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Reportage : Tourisme alternatif, la solution ?
Publié dans Business News le 28 - 09 - 2020

Loin du tourisme balnéaire, sur lequel la Tunisie a longtemps misé, le tourisme alternatif - nouveau cheval de bataille du ministre du Tourisme - offre de nouveaux produits répondant à une demande de plus en plus accrue. Gites ruraux et maisons d'hôtes font partie de cette nouvelle offre à promouvoir et à encourager surtout qu'elle crée une valeur ajoutée et des emplois dans des zones défavorisées. Malheureusement, les promoteurs se heurtent souvent à des lois archaïques, une administration rigide, un manque de financement et parfois même à une mentalité ultra-conservatrice des habitants.


C'est dans ce cadre qu'une visite de travail a été organisée, les 26 et 27 septembre, par le chef du gouvernement Hichem Mechichi et le ministre du Tourisme Habib Ammar justement pour visiter certains projets entrant dans cette catégorie de tourisme alternatif. Ces projets ne dépendent pas de la mer et de la saisonnalité et permettent surtout la création d'emplois et d'une dynamique dans ces régions.


Tirer avantage des richesses des localités dans lesquelles sont situés ces projets est le principal atout de tous les endroits visités, qu'ils soient encore en chantier ou déjà en activité. Si les promoteurs ont perçu du potentiel dans des endroits insoupçonnés, les écueils ont été nombreux. La majorité évoque les barrières administratives et les lenteurs qui impactent le coût, mais aussi la rentabilité du projet.
Idem pour les artisans qui ont plein d'idées mais qui souffrent du manque de financement pour les concrétiser et se battent contre les idées arrêtées et le manque d'imagination de l'administration ou des banques.


La visite a démarré ainsi à Tunis où le chef du gouvernement et le ministre du Tourisme ont honoré une dizaine de promoteurs de gites ruraux, à l'occasion de la journée mondiale du tourisme célébrée le 27 septembre. Hichem Mechichi a profité de l'occasion pour mettre en relief le tourisme rural et son rôle dans le développement régional durable en annonçant le 26 septembre "Journée nationale du tourisme rural".
« Le tourisme classique constitue l'épine dorsale du secteur touristique en Tunisie mais nous voulons renforcer l'investissement dans le tourisme alternatif ou le tourisme complémentaire, un tourisme qui vient s'ajouter à l'offre classique du produit touristique. Ce tourisme a un potentiel extraordinaire pour les régions comme le gouvernorat de Jendouba, où les ressources naturelles sont riches et attirent de nombreux touristes », a affirmé dans ce cadre Hichem Mechichi aux médias.



Après 170 km, des routes tortueuses dont certaines dans un état pitoyable, nous arrivons à notre première escale : une station thermale située à Beni M'Tir et qui a une superbe vue sur le barrage de la région. L'endroit est encore en chantier, bien que les travaux aient démarré en 2010. Une fois finalisé, et après de nombreuses complications, ce projet sera une vraie bouffée d'oxygène pour toute la région. « Le chef du gouvernement a résolu nos problématiques en dix jours », a confié Rzig Oueslati, directeur général de l'Office national du thermalisme et de l'hydrothérapie (ONTH) à la presse.
Le coût du projet est estimé à 12,5 millions de dinars. L'Etat y est actionnaire à hauteur de 41% via la ONTH et la Sodino. Le promoteur Faiez Rouissi, à travers sa société Green Hill Resorts, dispose du reste du capital.



Le projet, qui s'étend sur plus d'un hectare permettra la création de 100 emplois dont 46 emplois directs ainsi que toute une dynamique pour la région. Il permettra d'offrir des soins thérapeutiques grâce aux eaux de source de 73°C, acheminées vers la station via toute une infrastructure conçue à cet effet.
Il est composé notamment d'un hammam d'hydrothérapie moderne, de trois restaurants, d'une salle multifonctions, de deux piscines, de neuf chambres doubles, de cinq suites et de 18 chalets accueillant deux à six personnes.
Le centre table sur l'accueil de 30.000 patients et 5.000 visiteurs. En effet, les promoteurs veulent créer des activités parallèles profitant des ressources de la région (loisirs, chasse, randonnée, parcours de vie, alpinisme, etc.)
Le projet n'a pas encore pu bénéficier de toutes les autorisations nécessaires. Il reste des problématiques à régler au niveau de la Steg, de l'aménagement et de l'élargissement de la route à entreprendre.


Pour Naceur Ayari, les choses sont différentes. Lui a pu concrétiser son rêve, le gite de Dar El Karma. Mais avant que le projet ne voie le jour, le promoteur a dû faire faire face à de nombreux obstacles. Les manifestations des habitants contre son projet, la rigidité administrative surtout pour obtenir les autorisations de nettoyage et d'aménagement de l'oued Medjerda, premier atout de charme de son gîte.
Le promoteur propose à ses hôtes diverses activités : équitation, pédalo, canoë, VTT et parcours de vie. Côté nourriture, il mise sur les spécialités culinaires de la région en particulier pour le petit déjeuner (melaoui, fromage, miel, confiture, œufs et yaourt fait maison).


A l'occasion de cette visite de travail, des stands ont été aménagés dans le jardin de Dar El Karma, pour permettre aux artisans d'exposer leurs produits de les présenter au chef du gouvernement et au ministre du Tourisme et surtout de parler de leurs problèmes et des solutions susceptibles d'y remédier.
Les campeurs en ont profité pour évoquer leurs problématiques. On évoque, notamment, l'absence d'un cadre juridique qui organise le secteur du sport de montagne et tourisme écologique, la création d'une structure pour les défendre, la difficulté d'obtention des autorisations nécessaires…


« Nous avons voulu mettre l'accent sur le fait que le tourisme rural est un créneau porteur qu'on doit développer, notamment pour ces régions. En tant que gouvernement, nous devons allouer les financements nécessaires », a indiqué le chef du gouvernement à l'issue de ces rencontres.
Et d'ajouter : « Il a été ainsi décidé de créer le district artisanal de Tabarka, on vit certes dans une conjoncture économique délicate mais ces financements permettront de changer le paysage. C'est un investissement pour une meilleure rentabilité.
Ce produit touristique va permettre à cette région de travailler toute l'année et de ne pas dépendre du tourisme saisonnier. C'est un tourisme responsable qui permet un développement solidaire et ça créera une dynamique extraordinaire pour la région et le gouvernorat.
L'orientation des investissements vers ce genre de projets n'est pas une perte, même si la situation économique est difficile ».


Il faut dire que ce genre de business n'attire pas que les Tunisiens. Couleur Méditerrannée en est un exemple concret. Il s'agit d'une maison d'hôtes située au bord de la colline, offrant une vue magnifique donnant sur la mer et le fort de Tabarka, et qui a était bâtie sur un terrain nu par le couple français Véronique et Johnny Antony. Ils ont créé une magnifique maison d'hôtes avec une architecture mêlant modernité et design typique tunisien, conférant à l'endroit un charme particulier.


Pour sa part, Néji Jouini, le promoteur de Dar Ichkeul à Mateur, issu du monde de l'arbitrage sportif, a décidé d'investir pour l'avenir de ses enfants. Il a voulu créer un produit autosuffisant, dans un espace vert : une maison d'hôtes de sept suites qui produit ses propres légumes, sa propre viande, son lait et son fromage. Il a aussi une écurie. L'objectif étant d'offrir aux clients quelque chose d'atypique et de bio. Il vise une clientèle spécifique dont des ornithologues qui viennent à la réserve d'Ichkeul pour observer les oiseaux migrateurs et ambitionne de construire une seconde maison d'hôtes en bord de mer.


La visite à Jendouba a été aussi une occasion de visiter le Golf de la Cigale à Tabarka, l'un des meilleurs de la méditerranée. Un dix-huit trous dont certains qui donnent sur la mer et dont une prochaine extension est prévue. Il a dispose aussi d'un complexe sportif avec trois terrains de foot. Un autre produit qui entre dans le cadre de la diversification de produits et du tourisme alternatif.


Dans ce cadre Habib Ammar a souligné : « La ville de Tabarka a tous les atouts, entre montagne et mer. Elle a tous les éléments pour devenir une destination touristique de premier choix ».
En ce qui concerne la stratégie du ministère, il a indiqué : « Nous avons un programme à court terme qui est essentiellement basé sur le soutien des entreprises touristiques pour préserver les emplois, en cette période de Covid-19. Nous œuvrons avec plusieurs ministères pour activer les mesures de soutien mises en place par l'Etat. Nous travaillons aussi sur certains marchés où on pourra attirer des touristes, notamment les long-stay et les seniors de certains pays européens, les marchés russe et allemand outre le marché intérieur ».


En réponse à une interrogation de Business News sur sa vision, il a affirmé : « La stratégie du secteur touristique est claire : les études réalisées sont arrivées au même diagnostic, il faut diversifier le produit ».
Et de spécifier : « Un terrain de golf entre dans cette catégorie, attirant les clients en toute saison. Le tourisme rural aussi à travers les gites qui ne coûtent pas aussi cher que des hôtels mais qui attirent une clientèle ayant un pouvoir d'achat meilleur que celui du touriste balnéaire et qui permet la création de postes d'emplois dans les régions. Idem pour le tourisme saharien qui permet d'attirer les étrangers en automne et en hiver. Ce sont des produits qu'on doit développer ».


Le ministre a aussi souligné la nécessité de développer davantage le tourisme intérieur et le tourisme de voisinage, via des produits adéquats, ce qui permettra, dans un second temps, de choisir les marchés sur lesquels travailler et les prix pratiqués.
S'agissant des blocages subis par les promoteurs de ce genre de projets, il a affirmé : « On a constaté pendant la visite que les mesures administratives sont très complexes pour ces projets réalisés et qui sont en général du ressort du ministère du Tourisme et de celui de l'Agriculture. D'où est née l'idée de faire une journée de réflexion sur les blocages administratifs et juridiques qui entravent ce genre de produit qu'on veut développer et qui sera l'une de nos priorités. Elle sera organisée en coordination avec la ministre de l'Agriculture. Cette journée nous permettra d'aboutir à un ensemble de recommandations et déterminer les lois qui doivent changer et les amendements à apporter. L'aboutissement de ce travail sera soumis à un conseil ministériel avant d'être soumis à l'ARP. L'objectif étant de mettre en place un cadre juridique encourageant pour ce genre d'investissement ».


Développer le tourisme alternatif est devenu une nécessité, vu la saisonnalité et la fragilité du tourisme balnéaire. Proposer d'autres produits est un impératif, qui permettra non seulement de proposer une offre différente, mais surtout de créer une dynamique dans certaines régions et de nouveaux postes d'emplois. Ce qui est l'un des objectifs majeurs du gouvernement : assurer des revenus et une vie digne à une population dans le besoin et, en parallèle, offrir des loisirs à ceux dont le pouvoir d'achat le permet. Une stratégie gagnant-gagnant.


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