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Causerons-nous la chute de l'empire informatique?

Mettre en place et gérer ces relations étroites entre le système éducatif et nos organisations informatiques est la seule façon de terminer l'évolution de l'entreprise avec cet homo informaticus mature que nous avons cherché pendant les dernières décennies. Si nous ne donnons pas vie à cette nouvelle génération, nous serons collectivement responsables de la chute de l'Empire informatique.
Le business doit en permanence s'adapter pour survivre. La concurrence acharnée favorise une sorte d'évolution darwinienne au cycle extrêmement court. La réponse aux modifications de l'environnement doit être rapide et intelligente… et si n'est pas le cas le business est en danger. La principale conséquence est une contraction du temps de réaction. Les entreprises ont besoin de prendre des décisions majeures créant une valeur métier immédiate. Atteindre cet objectif demande une organisation efficace capable de réaliser la vision stratégique. Pas de place pour l'amateurisme, c'est un monde professionnel et les deuxièmes chances sont rares. L'informatique est ancrée dans cette vision, focalisée sur l'amélioration métier et l'obtention d'avantages concurrentiels. Chacun dans l'entreprise doit faire son devoir en fournissant des services alignés sur les métiers, au bon coût. Mais si l'on attend de l'informatique un important différentiateur concurrentiel, ce sera plus grâce à des applications innovantes qu'aux services quotidiens.
Néanmoins les services informatiques sont aussi essentiels et simples que l'énergie. Les fournir demande uniquement d'utiliser les bonnes pratiques. Elles sont largement reconnues et pourraient rapidement devenir obligatoires dans de nombreux secteurs avec le succès du déploiement de la norme ISO/IEC 20000. Nous devons accepter que les bonnes pratiques de la gestion des services représentent désormais la pierre angulaire des opérations informatiques.
Sous la pression du business, la gouvernance informatique conduit et accélère la prise de décision. Cela a fort impact sur les ressources humaines informatiques qui devraient être bilingues, en disposant de capacités métiers et techniques, et qui devraient pouvoir intégrer facilement les projets ou les services offerts, en maîtrisant processus et méthodes. Dans la vraie vie, ce n'est pas le cas. Découvrons ensemble les causes de ce problème urgent.
Les étudiants, futurs techniciens et ingénieurs de nos équipes, n'apprennent pas les technologies fondamentales et les services liés, utilisés chaque jour dans nos informatiques. Parce qu'ils sont attirés par l'argent et la vie supposée facile d'un poste non technique, les jeunes préfèrent les écoles de management aux écoles d'ingénieurs. C'est aussi une raison de la nouvelle prédominance des disciplines de management dans les cursus informatiques. Et, pour finir sur cette même lancée, les écoles informatiques accordent plus d'importance à la programmation qu'aux opérations. Il est certain que, durant le cycle de vie d'une solution informatique, planification, conception et construction sont bien couverts. Mais les opérations sont presque complètement oubliées.
Cela signifie-t-il que la moitié de notre personnel, qui travaille sur le terrain des opérations, n'a pas été suffisamment formé pendant ses études ? Universités et grandes écoles nourrissent l'objectif global de fournir à leurs étudiants un bagage initial qui constitue une solide fondation pour l'ensemble de leur vie professionnelle. Les employeurs pourraient parfois lui préférer une intégration rapide dans leur direction informatique. La recherche de productivité induit une utilisation optimale des ressources et, par voie de conséquence, les arrivants doivent connaître les technologies et normes utilisées dans l'entreprise. Prêt à l'emploi dans un temps très court !
La clé est de trouver le bon équilibre entre les fondations de l'organisation informatique et la facile intégration de l'employé dans l'entreprise qui paie son premier salaire. Pour mieux apprécier les différences entre la vie étudiante et la vie professionnelle, mettons en exergue quelques problématiques, souvent pavées d'idées fausses.
L'informatique n'est pas pleine d'innovations et de nouvelles technologies.
On peut dire que les technologies ne durent pas longtemps. Mais en réalité, les architectures informatiques sont géologiques, empilant des générations d'applications et de technologies. On peut même trouver des dinosaures ! Nous devons être transparents et avouer que les entreprises utilisent et maintiennent (et parfois continuent de développer) des centaines d'applications Cobol et Pacbase, qui tournent sur des serveurs VMS ou MVS. Difficile d'attirer des jeunes, qui ne connaissent que Java-J2EE ou les web services, avec ces vieux trucs. L'étudiant qui est seulement formé aux dernières technologies, celles que l'on trouve plus dans un laboratoire ou une salle de classe qu'en entreprise, reviendra brutalement sur terre en commençant à travailler.
Nous devrions le préparer à cela pour éviter des désillusions. Les entreprises et le corps professoral ont besoin d'être très clairs sur ce point : les organisations exploitent de vieilles architectures et, de plus, garantissent avec elles des niveaux de service élevés. Réussir la cohérence globale de l'informatique est ainsi tout simplement un cauchemar. La convergence des réseaux, communications et applications aidera surement à l'obtenir mais elle ajoute pour cela de nouvelles dimensions au puzzle informatique…
Nous avons besoin d'informaticiens qui comprennent les dernières techniques et pratiques mais qui acceptent de travailler sur de vieilles technologies.
La valeur de l'informatique n'est pas limitée à ses applications.
Le support de l'informatique au business repose sur l'efficacité de ses services. La meilleure application, celle qui pourrait tuer la concurrence, est sans utilité si la qualité de bout en bout, telle que vécue par les utilisateurs et les clients, n'est pas assurée. En conséquence, l'informatique doit servir les utilisateurs avec efficacité et efficience, en utilisant le minimum de ressources et en s'appuyant sur un patchwork complexe de technologies. C'est un défi quotidien qui doit être relevé à la satisfaction de l'utilisateur et sans qu'il s'en aperçoive.
Nous avons besoin d'informaticiens maîtrisant à la fois les techniques et les processus.
La standardisation est aussi pertinente dans la gestion des services.
Les meilleures pratiques de gestion des services sont indépendantes des technologies et des applications. Le domaine est maintenant assez mûr pour comparer l'organisation informatique à une fabrique industrialisée. Cela induit que le personnel informatique ne travaille pas avec des méthodes maison mais dans un large écosystème permettant le partage d'expérience. Soyez assurés que les processus sont plus invariants que les technologies ! Sans compter que l'employabilité de chacun est améliorée puisque les bonnes pratiques sont conservées en changeant d'entreprise.
Nous avons besoin d'informaticiens préparés à être engagés proactivement dans un monde industrialisé, et non de chercheurs perpétuels ou de théoriciens.
Ouverture, partage des connaissances et esprit d'équipe sont essentiels.
Le département informatique est désormais une entreprise à part entière, de son interface métier à son pilotage par le client. Les informaticiens font partie d'une équipe et certains sont de futurs managers qui piloteront une équipe de techniciens. Dans l'organisation informatique, chacun est conscient du business et ceci est déterminant des actions et des décisions. Chacun est ouvert aux enjeux de l'organisation, de ses contraintes et des besoins du service. La conséquence est une reconnaissance partagée que le business devrait fournir un cadre et des orientations pour les opérations informatiques.
Les meilleures pratiques sont maintenant identifiées (merci ITIL !), largement acceptées et déployées au sein de l'entreprise. Mais, pour réaliser leur appropriation, vous devez d'abord accepter qu'il n'existe qu'une façon d'effectuer une tâche ou une action, ce qui revient à suivre une meilleure pratique qui a été déterminée par d'autres. Pas de place pour l'improvisation ou pour la reconnaissance d'un génie sournois.
Fournir un service efficace, c'est être le maillon d'une grande chaîne. Contribuer à développer des processus efficients, c'est être dirigé ou contrôlé par des managers transverses, comme dans toute organisation matricielle.
Nous avons besoin d'informaticiens sachant travailler en équipe pour atteindre un objectif commun, avec un engagement de résultats.
Que doit-on faire ?
Les organisations informatiques, qu'elles soient client ou fournisseur, recherchent des candidats comprenant, et acceptant, ces enjeux. Elles ont besoin d'embarquer de nouveaux collaborateurs bien structurés par une orientation service. Mais pour assurer le recrutement de tels candidats, à la fois en quantité et en qualité, elles devraient être proactives et engagées à développer le cadre qui peut les produire !
En d'autres termes, nos organisations informatiques doivent changer drastiquement leur manière de trouver, attirer et embaucher leurs jeunes informaticiens. Elles doivent investir massivement dans le secteur de l'éducation, et le faire dès maintenant. Sinon, les filières informatiques vont sûrement continuer à décliner.
Les organisations informatiques doivent créer un marché de l'emploi attrayant pour les jeunes en déterminant leurs besoins en compétences et en technologies, mais aussi en montrant les carrières informatiques qu'elles proposent. On peut dire que ce n'est que marketing, mais mettre des ressources pour promouvoir les carrières, écoles et formations informatiques pourraient produire de bons résultats pour le recrutement futur. Et elles en ont grandement besoin, compte tenu de leurs difficultés de recrutement.
Les organisations informatiques doivent être associées le plus possible au système éducatif. En amont, elles doivent fournir leurs demandes et besoins à moyen terme. Elles doivent co-définir des parties du cursus éducatif ou, tout au moins, largement influencer les orientations et les catalogues de formation, en sélectionnant les technologies, méthodes et pratiques à couvrir. Cette implication doit aussi inclure certains cours planifiés, coordonnés et donnés par les entreprises. Vous ne trouverez pas de meilleure façon d'enseigner les bonnes pratiques qu'avec ceux qui les ont implémentées !
Enfin les organisations informatiques doivent elles-mêmes s'adapter, en offrant aux étudiants plus de postes en alternance et de stages, et en créant de véritables programmes d'intégration.

Note pour la version française.
Une version anglaise de cet article a paru dans ITP Europe Report fin 2006.
* Président de l'ISTASE (Ecole d'ingénieurs de l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne) - Vice-Président du Club Mines Informatique
NDLR : L'article nous a été communiqué par l'auteur à Tunis, à l'occasion de sa participation aux conférences sur l'ITIL, le COBIT et le CMMI, organisé par AB Consulting du 29 au 1er décembre 2006.


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