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Tunisie Les mosquées prises en otage par les intégristes
Publié dans Business News le 27 - 02 - 2012

Quelques mois après la Révolution du 14 janvier 2011 et, plus précisément depuis la période de la campagne électorale pour le scrutin du 23 octobre 2011 et jusqu'à présent, la Tunisie vit à l'heure et au rythme de faits et de phénomènes auxquels elle n'a pas été habituée, plus de cinq décennies durant.
En effet, depuis l'indépendance de la Tunisie en 1956 - n'en déplaise à Abderraouf Ayadi qui tient des propos démagogiques prétendant que la Tunisie a obtenu son indépendance le… 17 décembre 2010 – les hommes religieux se sont contentés de leur place au sein des mosquées (et encore !) et les politiciens n'ont plus « piétiné » sur les plates-bandes des Imams.
Plus encore, depuis plus de cinq décennies durant, les Tunisiens n'ont plus entendu parler de prédicateurs. C'est à peine si les adeptes des mosquées pour la prière du Vendredi assistaient à un vrai prêche de la part des Imams qui se contentaient, suite à des directives strictes, de faire l'apologie des mesures et décisions du régime en place, plus particulièrement le président de la République.
On poussait le bouchon jusqu'à imposer, chaque vendredi, le thème à traiter par les Imams de la prière du Vendredi dans les différentes mosquées du pays !
Plus de 55 ans après l'Indépendance de la Tunisie, les mosquées ont pris de nouvelles couleurs… tristes ! Ces mosquées retrouvent une vie désorganisée, une vie anarchique où des minorités font et imposent leur loi.
Nombreuses sont les mosquées qui ont été investies, de force, par de jeunes et moins jeunes barbus pour s'emparer de l'imamat et de l'organisation de la vie dans ce haut lieu du culte. Et du coup, ils deviennent incontrôlables. Personne ne sait plus ce qui s'y dit. Ou plutôt, on ne le sait que trop : des prêches violents prônant, parfois, d'une manière claire et directe, le recours à la violence et au jihad pour diffuser les préceptes de l'Islam, comprenez «leurs » préceptes.
On se rappelle que lors de la campagne électorale pour les élections de l'Assemblée nationale constituante, les Imams n'hésitaient pas à faire des prêches appelant à un pouvoir islamiste en Tunisie, ce qui était interprété, à juste titre, comme étant un appel sans équivoque à voter Ennahdha.
Des Imams « descendus » de force des « minbars » et remplacés par des individus dont personne ne sait la valeur intrinsèque ou la probité intellectuelle. Tout ce que l'on sait d'eux c'est qu'ils sont barbus et habillés à la manière des Afghans !
Certains de ces individus « improvisés » Imams sont allés jusqu'à faire l'apologie des terroristes qu'ils appelles « jihadistes » en priant Dieu d'avoir en paix l'âme des « martyrs » tués à Bir Ali Ben Khelifa. Pourtant, on sait, tous, que même le ministre de l'Intérieur, Ali Laârayedh, pur produit nahdhaoui, les a qualifiés de terroristes appartenant au réseau dit « Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
Face à des propos aussi graves pour la société tunisienne, les gens se taisent, pris par la peur de représailles. On avance des chiffres effarants quant au nombre de mosquées envahies par ces extrémistes salafistes et qui s'élève à plus de cinq cents à travers tout le pays. Ces mosquées sont devenues le lieu de prédilection de ces barbus qui imposent leurs interprétations du Livre Saint du Coran et de la Sunna du Prophète.
Ainsi, ils traitent tous ceux qui ne partagent leur vision de la religion, sans parler des modernistes, de mécréants, et ils prônent une société intégriste, retrograde et wahhabite, une société qui nous fait reculer plusieurs siècles en arrière et retomber dans une ère d'obscurantisme fondamentaliste.
Les résultats ne se sont pas fait attendre longtemps. Au contraire, de nombreuses actions tordues ont fait leur apparition un peu partout à travers le pays et les incidents se sont multipliés. On citera, notamment, les cas de la Faculté de la Manouba, de la Faculté de Sousse, de l'Institut des langues vivantes à la Cité El Khadhra, l'épisode de l'Emirat à Sejnane. Sans parler des diverses démonstrations de forces avec des manifestations, parfois imposantes, scandant des slogans terrifiants.
Le comble dans toutes ces histoires ténébreuses, est cette manie d'inviter les prédicateurs du Machreq, dont le plus illustre et le plus sinistre, a été ce Wajdi Ghenim qui n'a pas hésité à traiter les Tunisiens de mécréants sans oublier la réputation qu'il traîne en tant que partisan et adepte de l'excision féminine. Chose qu'il a confirmée en répondant à une question sur les ondes de Shems Fm.
Or, ces lieux de culte que sont les mosquées méritent tous les encouragements et leur rôle reste, à la fois, indispensable et utile, pour la société tunisienne. D'où la nécessité pour qu'elles gardent leur rayonnement et leur rôle dans la diffusion des vrais préceptes de l'Islam : la tolérance, la modération et la fraternité tout en encourageant les sciences, le savoir et le progrès.
Certains vont arguer, comme le dit Abdelfattah Mourou, que cette émergence des barbus extrémistes trouve son origine dans le vide religieux amorcé sous l'ère Bourguiba qui a mis fin aux prérogatives de la mosquée de la Zitouna qui constituait un véritable pôle islamique sur tout le Maghreb et rivalisait même avec El Azhar de l'Egypte.
Oui, donc, à des mosquées florissantes, mais se limitant à son rôle de culte quotidien et de prêche, notamment le vendredi, dans un esprit de modération et de juste milieu.
La grande question qui se pose est cette attitude du pouvoir en place où le parti islamiste d'Ennahdha est largement majoritaire. En effet, aucune prise de position claire et franche pour condamner ces agissements. Aucune décision pour redonner aux mosquées leur rôle de prédilection initial.
Au contraire, on assiste à des déclarations évasives et floues laissant la porte ouverte à tous les abus et autres dépassements. Encore du grand art consacrant, d'une manière pernicieuse, l'approche du double langage.


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