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Tunisie Textile - Daniel Harari, DG de Lectra : «L'essentiel est de créer de la valeur»
Publié dans WMC actualités le 01 - 01 - 2010

Un séminaire sur la relance du partenariat tuniso-français dans le secteur textile-habillement a été organisé, récemment, à Tunis, par la Chambre tuniso-française de commerce et d'industrie (CTFCI).
Point d'orgue de cette manifestation, la communication faite par M. Daniel Harari, directeur général du groupe français Lectra, fournisseur de technologies sur «le rôle de la technologie dans l'amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes».
M. Daniel Harari estime que l'essentiel consiste certes à adopter, au bon moment, la bonne technologie pour ne pas être distancé, mais surtout à se poser avant tout de bonnes questions, à créer de la valeur, à être créatif, à engager une chasse sans merci contre des erreurs et défauts et à valoriser ses propres atouts (réactivité, proximité pour le cas de la Tunisie …).
M.Harari pense que 70% des coûts se jouent dès la création et le design du produit.
Pour en savoir plus sur cette approche, Webmangercenter a interviewé M. Daniel Harari. Entretien.
Dans votre communication, vous avez dit que les entreprises tunisiennes sont à la fois bien équipées et peu équipées…
Daniel Harari : Les entreprises tunisiennes sont bien équipées en outils correspondant aux besoins historiques de la Tunisie qui était dans sa grande majorité, la sous-traitance. Globalement, les petites et grandes sociétés sont équipées de machines de découpe et de logiciels standards de production. La tendance, depuis quelques années, c'est une évolution vers des logiciels à valeur ajoutée mais qui reste dans le domaine de la production.
En même temps, les entreprises tunisiennes sont très peu équipées en logiciels, notamment, en ce qui concerne la partie créative. Parce qu'au départ, tout le monde s'est concentré sur la meilleure façon de fabriquer et de livrer des produits pas chers.
Il y a toute une partie de la production pure, c'est-à-dire des outils de coupe essentiellement, qui est très fortement développée en Tunisie et toute la partie chaîne de création et le travail collaboratif qui est très faible.
Que recommandez-vous ?
Tout simplement, l'accent doit être mis sur la partie logiciel à forte valeur ajoutée. Aujourd'hui, c'est dans les logiciels qu'il y a de la valeur plus que dans les machines de coupe. Les plus grosses évolutions ont été réalisées, ces dernières années, dans les logiciels de pilotage. Conséquence, les plans de technologie à adopter devront prévoir, en amont, beaucoup d'investissements dans les logiciels et la disponibilité au sein des entreprises textiles, d'ingénieurs capables de comprendre la technologie pour l'implémenter.
Il s'agit aussi de chercher une collaboration au niveau des meilleures pratiques en louant les services de stylistes free lance, de bureaux de style français et italiens.
Il est également vivement recommandé de gagner en compétence en établissant des relations de partenariat avec des entreprises européennes.
Je crois que ce sont là des éléments essentiels pour immuniser la filière.
Lectra, en sa qualité de fournisseur de technologies, répond-elle à ce besoin ?
J'en suis persuadé. C'est pour cela que nous sommes devenus le numéro un mondial. La qualité de notre savoir nous donne assez d'avance par rapport à nos concurrents. Faut-il le rappeler, notre budget de recherche est cinq fois plus élevé que celui de notre concurrent principal. La différence, nous l'avons fait par nos logiciels et par le fait qu'on s'est concentré sur la création de valeurs autour du design et du processus de développement de produits collaboratifs.
Voudriez- vous nous présenter une de vos technologies ?
Je vous citerai la toute dernière version de solution de gestion du cycle de vie de produit Product Lifecycle Management (PLM). Cette solution, PLM de Lectra, présente l'avantage d'associer des outils de design et de développement, conçus spécialement pour la mode, à des fonctions qui permettent de gérer l'intégralité du cycle de vie des collections.
Lectra Fashion PLM a été spécialement pensée pour soutenir les marques et distributeurs qui veulent proposer à leurs clients des collections de qualité au bon moment et au plus près des tendances. Cette solution logiciel, puissante, modulaire et évolutive, repose sur des applications intégrées et des services associés et développés. Elle permet d'optimiser la rentabilité des collections, saison après saison, et de fiabiliser la production.
Et pour ne rien oublier, le PLM Lectra fédère l'ensemble des contributeurs autour de la dernière version à jour du produit en cours d'élaboration et les utilisateurs accèdent de façon sécurisée à un référentiel de données centralisé. Ainsi, les palettes de saison, les données de patronage et les tableaux de mesures sont ainsi mutualisés, ce qui facilite la communication, réduit considérablement le risque d'erreur et contribue à maintenir la qualité.
Votre technologie est universelle. Elle est vendable partout. Les concurrents chinois peuvent l'acquérir autant que les tunisiens. Selon vous où réside l'avantage compétitif pour les textiliens tunisiens ?
Les Chinois ont les avantages d'une société chinoise et les Tunisiens ont les avantages d'une société tunisienne. En d'autres termes, chaque pays a ses atouts intrinsèques.
Par exemple, les Chinois n'ont pas l'avantage de la proximité du plus riche marché du monde, l'Union européenne.
Globalement, je voudrais dire que sans la technologie, tout le monde est distancé. Le métier de Lectra, c'est de développer des technologies qui sont d'une utilisation mondiale. Après, c'est à l'utilisateur de cette technologie de se positionner.
Pour établir un parallèle entre Tunisiens et Chinois, je pense qu'une des caractéristiques de nos clients chinois, c'est qu'ils sont soit très bien équipés soit pas du tout. En fait, on a un petit nombre de sociétés en Chine qui sont très bien équipées et un grand nombre qui ne l'est pas.
En Tunisie, un grand nombre de textiliens locaux est moyennement équipé. Ils sont mieux dotés que la plupart des entreprises chinoises en termes de technologie.
Quelle est la recette idéale pour exploiter au mieux le facteur de proximité ?
La distribution a toujours tendance à exiger de ses fournisseurs du Sud des prix bas. Je pense que c'est une erreur de raisonnement. Le risque est de voir le textilien du Sud de la Méditerranée se dire «si je ne réponds pas à cette exigence, je suis en dehors du marché». C'est une erreur.
Personnellement, j'estime qu'en acceptant de travailler avec des marchés très bas et des prix très bas, les fournisseurs se mettent justement en dehors du marché. Ils choisissent, dans ce cas, une mort lente plutôt qu'une mort rapide.
La solution consiste à réagir, et pour réagir il ne faut pas pleurer et se plaindre des distributeurs qui font leur métier en exigeant des prix bas.
Il faut simplement réagir en proposant de la valeur de façon à pouvoir justifier la qualité du produit proposé. A un certain moment, les gens de la distribution doivent être amenés à comprendre tout l'intérêt qu'ils peuvent tirer d'une commande à quinze jours qui n'a pas la même valeur qu'une commande à six mois.
Le fait de pouvoir réagir vite et de répondre vite ça vaut de l'argent. Il faut simplement pouvoir le valoriser. D'une manière générale, à un moment il y a un prix de marché et ce prix de marché n'est pas le même selon la valeur qu'on apporte.
Pour le cas de la Tunisie, les atouts sont nombreux. Une entreprise tunisienne doit se battre avec les atouts d'une entreprise tunisienne. S'agissant de l'atout de la proximité, la Tunisie n'est pas en concurrence ni avec la Chine ni avec un autre pays du Sud asiatique. C'est une erreur que de le penser. Elle est en concurrence plus avec une entreprise turque, polonaise ou roumaine qu'avec une entreprise chinoise.
Dans votre communication, vous avez dit tout va changer mais vous n'avez pas dit comment ça va changer ?
Parce que, justement, je pense qu'en apportant des réponses, personne ne les écoute. A mon avis, il faut commencer par se poser les bonnes questions. A ce moment, tout le monde cherche des réponses et les choses changent. Par exemple, une des questions qu'il faudrait se poser c'est de voir dans quelle mesure un textilien peut accroître sa marge de 20% à 40%. Pour atteindre cet objectif, il faut impérativement créer de la valeur, faire preuve de créativité et engager la chasse aux défauts et erreurs.
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A propos de Lectra
Lectra est le numéro un mondial des solutions technologiques intégrées (logiciels et équipements de CFAO, services associés) dédiées aux industries utilisatrices de matériaux souples : textiles, cuir, tissus industriels et matériaux composites. Ses solutions couvrent un ensemble de processus métiers et permettent d'automatiser, de rationaliser et d'accélérer la création, le développement des produits et la production.
Avec un effectif de 1.500 personnes, Lectra accompagne 23.000 clients dans plus de 100 pays. Ils évoluent dans de grands marchés sectoriels mondiaux, aussi vastes que la mode (habillement, accessoires, chaussure), l'automobile (sièges et intérieurs de véhicules, airbags), l'ameublement, ainsi qu'une grande variété d'autres industries (l'aéronautique, l'industrie nautique, les éoliennes ou les équipements de protection des personnes).
Grâce à sa passion pour l'innovation et aux relations de long terme, créatrices de valeur, qu'elle entretient avec ses clients, Lectra leur permet de faire face à la demande de renouvellement de plus en plus rapide de leurs modèles, de redoubler de créativité et de flexibilité, et de produire plus vite, mieux et à moindre coût, pour être plus compétitifs.
Pour le marché de la mode, son domaine de compétences couvre toute la chaîne de valeur et intègre l'optimisation des processus et la gestion du cycle de vie des collections. Lectra bénéficie ainsi d'un positionnement unique sur le marché du PLM (Product Lifecycle Management), grâce à sa solution spécifiquement conçue pour cette industrie, s'appuyant sur son expertise issue de plusieurs décennies d'expérience partagée avec ses clients.
Créée en 1973 et basée en France, Lectra a réalisé un chiffre d'affaires de 198 millions d'euros en 2008. Lectra est cotée sur Euronext Paris.


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