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"La Tunisie pourrait perdre juste un point de croissance en 2009"
Publié dans WMC actualités le 19 - 11 - 2008

« Nous avons participé à Tripoli à la quatrième réunion des pays du Maghreb pour essayer d'améliorer son intégration économique. Une intégration qui a fait pas mal de progrès au cours des années récentes. Mais il serait juste de reconnaître que nous avons beaucoup de chemin devant nous». C'était là une déclaration habile de la part de Dominique Strauss Kahn qui ne voulait pas admettre devant un parterre de journalistes qu'en guise d'union économique maghrébine, et à ce jour, il n'existe que des dissensions entre des pays qui n'arrivent pas à faire prévaloir leurs intérêts économiques sur les différends politiques. Le FMI soutient fermement l'intégration économique maghrébine parce qu'elle représente un facteur de développement considérable assure D.S.K. Elle devrait faciliter les échanges, une plus grande circulation des capitaux et permettre la création d'une banque pour booster l'investissement et le commerce extérieur. Une union économique nécessitera des infrastructures communes aussi bien routières que maritimes et aériennes tout comme elle permettra au secteur privé de progresser et de se déployer dans un marché plus vaste.
Précisons, à ce propos, que le coût du non Maghreb calculé dans une étude réalisée par l'IACE coûte aux trois pays 10 milliards de dollars par an et 2% de croissance, sachant qu'un point de croissance revient pour un pays comme la Tunisie à garantir 20.000 emplois par an.
«Ce n'est pourtant pas si compliqué !»
Si, ça l'est M. Strauss Kahn, c'est compliqué. Car malgré l'existence d'une multitude d'éléments qui plaident en faveur de la construction d'un pool Maghreb, on ne voit rien venir. «En politique, une absurdité n'est pas un obstacle», disait Napoléon. Qu'est-ce qui empêcherait, dans ce cas, des pays que tout devrait réunir de rater l'occasion inespérée de réaliser le bien-être de leurs populations et matérialiser des projets économiques d'envergure dans une zone de la planète où il existe des potentialités considérables aussi bien humaines que naturelles et qui se ressemblent tant au niveau de l'histoire que de la géographie ?
Ce sont tout simplement des absurdités politiques et qui, dans nos pays, M. Napoléon, sont des obstacles !
Le grand Maghreb économique est-il pour autant lettre morte ? Non. Pas vraiment, réponds le directeur général du FMI, «la Tunisie et la Libye ont fait de belles avancées en matière d'ouverture tant au niveau de la convertibilité de la monnaie que des échanges commerciaux. L'exemple devrait être généralisé et aller dans d'autres directions».
Il ajoute: «J'ai fais des propositions concrètes lors de la dernière réunion, le problème est que ce n'est pas moi qui les mets en œuvre. La banque maghrébine pour l'investissement extérieur est sur les rails depuis un certain temps déjà, elle n'arrive pas à décoller. Elle serait pourtant un élément très important pour le soutien de l'activité économique dans la région du Maghreb. Les pays maghrébins ont conclu avec l'union européenne des accords commerciaux et des clauses préférentielles d'échanges …mais entre eux il y a toujours des droits de douane, c'est quand même pas très compliqué de concevoir que le libre échange peut s'appliquer à eux-mêmes ! ». Et il n'y a pas que cela, les infrastructures et notamment les autoroutes sont des projets dont on parle depuis longtemps, la liaison entre Tunis et Tripoli aurait dû progresser, ce n'est pas le cas à ce jour.
Le FMI, assure son directeur général, peut aider lorsqu'il y a des entraves d'ordre économique, financier, ou même lorsqu'il s'agit de réaliser des études mais pas lorsqu'il s'agit de politique et c'est «désemparant». L'exemple le plus éloquent reste pourtant celui des pays européens qui se sont entretués pendant deux guerres et ont fini par comprendre que l'on peut dépasser les divergences politiques par les relations économiques et pour préserver les intérêts de leurs populations respectives. L'euro a été la consécration de cette union, les problèmes politiques ont pu être résorbés. «Ce que je propose, déclare M. Kahn, est d'essayer de traiter les problèmes économiques en dehors des litiges politiques et de discuter politique indépendamment de l'économique».
Tout n'est pas noir
Ceci dit, tout n'est pas noir, les prévisions du FMI qui, pour 2009, ne sont pas très optimistes, s'agissant de la plupart des pays du monde le sont pour les pays du Maghreb «qui ne sont pas énormément intégrés à la finance internationale et dont les ressources propres, qu'il s'agisse des activités industrielles, agricoles ou touristiques sont assez fortes».
Concernant la Tunisie et grâce à l'optimisation de sa gestion macroéconomique, on peut considérer qu'elle va bien. Elle pourra garder un taux de croissance élevé en 2009. «Elle perdra sans doute un point, un point et demi de croissance comme d'autres pays». Elle ne pourra pas y échapper mais en tant que pays maghrébin doté d'une bonne gestion, elle devrait pouvoir traverser la prochaine période sans trop de vagues, estime M. Kahn.
La politique économique entreprise en Tunisie est très positive, les progrès sont réels et à ce titre, elle bénéficierait plus que d'autres du processus d'intégration économique. La convertibilité totale du dinar ne devrait pas poser de problèmes pour l'économie tunisienne car comme le dit D.S.K, «la Tunisie est arrivée au stade des économies qui peuvent ouvrir leurs comptes capital, ce qui veut dire en clair s'ouvrir aux entrées et aux sorties des capitaux sans craindre les effets déstabilisants».
Eh non. Nous n'en sommes pas encore là, ne dit-on pas «qui trop se hâte reste en chemin» ? La Tunisie, qui prône toujours le principe de «prudence est mère de toutes les sûretés» ne convertira pas son dinar de sitôt. Du moins pas avant d'être sûre qu'une autre crise de subprimes ne jaillira pas de nulle part et menacera son équilibre financier. Attendons voir.
Le pire n'est pas sûr
«Tout ce que je demande aux politiques, c'est qu'ils se contentent de changer le monde, sans commencer par changer la vérité», disait Jean Paulhan. Le FMI a-t-il failli à son rôle ? Celui de surveiller, de contrôler le système financier international, dénoncer les abus et dire la vérité ? «A ceux qui reprochent au FMI de ne pas avoir vu venir la crise, il faudrait revenir aux prévisions du FMI au printemps 2007, le GFSA, celle d'avril 2007, où on parle des risques des supbrimes, mais il faut toujours des boucs émissaires, n'est-ce pas ?». Oui M. le directeur, mais vous n'avez pas précisé que cela pouvait se répercuter sur la sphère économique réelle et les crises financières, on en a vu d'autres… M. Strauss Kahn prône une meilleure écoute du FMI dans ses alertes précoces même s'il ne croit pas à la mise en place d'un grand régulateur mondial «Beaucoup de pays y sont opposés et ça n'aboutirait pas. Je pense que le FMI devrait pouvoir exercer de fait son rôle de surveillant et de superviseur. Le «FSAP», les études spéciales menées par le FMI dans le domaine financier qu'on réalisait auparavant «dans les pays qui le voulaient bien pour détecter les vulnérabilités du secteur financier ont été généralisées à l'ensemble des pays. Cette décision a été prise lors du dernier sommet du G20, les Etats-Unis n'ont jamais été soumis au FSAP».
Selon le directeur général du FMI, la réforme du système monétaire international est utile à plus d'un titre, car elle permettrait au Fonds d'exercer ses attributions de la meilleure manière qui soit pour qu'il puisse assumer son rôle de garant de la stabilité financière internationale. Des groupes de travail devraient aboutir à des propositions pour sa réforme et qui seront examinées, dans quatre mois, lors du sommet de Londres.
Le dernier sommet du G20 revêt, selon D.S.K, un caractère historique, d'abord parce que c'est la première fois que les 20 se réunissent au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement et parce qu'on y a pris des décisions qui devraient aider à amortir les effets de la crise. Ainsi, il a été décidé d'évoluer vers un soutien budgétaire concerté à la relance économique, de mettre en place des réformes de fond en matière de régulation et de réglementation du secteur financier et de renforcer la supervision du secteur bancaire par le FMI. Demain, l'ensemble du champ d''activité financière allant des banques aux hedges funds et passant par les paradis fiscaux seront mis sous le chapeau d'une supervision mondiale.
Et l'Afrique ? A-t-elle voix au chapitre ?
Et moi, et moi, et moi ? C'est un refrain que devrait fredonner assez souvent le continent africain, ce marché où tous les pays du monde viennent écouler leurs marchandises, des armes aux produits de consommations courantes, aux produits industriels… La liste est longue… Il paraît que son PIB ne lui donne pas droit à une place importante dans les instances internationales et comme l'économique détermine le politique… Mais passons…L'Afrique était quand même présente par le biais de l'Afrique du Sud, a-t-elle eu un pouvoir décisionnel ? Ce n'est pas sûr. Il est évident qu'on risque de trouver peu d'Africains parmi les 20 premiers PIB de la planète car pendant que les pays africains s'entretuent, ceux qui leur vendent les armes développent leurs économies pour réaliser les 80% du PIB planétaire. Mais qu'à cela ne tienne, le FMI est là pour défendre leurs intérêts, déclare Dominique Strauss Kahn, rassurant : «Les instances multilatérales comme celle que je dirige sont plus représentatives de l'ensemble des pays de la planète parce qu'il y a 185 pays et que tous ces pays ont les moyens de s'y exprimer. La présence du FMI à la réunion du G20 est un moyen de garantir indirectement la présence des pays africains, latino-américains et asiatiques. La voix des organisations internationales comme le FMI, la Banque mondiale, sont le moyen de traduire les préoccupations». Peut-être que le F.M.I devrait partager ce poids assez lourd avec la Banque mondiale qui regorge de liquidités.
Qui dit mieux ?
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