Facturation électronique : pas de panique, le dépôt du dossier suffit pour commencer !    Remplissage des barrages Tunisiens : Siliana respire avec Remil plein à 100 %, l'agriculture relancée    L'Institut français de Sousse propose une exposition voyage dans les mythes inspirée du conte "Siqal, l'antre de l'ogresse"    La SONEDE généralise le paiement électronique des factures d'eau    Immigration des Tunisiens au Canada : les secteurs les plus demandés    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Tunisie: Gestion des villes et conseils municipaux    Concert de Bad Bunny à la finale du Super Bowl 2026 : plein de symboles gloire à la culture Latino    Pharmaciens : attestations en ligne temporairement indisponibles    Mondher Msakni: L'orfèvre    Pr. Najoua Essoukri Ben Amara - Open Badges : la nouvelle frontière de la reconnaissance des compétences    1 213 logements à livrer dès 2027 : location-accession et vente à crédit    Météo en Tunisie : pluies éparses, temporairement orageuses et localement intenses sur les côtes    Pluies sur la Tunisie : des précipitations attendues toute la semaine, alerte aux vents forts    Officiel : l'EST met fin à la collaboration avec Maher Kanzari    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    L'Espérance contre Stade malien: Où regarder la rencontre en direct ?    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Elaa Saïdi décroche le bronze à Radès !    Le roman de Nizar Chakroun finaliste du Booker arabe à Manama remporte le prix Naguib Mahfouz au Caire    Journée mondiale de lutte contre le cancer : recommandations de l'OMS pour prévenir les risques    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Les téléviseurs et moniteurs OLED Samsung 2026 compatibles NVIDIA® G-SYNCTM pour des performances gaming d'élite    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en légère hausse    Un Tunisien à la tête du GISR : Mohamed Ali Chihi nommé Executive Director    Groupe UIB: 40 millions de dinars pour le financement de la première centrale photovoltaïque tunisienne, à Chebika    Candidats à l'installation au Canada: trois jours pour tout savoir, dès ce lundi à Tunis    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    L'Université de Sousse obtient l'accréditation internationale « Université entrepreneuriale » du NCEE    Tokyo : Les Tunisiens peuvent enfin renouveler leurs passeports facilement depuis l'ambassade !    Pourquoi le député Ahmed Saidani a-t-il été arrêté ?    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tunisie : Moncef Marzouki, entre mission et démission
Publié dans Tunisie Numérique le 26 - 02 - 2014

« J'y suis, j'y reste », voilà le mot d'ordre que le président provisoire Moncef Marzouki ne cesse de scander au moindre titillement. Se considérant « élu » (alors qu'il n'était que tout juste désigné à la suite d'un compromis politique au sein de la Troïka), il affirme à qui veut l'entendre que personne ne peut le déloger de Carthage et qu'il n'en lâchera le palais qu'en faveur d'un président élu, donc au terme des prochaines élections présidentielles.
Cette position suggère que Moncef Marzouki n'a pas bien assimilé et intégré trois éléments de poids dont sa réflexion est censée bien tenir compte :
1- Son poids électoral insignifiant au vu des résultats du 23 Octobre 2011, outre sa dégringolade actuelle dans les sondages d'opinions et les intentions de vote. Toutes les indications convergent pour affirmer que l'homme politique Moncef Marzouki est d'ores et déjà grillé dans le paysage politique comme auprès de l'opinion publique tunisienne. Collectionnant les casseroles et les toiles, il n'a pas arrêté de se tirer des balles non seulement dans le pied mais notamment dans l'image, ravalant la fonction et le rang de chef d'Etat.
2- La Tunisie est en phase transitoire, une période où la quête du consensus, la notion d'Etat et l'intérêt public priment avant toute autre considération aussi envisageable qu'elle soit. La posture de Moncef Marzouki aurait été justifiée s'il était élu aux suffrages universels et si les instructions républicaines étaient stables et permanentes.
3- Dans une phase transitoire, et le cas échéant, l'idée de mener sa campagne électorale tout en se maintenant au poste de président de la république n'est pas recevable d'un point de vue aussi politique que moral. Autrement dit, fausser le jeu électoral, prendre une longueur d'avance dès le départ et mettre à profit les moyens de l'institution présidentielle et de l'Etat au service d'objectifs électoraux et partisans.
Droit dans ses bottes, plutôt bouché à l'émeri, Moncef Marzouki, tel un acrobate de foire de dimanche, multiplie les grands écarts, les exercices de style et les sauts périlleux, sans compter les sorties de route tant politiques que médiatiques , chevauchant un tocard qu'il prend pour un solide cheval de course ou un étalon pur sang. En direct, ou en aparté, la voix haute ou du bout des lèvres, la majorité écrasante de la classe politique l'enjoint de démissionner s'il entend présenter sa candidature. Personne ne lui conteste le droit d'être candidat à sa propre succession pour peu qu'il dégage de son poste présidentiel au moment opportun.
A défaut de démission sciemment consentie, en temps utile, pour la bonne cause et pour éviter le conflit d'intérêt et le retour de manivelle, il n'est pas exclu que Moncef Marzouki soit, à brève échéance, l'objet d'une procédure de destitution. D'autant plus qu'il reste le seul pilier de la Troïka à vouloir continuer à porter simultanément la double casquette (Président et candidat), compte tenu de l'éviction d'Ali Larrayedh et son gouvernement ainsi que de l'annonce officieuse (à confirmer) de Mustapha Ben Jâafar, président de l'ANC, de démissionner de son poste, en prévision des élections présidentielles.
Sur un autre plan, si Moncef Marzouki campe sur sa position, l'hypothèse de le déclarer inéligible par l'ISIE n'est pas à écarter. Il n'est pas impossible que la loi électorale, en cours d'établissement, préviennent ce cas de figure et comporte une clause bloquant toute candidature soumise dans de telles conditions. Le cas échéant, ce scénario équivaudrait à une destitution camouflée, à moins que de guerre lasse, en désespoir de cause, Moncef Marzouki concède l'ultime sacrifice, plus contraint que consentant, de quitter la présidence. Auquel cas, ce serait pour lui un déchirant et non moins salutaire crève-cœur. A se demander s'il a vraiment posé les bonnes questions ?
Désormais, Moncef Marzouki est seul, dégaine en solitaire, dans un isolement assourdissant. Entre la peste de la démission et le choléra de la destitution, il est contraint de choisir son camp et sa manière d'être décapitée. Un dilemme cornélien, un ténébreux cauchemar connaissant son entêtement obsessionnel à rester, bec et ongles, à Carthage et son incapacité politique, morale et intellectuelle à comprendre les dessous et les impératifs de la situation. En continuant à vociférer « je ne démissionne pas », il arme encore son fusil pour tirer sur l'autre pied, se trompant de cible, de combat et d'adversaire.
Son armée de conseillers, plus utile à la parade qu'au combat, plus boulet que sentinelle, composée beaucoup plus de comparses de coulisses que de brave soldats, les yeux braqués sur le butin plutôt que sur le feu, au lieu de concevoir et mettre en place des plans de bataille et des tactiques de manœuvre, semble le réconforter dans sa fixation de rester fidèle au poste, peut-être que les lieutenants de Carthage sont convaincue qu'en cas de démission de leur mentor, leur chef de guerre, le livre se fermera et la messe sera dite, les derniers pans du gâteau leur seront arrachés à la bouche, quitte à l'acculer à la désertion ou au suicide sur le champs d'honneur.
Toutefois, en de telles conditions de pression, de harcèlement, voire même de lynchage, le marin Moncef Marzouki, qui déjà naviguait à vue, accompagnés de médiocre matelots, parviendrait-il, vaille que vaille, à mener sa barque (trouée de toute part, sans voile ni mât) comme il l'entendait, dans une mer aussi agitée, sous un ciel aussi brumeux, par un vent aussi violent ?!


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.