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Par Abdelaziz Gatri :Quand Zemmour s'invite dans la politique française des visas et au sommet de la francophonie
Publié dans Tunisie Numérique le 30 - 09 - 2021

L'occident, triomphant après la deuxième guerre mondiale, a imposé au monde vaincu ou sans poids ses lois universelles, dont la déclaration universelle des droits de l'homme et l'accord instituant l'organisation mondiale du commerce et ses annexes, consacrant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux.
Mais la pratique a démontré que, si ces pays restent souvent très sourcilleux quant à la bonne application des dispositions commerciales et financières de ces accords, leur permettant d'exploiter les ressources naturelles des pays dominés, moyennant quelques subsides et la corruption des gouvernants qu'ils veillent à maintenir au pouvoir contre la volonté de leurs peuples, ils ont souvent été très peu regardants quant à la libre circulation des individus.
Pire, quand il se fut agi de reconstruire l'occident après la folie meurtrière de la seconde guerre mondiale, les pays européens, la France en tête, ne se sont pas gênés pour « importer » des centaines de milliers de travailleurs maghrébins ou d'autres pays, constituant une main-d'œuvre bon marché, affectée aux dures besognes qui rebutaient les enfants du pays. Ces travailleurs étaient parqués dans des cités dortoirs qui n'avaient rien à envier aux réserves pour animaux.
Mais les années de vaches grasses finies, cette population est devenue personæ non gratæ, et pour leur malheur, un enjeu électoral.
Pourtant, l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 avait institué la liberté de circulation des personnes comme étant le droit pour tout individu de se déplacer librement dans un pays, de quitter celui-ci et d'y revenir. Il stpule :
« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ».
Il en découle donc, que toutes les restrictions à la libre circulation des individus dans un ou plusieurs pays, tels les visas ou les obligations de quitter le territoire français (OQTF), sont des entorses à ce droit, censé être universel, donc absolu.
Et la Tunisie, pays chancelant, au bord de la banqueroute, provoquée entre autres par la secte qui a longtemps bénéficié du soutien des pays occidentaux et par la dette dite odieuse dont une partie leur revenait sous forme de commissions et autres rétro commissions, est aujourd'hui mise au pied du mur par la France « amie » qui la somme d'accueillir la racaille radicalisée chez elle, sous peine de représailles humiliantes pour les tunisiens désireux de s'y rendre pour des raisons diverses
Pour les besoins de la cause, elle a diligenté son ministre de l'intérieur, puis son premier ministre, venus dicter à un gouvernement tunisien, illégitime et soumis, leurs exigences. Pourtant, à entendre les déclarations faussement mielleuses des uns et des autres, on serait tenté de croire que tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles. Castex n'est-il pas allé jusqu'à affirmer, à Tunis même, le 2 juin dernier : « l'amitié tissée entre la France et la Tunisie est indéfectible et précieuse.
À Tunis, je suis venu renforcer les liens qui unissent nos deux pays : ils sont un atout et une force pour faire face à nos défis communs » ? Moins de quatre mois plus tard, le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, annonce avec fracas un durcissement de l'octroi des visas pour les trois pays du Maghreb.
Mais, si le Maroc a fait savoir par la voix de son ministre des affaires étrangères que : « Nous avons pris acte de cette décision, nous la considérons comme injustifiée », et si l'Algérie a vite réagi en qualifiant cette décision de malencontreuse et disproportionnée, et en convoquant l'ambassadeur de France à Alger pour lui notifier « une protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France », la Tunisie est restée muette, jusqu'à la rédaction de cet article. Et même si depuis le 25 juillet et les fameuses mesures présidentielles démettant Mechichi et son gouvernement, Saied avait décidé de maintenir un fidèle, Othman Jerandi, au poste de ministre des affaires étrangères, celui-ci est resté sans réaction. Saied lui-même, pourtant prolixe, s'agissant d'affaires de dignité et de souveraineté, s'est gardé jusqu'ici de toute déclaration.
Depuis la fin des trente glorieuses et la résurgence des courants d'extrême droite en France, le thème migratoire s'invite de façon cyclique dans les joutes électorales. Au départ, le FN des Le Pen père (Jean-Marie), fille (Marine) et petite fille (Marion), s'en est fait une exclusivité, suscitant le rejet de toute la classe politique française d'alors. Mais petit à petit, le temps et le glissement à droite aidant, de plus en plus de politiciens s'y adonnèrent à cœur joie. Et c'est devenu à qui dit mieux en matière de mesures anti immigration, chacun faisant preuve d'une créativité insoupçonnée dans d'autres domaines. Si bien que, d'élection en élection, la France que nous avions étudiée à l'école, celle des lumières, celle de la révolution de 1789, celle de la déclaration des droits de l'homme, celle de Voltaire, de Rousseau, de Diderot, de Montesquieu, de Hugo, de Zola..., s'estompe, laissant place à une France hideuse, raciste, xénophobe, haineuse, ingrate, celle de la main rouge, de l'OAS, des Le Pen, Zemmour, Soral, Mégret et toute la clique.
Pour les prochaines élections en vue, un trublion s'est invité dans la joute, violemment raciste et xénophobe, plus raciste que les Le Pen pris ensemble, plus tordu, parce que c'est un homme de lettres, plus desperado parce qu'il n'a rien à perdre. J'ai nommé Zemmour. Il fait preuve de créativité et d'une inventivité dans la posture anti arabe supérieures à celles des nazis dans leur persécution des juifs. Il est allé jusqu'à préconiser l'interdiction de noms arabes tels que Mohamed en territoire français. Il est nécessaire de signaler que monsieur Zemmour est est lui-même issu d'une famille juive berbère d'Algérie (Blida et Constantine), arrivée en France pendant la guerre d'Algérie, que son nom de famille berbère, Zemmour, veut dire Olivier, en français, ou, si vous voulez, Zitoun, en arabe, et qu'il est sûrement tellement frappé par le sceau du zèle des nouveaux convertis, qu'il en est devenu plus français que les français.
Donc, pour faire plus Zemmour que Zemmour, le gouvernement français s'est lancé dans une grave surenchère électorale, en décidant ces mesures drastiques envers des populations sans défense, sans gouvernement et sans recours, totalement étrangères aux considérations de politique intérieure française, en les humiliant.
Nous aurions pu manger notre pain noir en attendant la fin du calvaire électoral, si des milliers de personnes n'allaient pas voir leur avenir, leurs affaires, leurs études ou leur santé hypothéqués. Et surtout s'il n'y avait pas un sommet de la francophonie à tenir en Tunisie dans moins de deux mois. Est-ce une manière indirecte pour le gouvernement français de se dérober en provoquant l'incident diplomatique, sachant que la Tunisie est incapable de lui tenir tête ? Est-ce ça votre conception de « l'amitié indéfectible et précieuse tissée entre la France et la Tunisie » monsieur Castex ? Les tunisiens, nonobstant le silence coupable de leurs gouvernants, sont en droit de se sentir trahis par un pays qu'ils considèrent, à juste titre, je l'espère, comme ami.
J'en appelle donc au président Macron, que je sais ami de la Tunisie, à sa sagesse et à sa mansuétude, pour reporter toute mesure de restriction dans l'octroi des visas pour les tunisiens, toute mesure de reconduction aux frontières de ressortissants tunisiens, et toutes autres mesures de nature à empoisonner les relations entre Paris et Tunis et à ternir l'image de la France auprès des Tunisiens, et ce jusqu'à la formation d'un gouvernement tunisien et la fin des travaux du sommet de la francophonie.
Abdelaziz GATRI, activiste politique, Alliance patriotique pour l'ordre et la souveraineté (A.P.O.S).
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