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ENTREPRISES TUNISIENNES :
Publié dans L'expert le 02 - 02 - 2010

« Dorénavant, l'ingénieur doit faire preuve de rigueur et d'implication, d'autonomie et d'ouverture, d'esprit d'équipe et de synthèse, de goût d'organisation et de challenge, de capacités rédactionnelle et communicationnelle, de leadership et management… Nous devons en effet imprégner son esprit d'entreprenariat, d'imagination innovante, de créativité, de capacité d'animation, d'aptitude d'écoute active, de capacité à apprendre à apprendre « dans les deux sens du terme : apprendre pour soi-même et apprendre aux autres… »
Dale Carnegie, Pédagogue américain


« Dorénavant, on doit confier aux ingénieurs la mission de développer une meilleure qualité de vie. »
Fédération des ingénieurs civils américains

Avec la domination des TIC sur tous les métiers, les ingénieurs sont propulsés à l'avant de la scène comme maître d'œuvre des grands projets, bâtisseurs de villes et de barrages, acteurs efficaces de modernité et de prospérité. En effet, Dans un monde désormais confronté aux incertitudes quant à son avenir et transformé littéralement, la formation des ingénieurs est actuellement de plus en plus remise en cause. Et pour cause, elle doit être de haut niveau et capable de répondre aux défis globaux du développement durable. Or, les défis à relever par l'ingénieur changent continuellement, puisqu'il se voit désormais investi de nouvelles responsabilités liées aux grands problèmes auxquels doivent faire face les entreprises. Désormais, l'ingénieur est confronté, et cela tout au long de sa carrière, à la mondialisation, puisque l'approche globale et multidisciplinaire fera dorénavant partie de son quotidien de travail.
Le nouvel ingénieur de 2010 ne peut, en aucun cas, ignorer le droit universel à un environnement sain, ni le changement climatique menaçant auquel est soumis le monde. C'est pourquoi il deviendra forcément de plus en plus l'initiateur d'évolutions technocratiques innovantes et réconfortantes pour toute la société.


Le nouvel ingénieur de 2010 ne peut, en aucun cas, ignorer le droit universel à un environnement sain, ni le changement climatique menaçant auquel est soumis le monde. C'est pourquoi il deviendra forcément de plus en plus l'initiateur d'évolutions technocratiques innovantes et réconfortantes pour toute la société.

A T-ON BESOIN DE CONNAISSANCES OU DE COMPETENCES ?
Il est impossible de définir en quelques lignes ce qu'est le métier d'ingénieur, tant les applications d'ingénierie sont nombreuses et variées. Cependant, de tout temps, l'ingénieur a été caractérisé comme étant une personne qui a reçu une bonne formation scientifique et technologique à même de lui permettre de résoudre des problèmes complexes. L'ingénieur qualifié est celui qui solutionne les problèmes posés aux moments critiques, soit techniquement soit opérationnellement en appliquant des idées managériales. Ce qui veut dire que la formation d'ingénieurs nécessite bel et bien une acquisition de nouveaux composants managériaux et entrepreneuriaux.
---Qu' attendons- nous donc des ingénieurs ?...
---Que voulons-nous atteindre comme objectifs à travers l'implication des ingénieurs dans la vie économique ?...
---A quel niveau, devrons-nous classer les ingénieurs. Devons nous les considérer comme des « managers » maîtrisant l'aspect technique ou devons nous les classer avec les entrepreneurs, vu leur formation pragmatique et cartésienne ?...
---Comment séduire les ingénieurs pour qu'ils suivent la dynamique entrepreneuriale ?...
---Comment faire évoluer notre structure de formation pour que nos ingénieurs de demain soient performants dans ce nouvel système économique mondialisé ?
---Devons nous nous aligner sur les systèmes de formation dominants comme cela a été proposé par certains pédagogues, ou bien au contraire, tirer parti de nos expériences du terrain et de la réalité spécifique tunisienne ? et
---L' ingénieur peut-il être le partenaire actif de la rénovation sociétale ? Peut-il contribuer à éviter la fuite des cerveaux ?
Un nombre important d'interrogations qui nous amène à contrarier la philosophie qui favorise la machinisation de l'homme… Au contraire, la tendance est plutôt vers l'humanisation des activités des machines.
Ces exigences inédites mettent à la charge de l'université une lourde responsabilité quant à la formation idoine et l'accompagnement enrichissant qu'il faut apporter aux élèves- ingénieurs. De son côté, l'université doit s'occuper de plus en plus des carrières des individus et se trouve dans l'obligation d'engendrer des comportements à tendance entrepreneuriale. Pour ce faire, la comptabilité, la finance, les ressources humaines, les systèmes d'information, le contrôle de gestion, le marketing, la communication inter- personnelle… constituent désormais des axes fondamentaux pour le management stratégique dans lesquels les ingénieurs sont désormais impliqués. De plus, la planification, l'organisation, la direction et le contrôle deviennent aussi des activités méritant aujourd'hui une nouvelle lecture liée aux prérogatives de l'ingénieur.
Par conséquent, la formation d'ingénieurs impose plus que jamais une lecture nouvelle qui passe indéniablement par une co- construction des cursus par les universitaires, les étudiants mais aussi par les praticiens professionnels.
Les ingénieurs qui réussissent à assimiler admirablement les pratiques managériales deviennent avec une expérience plus ou moins valorisée des « ingénieurs entrepreneurs » maîtrisant brillamment les outils modernes de gestion. Cette démarche aide à se focaliser sur l'innovation et la production d'idées nouvelles, facteurs marquants du métier de l'ingénieur d'aujourd'hui.
Heureusement, la formation des ingénieurs a toujours été partout une préoccupation majeure des Etats et du tissu industriel. Et pour cause, leur technicité et leur capacité scientifique ont permis pendant les deux derniers siècles d'assurer l'innovation technologique, source dominante de progrès et de prospérité.
Dans un temps relativement bref, l'élève- ingénieur doit apprendre les concepts de base de domaines aussi variés que la mécanique, l'électronique, le génie civil, les matériaux, le génie électrique, la chimie, l'informatique, les mathématiques appliquées, énergies renouvelables, transports et logistiques... Les ingénieurs doivent avoir constamment à l'esprit ces priorités, en tant que citoyen, mais surtout en tant qu'acteur agissant de la société.
De ce fait, la formation des ingénieurs est en lien étroit aussi bien avec la connaissance du monde économique qui va les recruter, mais aussi sur des capacités managériales appelées «soft skills» qui doivent trouver leurs bonnes places dans le concept spécifique de la connaissance générale.
En fait, la formation doit apporter aux élèves – ingénieurs de nouvelles connaissances mais principalement des nouvelles compétences : savoir travailler en groupe et savoir communiquer dans un environnement multinational en maîtrisant sciences et techniques mais aussi savoir poser un problème dans toute sa complexité industrielle, économique et sociétale afin de pouvoir le résoudre.
Le but des formations d'ingénieurs est de faire en sorte que l'étudiant puisse devenir un chef d'entreprise et que, à plus court terme, il puisse répondre aux besoins du marché avec une grande employabilité. Ce futur ingénieur devra être opérationnel dès l'obtention du diplôme ; ce qui signifie qu'il devra être capable de s'adapter à de nouvelles situations et à de nouveaux environnements de travail, et de pouvoir diriger une équipe souvent multidisciplinaire.
L'élève- ingénieur doit donc acquérir des connaissances variées pour être capable de bien poser un problème complexe et de savoir mettre en place un processus de recherche de solutions basé sur l'innovation, la recherche et le développement dans lequel cet ingénieur pourra être l'acteur principal. Ainsi il mettra à profit les capacités déductives apprises dans les premières classes préparatoires et les capacités inductives concernant la maîtrise de problèmes complexes, l'adaptation à des situations nouvelles ainsi que ses capacités d'innovation et d'entrepreneuriat.
En général, une entreprise sait reconnaître les compétences scientifiques et technologiques personnelles de l'ingénieur mais elle porte en plus un intérêt particulier à ses qualités d'animateur, à son aptitude à communiquer, à son enthousiasme et évidemment à ses qualités de conduite d'un projet et de management d'une équipe. L'ouverture d'esprit est recherchée mais il faut également signaler l'attente que l'on doit avoir envers les ingénieurs pour tout ce qui concerne son respect des autres et son leadership.
De toutes les façons, l'apprentissage de connaissances aux futurs ingénieurs ne doit pas dépasser 50% de la formation. Il est très important que soient enseignées des disciplines indispensables à l'exercice du métier comme l'économie, les sciences humaines et sociales, les sciences du management,… Ajoutons à cela l'apprentissage, voire la maîtrise parfaite de la langue anglaise qui devient aujourd'hui une évidence.
Dans tous les cas, il sera nécessaire que l'élève- ingénieur consacre un temps significatif à la formulation d'une problématique précise et partagée par tous les acteurs, à l'identification des contraintes, à la mise en avant de critères qualitatifs et quantitatifs de réussite et à la conduite temporelle du projet.
Chaque travail, personnel ou en groupe, doit faire l'objet d'une réflexion sur l'impact en terme de développement durable. De même, chaque soutenance (PFA ou PFE) doit signaler cet impact et l'étudiant doit être à même de répondre à des questions spécifiques liées aux enjeux économiques, sociétaux et environnementaux. Rares sont les travaux personnels ou les travaux de groupe qui ne sont pas concernés par au moins l'un des aspects du développement durable.
Cette prise en compte du développement durable dans la formation des élèves-ingénieurs pose le problème de la formation des enseignants qui sont en général très ouverts pour cette prise en compte mais assez démunis pour introduire des notions de développement durable dans leurs enseignements.
Les stages que les élèves- ingénieurs doivent réaliser dans les entreprises deviennent indispensables afin que les élèves découvrent la réalité de l'entreprise et de la mobilité et il est souhaité que l'un de ces stages soit réalisé dans un autre pays. Malheureusement cette nécessité pédagogique est freinée par les tracasseries des visas et le coût des séjours à l'étranger.
La mobilité permet de son côté de définir, auprès des jeunes ingénieurs, de nouvelles valeurs humaines intéressantes qui serviront à l'échange et au partenariat économique. L'acquisition de deux diplômes (programme de co-diplômation) permet aux étudiants d'apprendre une double culture.
Bref, pour faire face aux défis liés à la nécessité de promouvoir le développement durable, il est important de maintenir au plus haut niveau la formation des ingénieurs et leur donner la meilleure image possible des entreprises.
Ceci dit, l'ouverture d'esprit, la culture d'entrepreneuriat, l'éthique, la communication, la connaissance culturelle des autres, l'esprit critique et les capacités d'innovation sont des nouvelles compétences indispensables à tout ingénieur.
Enfin, la formation continue des ingénieurs et celle tout au long de la vie deviennent une impérieuse nécessité qu'il faut désormais structurer et réaliser de façon rigoureuse et générale.
Ainsi, l'ingénieur doit être formé sur de nouvelles bases. Tout d'abord, il ne faut plus compter uniquement sur la technologie comme stratégie de formation. Ensuite, il faut former l'ingénieur en prenant en compte de la communication, le managériat, les langues, etc… Enfin, il faut qu'il soit plus ouvert au monde qu'il ne l'est maintenant, mondialisation oblige.
A vrai dire, outre la massification, le système de formation d'ingénieurs en général connaît aujourd'hui quelques problèmes, dont notamment la difficulté à réaliser la jonction entre universités et marché du travail, entre formation académique et besoins réels de l'économie. Souvent, les cours y sont dispensés par des universitaires ne disposant que de peu d'expériences du monde de l'entreprise et non pas par des cadres qui ont fait leur preuve dans la réalité de l'entreprise. Or en Amérique, à titre d'exemple, les enseignants des écoles d'ingénieurs doivent obligatoirement faire preuve d'un passage d'au moins 5 ans dans des entreprises industrielles privées. Bien entendu tout cela ne pourra se faire qu'en réformant en profondeur nos méthodes pédagogiques pour préparer les futurs ingénieurs à entrer mieux armés dans une compétition mondialisée qui n'a jamais été aussi forte…
Aujourd'hui, dans le fonctionnement de l'entreprise branchée en réseau, organisée pour répondre le plus rapidement possible aux besoins de ses clients, le profil de l'ingénieur efficace est radicalement différent. Désormais, on attend de lui :
---Qu'il ait une grande capacité d'écoute
---Qu'il soit capable d'analyser le besoin de ses interlocuteurs
---Qu'il ait une capacité d'innovation pour imaginer les solutions permettant de répondre aux besoins nouveaux
---Qu'il allie compétence technique et qualité pédagogique pour devenir un conseiller écouté de ses partenaires
---Qu'il ait une capacité d'animation pour mobiliser autour de lui des talents diversifiés et de haut- niveau et
---Qu'il soit enfin "capable d'absorber les angoisses et de rayonner les enthousiasmes" dans les moments difficiles.
Ceci est d'autant plus important que la conduite d'un projet implique désormais de faire travailler ensemble clients, fournisseurs et partenaires sans que le Chef de projet ait nécessairement une autorité hiérarchique sur l'ensemble, ni forcément une compétence supérieure à chacun des membres de cette équipe.
Bref, l'ingénieur d'aujourd'hui est le capitaine d'une équipe plutôt que son supérieur hiérarchique. Il doit dégager un charisme qui insuffle de l'énergie à ses coéquipiers et doit être un entrepreneur capable de créer un jour sa propre entreprise. Devant changer fréquemment de métiers et d'organisations et devant maîtriser des technologies fréquemment renouvelées, l'ingénieur devra enfin savoir apprendre tout au long de sa vie et s'adapter aux évolutions galopantes de son environnement professionnel. Paradoxalement, il devra savoir s'épanouir dans un système incertain et mouvant à forte imprégnation stressante.


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