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Les blanchisseurs de l'Histoire existent des deux côtés M. Dilou !
Publié dans Business News le 28 - 10 - 2012

Dimanche dernier, sur le plateau d'Hannibal TV, le comédien Lotfi Abdelli a « offensé » Samir Dilou, ministre des Droits de l'Homme, avec un message au second degré. Le comédien n'a prononcé aucun mot déplacé ni fait de geste inconvenant, il a juste insinué quelque chose que le ministre a bien compris.
Non dénué de tact politique, loin de là, Samir Dilou a pris la balle au bond pour se lancer dans une diatribe visant certains médias et certains artistes qui cherchent à blanchir l'Histoire. Ceux-là mêmes qui faisaient du zèle dans les louanges à l'ancien régime et qui font, aujourd'hui, du zèle dans la critique du pouvoir.
Rien dans les propos de Samir Dilou n'est faux. Tout ce qu'il a dit est avéré. Aujourd'hui, après la révolution, il n'y a aucun héroïsme à tirer en tournant en dérision un ministre ou en dénigrant systématiquement le pouvoir en lui cherchant, constamment, la petite bête.
Paradoxalement, et bien que tout ce que dit M. Dilou soit exact, ses propos sont trompeurs. Il a profité de l'occasion pour se placer, encore une fois, dans la position d'une victime sur laquelle on s'acharne injustement.
Là où M. Dilou se trompe, ou essaie de tromper plutôt car il n'est pas du style à se tromper sur de pareils points, c'est lorsqu'il qualifie ces critiques et ces caricatures de tentatives de blanchiment de l'Histoire.
Bien imprégné de la culture occidentale, le ministre sait parfaitement que dans une démocratie ordinaire, les personnalités au pouvoir sont tout le temps la cible des médias, des artistes et des critiques. Il n'y a pas d'héroïsme à tirer, ni de blanchiment de quoi que ce soit, il y a juste des médias et des créateurs qui essaient de faire leur travail correctement, autant que faire se peut.
Remonter l'opinion publique contre ces médias et ces artistes est une manière, pour M. Dilou, de se blanchir et de blanchir les siens.
On ne peut lui reprocher d'attaquer les médias et les artistes, cela aussi fait partie de la liberté d'expression et de la démocratie. Mais cette démarche est, non seulement, improductive pour lui, mais elle dessert en plus les prémices de la liberté d'expression dans le pays.
D'abord, les journalistes laudateurs zélés de Ben Ali ne sont pas aussi nombreux. La majeure partie des 1200 journalistes a subi le système en se taisant ou en payant une « taxe » pour ne pas être cataloguée de l'opposition et, donc, disparaitre du paysage. C'est cette majorité qui parle aujourd'hui et qui tente de corriger son silence du passé en jurant que, plus jamais, elle ne se laissera faire par le pouvoir. Quel que soit ce pouvoir.
Quant aux plus zélés, parmi les laudateurs, ils se divisent en deux parties : ceux qui se taisent totalement en se cloîtrant chez eux et ceux qui ont retourné leur veste pour servir désormais le nouveau régime.
Tout ce beau monde cherche un nouveau protecteur, du côté du pouvoir ou du côté du lecteur. Quoi qu'il en soit, l'opinion publique est loin d'être naïve et sait parfaitement distinguer le bon grain de l'ivraie.
Mais si M. Dilou appelle ça du blanchiment de l'Histoire, prenons-le au mot et qu'on applique le terme à tout le monde.
Les médias, les créateurs et les artistes essaient de se rattraper aux yeux de leurs lecteurs après avoir failli sous Ben Ali ? Soit ! Mais qu'en est-il concernant les politiques qui gouvernent actuellement ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que de rayer d'un trait les explosions des années 80 et 90 où l'on a dénombré un bon nombre de victimes ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que d'oublier les victimes du vitriol et des poignards ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que d'essayer d'indemniser les anciens prisonniers, sans que l'on ouvre leurs dossiers judiciaires pour voir pourquoi ont-ils été condamnés à des peines aussi lourdes ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que de mettre tous les « islamistes » dans le même sac de « victime », alors que certains ont écopé de lourdes peines et que d'autres n'ont jamais été arrêtés ?
Si Sadok Chourou a été condamné à perpétuité (il a passé 20 ans de prison dont 14 en isolement) alors que Noureddine Bhiri ou Samir Ben Amor n'ont jamais été condamnés, c'est qu'il y a bien une raison à cela. N'est-ce pas un blanchiment de l'histoire que de laisser entendre que les juges distribuaient aux islamistes les années de prison et les acquittements d'une manière fortuite ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que de laisser entendre que tous les islamistes, aujourd'hui au pouvoir, sont victimes et innocents et n'ont jamais rien fait de contraire à la loi ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'histoire que d'oublier que si Ben Ali a été si despotique, c'est à cause, en partie, des islamistes qui voulaient commettre des actes terroristes, changer la nature de l'Etat et salafiser le pays en profitant de la brèche démocratique que ce même Ben Ali leur a ouverte au lendemain du 7-Novembre ?
N'est-ce pas un blanchiment de l'Histoire que de laisser entendre que les islamistes ont participé à la révolution, y compris ceux qui faisaient tranquillement leur business entre Londres et Paris et ce après juré loyauté à leur « nouveau pays » ?
Le hic avec Samir Dilou, c'est qu'il est difficile de le contrer directement. Il figure parmi ceux qui n'ont rien à blanchir, ceux qui ont réellement été victimes de l'ancien régime, ceux qui ont réellement subi ses affres, ceux qui ne se sont pas tus après les années de prison, ceux qui ont observé une ou des grèves de la faim, ceux qui ne pouvaient pas travailler normalement.
Mais c'est loin d'être le cas de tous ses « camarades » du parti et ses « collègues » du gouvernement dont une bonne partie essaie, aujourd'hui, de blanchir l'Histoire et de récupérer les dividendes d'une révolution à laquelle ils n'ont pas participé.
Les opportunistes et les blanchisseurs de l'Histoire existent des deux côtés M. Dilou !
En 2011, il y a eu une amnistie générale. Personne n'a été consulté pour décréter cette amnistie et il est hors de question de revenir dessus. Mais si cette amnistie a été décrétée, c'est pour écrire une nouvelle page après la révolution, pour une Tunisie moderne et démocratique.
Cette Tunisie ne saurait se construire sans la participation de tous ses enfants, qu'ils soient de gauche, laïcs, athées, islamistes ou salafistes.
En parcourant l'Histoire, tout le monde n'est pas blanc, mais tout le monde n'est pas noir, non plus. Ce qui unit les Tunisiens est nettement supérieur à ce qui les divise.
Noircir les uns et blanchir les autres, en fonction des intérêts partisans, ne fera avancer personne. Diviser les Tunisiens ne peut mener que vers le désastre. On est condamné à vivre ensemble, chacun se doit de supporter l'autre avec ses qualités et ses défauts.
On peut toujours remuer la boîte de Pandore, mais il faudrait, dans ce cas, ouvrir toute la boîte et non une partie.
N.B : Pensée à Sami Fehri, Nébil Chettaoui et beaucoup d'autres, sous les verrous depuis des mois, en attente de leurs procès...


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