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Si elle continue comme cela, Abir finira par tuer Moussi
Publié dans Business News le 22 - 03 - 2021

La semaine a été chaotique comme les précédentes. Peut-être encore davantage. Elle a commencé par l'invasion de l'aéroport par des députés du bloc islamiste Al Karama qui voulaient forcer la police des frontières à laisser passer une Tunisienne interdite de voyage.
Comme si de rien n'était, le même bloc a eu le privilège de voir, trois jours plus tard, une de ses propositions de loi discutée en commission parlementaire, malgré son caractère frivole. Après leurs multiples tentatives de blanchir tous les suspects de terrorisme, les Karama veulent que les passeports soient désormais délivrés par les mairies. Qu'est-ce que les pouvoirs locaux ont à voir avec la délivrance d'un document national ? Allez comprendre leur logique ! Seïf Eddine Makhlouf ne veut pas de l'Etat tel qu'il est. Il veut le casser. Il l'a dit à Ben Guerdène durant sa campagne électorale. Là, il passe aux actes ! Il pense être populaire et il pense que le peuple est derrière lui avec les 169 mille personnes qui ont voté pour lui en 2019. La vérité est qu'il n'a que ces 169 mille électeurs. La majorité du peuple désapprouve totalement ses entreprises et commence à l'exécrer sérieusement. Les Tunisiens refusent totalement que l'on s'en prenne à leur Etat.
La semaine s'est achevée en queue de poisson, comme elle a commencé. Samedi, la Tunisie fêtait son LXVème anniversaire de l'Indépendance. On s'attendait, comme cela se faisait depuis 65 ans sans exception à ce que le président de la République prononce un discours. Sauf que Kaïs Saïed était aux abonnés absents. Il n'avait rien à nous dire. Même pas un communiqué de congratulations. La honte ! Honte à lui ! Les institutions de l'Etat sont en déliquescence depuis dix ans. Maintenant, on s'en prend à ses symboles-clé. J'ai vraiment honte monsieur le président ! En omettant le 20-Mars, vous n'êtes plus digne de la fonction suprême que vous occupez !

L'autre fait de la semaine s'appelle Abir Moussi et son parti, le PDL. Elle est revenue à la une de l'actualité à plusieurs reprises cette semaine.
Comme d'habitude, elle est là avec ses vidéos en direct pour dénoncer les tentatives islamistes de casser l'Etat tunisien. Elle a été ainsi la seule à s'opposer à ce que l'on penche sur la proposition d'Al Karama. Elle a également été la seule à dénoncer les conseillers parlementaires payés par l'échoppe américaine sulfureuse NDI. Une de ses députées a été physiquement agressée par un député islamiste qui lui a arraché et cassé son téléphone portable. Elle a eu un accrochage spectaculaire avec un journaliste parlementaire et elle a présidé un meeting spectaculaire samedi à Sfax.
Tout cela en une semaine ! Tout cela sans l'appui de personnes. Les soi-disant centristes, progressistes, réformateurs et anti-islamistes sont tous aux abonnés absents et aucun, parmi eux, n'aide Abir dans sa lutte (quotidienne) contre les khwenjiyas.
Samedi 20 mars 2021, son meeting de Sfax a vu la présence de milliers de personnes. Il en a été de même à Sousse il y a quelques semaines et il en a été de même à Béja.
Aujourd'hui, le PDL est le seul avec Ennahdha à pouvoir mobiliser autant de gens pour un meeting. La différence avec Ennahdha est que le PDL ne distribue pas d'enveloppes et ne mobilise pas de bus pour le déplacement de ses sympathisants. La différence, surtout, est que le PDL est un parti d'opposition.
Al Karama a beau crier sur tous les toits qu'il est populaire et que le peuple est derrière lui, il est incapable de mobiliser dix mille personnes à Sfax, à Sousse, à Kasserine, voire même à Tunis.
Rached Ghannouchi a beau faire croire qu'il est un grand orateur et un homme politique de premier plan, il est incapable de tenir debout et de mener un discours pendant deux heures sans lire une feuille. D'ailleurs, il est même incapable de lire une feuille correctement comme quand on l'a vu prononcer le mot Corona.
Il s'agit là de faits indéniables.

Cette semaine, donc, Abir Moussi a fait son show au parlement, a mobilisé des milliers de gens à Sfax, a été interdite d'accès à une réunion du bureau du parlement, a été agressée impunément une nouvelle fois, s'est mise à dos les journalistes. Le tout, toute seule, sans soutien aucun des autres forces politiques du pays.
Pour une seule dame, en une semaine, excusez du peu.
Ce que Abir Moussi ne doit pas omettre, c'est que la guerre contre les islamistes (qui devrait être aussi la guerre de toutes les forces progressistes et républicaines) exige du souffle et de la longue haleine.
Il est possible que Abir Moussi a le souffle suffisant pour mener sa bataille d'ici 2024, date des prochaines élections. Sauf que le public n'a pas ce souffle-là et ne peut plus suivre Abir dans ses batailles quotidiennes et ses vidéos en direct.
Dans notre secteur de la presse, on dit que les problèmes rencontrés par le journaliste pour confectionner son article n'intéressent pas le lecteur.
Je suis tenté de faire le parallèle avec le politique pour dire que les problèmes quotidiens rencontrés par Abir pour casser ses adversaires islamistes ne nous intéressent pas.
A un moment, il faudra qu'elle cesse de se donner en spectacle et de faire du spectacle pour que sa juste cause demeure digne d'intérêt et ne soit pas banalisée.
A un moment, il faudra qu'elle cesse de violer le droit à l'image des personnes qu'elle filme, car cela est illégal et nuit à sa cause.
A un moment, il faudra qu'elle cesse de recruter gratuitement des ennemis, comme cela est le cas avec le journaliste Sarhane Chikhaoui (un professionnel aguerri et quelqu'un de très sociable) et le SNJT.
A un moment, il faudra qu'elle cesse d'agresser les autres partis progressistes de l'opposition et adopte un langage séducteur pour les ramener à elle et lui faire confiance. Elle doit apprendre à leur parler au lieu de leur beugler.

Abir Moussi a besoin de souffle et de longue haleine. Elle a besoin d'élargir le cercle de ses soutiens et de ses amis.
Or ce que l'on voit aujourd'hui, c'est que dans sa guerre (juste) contre les islamistes, Abir Moussi est en train de s'épuiser et d'épuiser ses soutiens.
Peut-être qu'elle est une dame de fer, comme elle a été qualifiée à Sfax samedi, mais le public tunisien qu'elle est appelée à séduire n'est pas de fer.
Peut-être qu'elle est forte, mais ses soutiens ne sont pas aussi forts.
A force de lives, de cris, de mégaphone, de bagarres, de différends, de malentendus, Abir Moussi est en train de banaliser sa cause et d'offrir des cadeaux à ses adversaires. De victime, elle se transforme en agresseur. Au moins en perception. En politique, elle est sans savoir que la perception est plus importante que le fait lui-même.
Et la perception que donne Abir Moussi aujourd'hui n'est pas rassurante ou séduisante. Elle peut bien se targuer des milliers de personnes venues la voir à Sousse, Sfax et Béja. Elle peut bien se targuer d'une juste cause qu'est de combattre l'islamisme, l'obscurantisme et le terrorisme. Sauf que cela est insuffisant pour gagner une élection. Il est impératif pour elle, si elle veut gagner en 2024, de soigner son image et la perception qu'elle donne au public qui ne demande rien d'autre que d'être rassuré et de croire en un homme ou femme politique capable de le sauver.
Si elle veut brasser large et s'inscrire dans la durée, Abir Moussi a l'obligation de mettre de l'eau dans son vin et de ménager sa monture.


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