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Mehdi Houas :
Souvenirs d'un technocrate brièvement happé par le gouvernement
Publié dans WMC actualités le 04 - 02 - 2014

Dix mois. C'est la période durant laquelle, entre fin janvier et décembre 2011, Mehdi Houas a dû se mettre en congé et abandonner ses fonctions de président du groupe Talan (fondé en 2002 par trois associés -Eric Benamou, Mehdi Houas et Philippe Cassoulat- rejoint en 2011 puis en 2012 par Jean-Luc Biache et Dominique Masutti, les fondateurs des sociétés Asset et Cereza, rachetés) pour entrer au deuxième gouvernement de Mohamed Ghannouchi et faire partie de celui formé fin février 2011 par Béji Caïd Essebsi.
Contraint de se séparer des personnalités ayant travaillé avec Ben Ali, le dernier Premier ministre d'avant le 14 janvier 2011 et le premier de la nouvelle ère fait appel au jeune ingénieur télécom qui s'est lancé dix ans plus tôt dans les affaires. «Si Mohamed Ghannouchi m'a appelé pour me proposer le poste de ministre du Commerce et du Tourisme». Surpris par la proposition, Mehdi Houas répond dans un premier temps qu'il n'est pas sûr d'être fait pour ce genre de poste. M. Ghannouchi lui dit être convaincu du contraire et lui demande seulement s'il a des intérêts dans les deux secteurs d'activité dont il lui propose d'assumer la charge.
Le patron de Talan indique que non et demande s'il peut prendre le temps de réfléchir à cette proposition. «Le Premier ministre m'a dit que j'avais deux minutes», s'amuse aujourd'hui l'intéressé. M. Ghannouchi explique qu'il doit annoncer la composition du nouveau gouvernement dans une heure, que seul le poste de ministre du Commerce et du Tourisme reste à pourvoir, que tous les noms proposés ont été rejetés, que l'unanimité s'est faite sur le nom de Mehdi Houas et que s'il refuse tout va tomber à l'eau. Dans la plus pure tradition des Houas son père, Béchir, et son oncle, Khalifa, sont parmi les figures de proue du mouvement de libération nationale-, Mehdi Houas finit par accepter de faire son entrée au deuxième gouvernement de l'après Ben Ali.
A l'instar de ses collègues, le nouveau ministre du Commerce et du Tourisme prend ses fonctions le 27 janvier 2011- à un moment de forte tension dans le pays, caractérisée en particulier par une véritable chasse aux anciens responsables et partisans de l'ancien régime. Mais convaincu de la nécessité de la mobilisation de tous pour espérer éviter l'effondrement du pays, Mehdi Houas décide d'aller à contre-courant.
Alors que, comme partout ailleurs, qu'une véritable guerre oppose partisans de l'ancien régime et «révolutionnaires», le nouveau ministre réunit les fonctionnaires et employés de son ministère et leur tient un discours qui a dû en étonner plus d'un. «Je ne sais qui d'entre vous a volé ou pas, qui a menti ou pas. Cela ne m'intéresse pas de le savoir. Par contre, je vous demanderai des comptes pour ce que nous allons faire à partir d'aujourd'hui. Car nous allons retrousser les manches pour servir notre pays».
Deux ans après, les souvenirs des dix mois qu'il a passés aux commandes du ministère du Commerce et du Tourisme restent vivaces dans l'esprit de Mehdi Houas. «Ce furent des journées de dix-neuf heures de travail, entre sept heures du matin et onze heures du soir, difficiles mais exaltantes», affirme notre interlocuteur. Chez qui affleurent spontanément des images de moments très exaltants et, estime-t-il, porteurs d'espoir pour l'avenir du pays, et d'autres, au contraire, révoltants.
Adepte de la politique de la porte ouverte, le ministre du Commerce et du Tourisme reçoit à longueur de journée. «J'ai reçu et discuté avec pas moins de 3.000 personnes», se souvient-il.
Un jour il accorde une audience à un groupe d'une trentaine d'employés de son département venus se plaindre de leurs conditions. Dans la masse, le ministre remarque une personne particulièrement excitée qui avait presque les larmes aux yeux et l'invite à prendre la parole.
«Je suis chauffeur et je ne suis pas cultivé. Je voudrais d'abord vous dire combien je suis heureux car je n'aurai jamais cru qu'un jour je pourrais entrer dans ce bureau et parler à un ministre. Quand je vais lui en parler ce soir, ma mère ne va pas me croire mais en sera tout aussi heureuse que moi», déclare l'intéressé. Qui parle ensuite de ses problèmes. «Il a tenu un discours d'une telle cohérence et d'une pertinence inouïe. Ebloui, je lui ai dit qu'il ne devait plus se sous-estimer et dire qu'il n'est pas cultivé. Car même s'il n'a pas poussé des études primaires très loin, cultivé il l'est parfaitement», se rappelle Mehdi Houas.
Tout aussi surprenante et poignante que la première, la deuxième scène implique un autre employé économiquement et socialement modeste. Un soir alors qu'il quittait le ministère tard dans la nuit pour rentrer chez lui, Mehdi Houas est abordé par le gardien qui lui demande s'il peut lui parler. Autorisé, le bonhomme confie au ministre qu'il n'est pas d'accord avec ses collègues qui réclament une augmentation salariale. «Je serai très heureux si mon voisin pouvait trouver du travail. L'amélioration de ma situation peut attendre», dit-il.
Conclusion de l'ancien ministre: «Ce soir-là, je suis devenu plus convaincu que jamais que notre pays est riche de ses hommes et que nous avons une fondation solide sur laquelle nous pouvons le reconstruire».
La troisième et dernière scène dont se rappelle Mehdi Houas a encore, deux ans plus tard, le don de l'énerver. Elle implique un hôtelier dont les employés, privés de salaires pendant des mois, sont venus s'en plaindre à lui. Convoqué, cet hôtelier il s'agit, d'après le ministre de M. Ali Mhenni, directeur général de l'hôtel El Hana International Tunis- s'est plaint de ne pas pouvoir payer les 300.000 dinars dus à ses employés. «Ces propos m'ont d'autant plus révolté que le bonhomme est venu en Jaguar. Je lui ai dit qu'il devait de démerder, vendre un bien s'il le faut, pour régler sa dette. Bien, par la suite, il n'en a rien fait», regrette l'ancien ministre.
Revenu aux commandes du groupe Talan fin 2011, Mehdi Houas ne regrette nullement d'avoir vécu cette expérience gouvernementale, mais s'il a hésité au début à s'engager. Et aux technocrates et autres hommes d'affaires qui, ont accepté de s'engager dans le gouvernement de Mehdi Jomaa qui l'a séduit- il souhaite beaucoup de courage dans la difficile mission qui les attend. .


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