour s'inspirer de leurs idées».
«Un délai de grâce de six mois sera accordé aux commerçants et aux fabricants du plastique pour préparer la mise en vigueur du texte de loi. La réglementation attendue prévoit l'application de sanctions conformément à la loi relative à la protection du consommateur, promulguée en 1992».
Le responsable évoque l'alternative du couffin traditionnel tunisien et d'autres produits fabriqués à base de matières recyclables pour remplacer les sacs en plastique.
Au plan international, d'autres pays africains ont déjà déclaré la guerre aux sacs en plastique, dont le Sénégal, l'Afrique du Sud et le Maroc.
Dans le monde près de 16 000 sacs en plastique sont distribués toutes les secondes, soit 500 milliards de sacs chaque année, ce qui représente une catastrophe pour l'environnement.
Selon un rapport de la Fondation Ellen MacArthur publié à l'occasion du forum économique mondial de Davos, l'utilisation des plastiques a été multipliée par 20 durant le demi-siècle dernier. On est ainsi passé de 15 millions de tonnes produites en 1964, à 311 millions en 2014. Cette quantité pourrait doubler d'ici 20 ans et faire de sorte qu'en 2050, «il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans», alerte la fondation.


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