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Tunisie - Il y a 8 ans, islamistes et laïcs se battaient sous la même bannière
Publié dans Business News le 17 - 10 - 2013

Difficile de croire qu'il y a 8 ans, jour pour jour, islamistes et laïcs ont pu se rallier à une cause commune et militer côte à côte rangeant leurs différences au placard. Le collectif du 18 octobre 2005, ayant rassemblé 8 cadres de partis politiques et d'associations tunisiennes de différentes obédiences, avait entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer les bavures benaliennes sur l'ensemble des sphères du pays. Si les similitudes entre les deux époques sont faciles à établir, force est de reconnaître que cette alliance éphémère n'est plus de mise aujourd'hui…
L'année 2013 a été marquée par un important élan contestataire où l'opposition s'est mobilisée pour critiquer les débordements du pouvoir en place et le blocage politique actuel. Manifestations et contre-manifestations se sont succédées au milieu des esbroufes des membres du clan au pouvoir et des bourrades des opposants, attisant davantage les tiraillements politiques et scellant les conflits et les désunions.
Le Dialogue national, grande actualité du moment, est présenté comme ultime lueur d'espoir à la crise ambiante. Simplement, alors même que ses travaux effectifs n'ont pas encore commencé, l'opposition tunisienne appelle à l'organisation de mouvements populaires contre le pouvoir, dans l'ensemble des régions du pays. Le 23 octobre prochain, date du deuxième anniversaire des élections des députés de l'Assemblée nationale constituante, sera marqué par les contestations de l'opposition contre le retard des travaux du Dialogue national, dont elle fait porter la responsabilité au parti au pouvoir. Parti au pouvoir qui chercherait à « manœuvrer pour gagner du temps afin de passer outre ses promesses et aggraver davantage la crise politique actuelle ». Il faut reconnaître que les manœuvres, engagées par Ennahdha autour de la signature de la feuille de route imposée par les organisations parrainant le dialogue, ont réduit, encore, le climat de confiance, déjà fragile, laissant présager que son issue est, d'ores et déjà, compromise.
Aujourd'hui réunis autour de la même table, opposition et pouvoir ne semblent pourtant pas très enclins aux consensus. Le Front du Salut, coalition hétéroclite de l'opposition, menace de sortir son arme lourde : les mouvements de rue, dernier arsenal de guerre en poche. Attitude qu'Ennahdha s'empresse de condamner : « Ils veulent faire de ce jour de fête, une sombre journée de chagrin », l'opposition, de son côté, accuse le parti au pouvoir de manœuvrer pour garder les rênes, le plus longtemps possible.
On ne manquera pas de rappeler que les retards, cumuls, dans les échéances de la rédaction de la Constitution ont été marqués par une flagrante absence de consensus, entre autres amateurisme et absentéisme, entre islamistes, leurs alliés et l'opposition. D'importantes manifestations ont marqué cette année, notamment, celle du 7 septembre, à l'occasion du 40ème jour suivant l'assassinat du député de l'opposition Mohamed Brahmi, ainsi que le rassemblement en hommage à la journée de la Femme, le 13 août dernier. Toutes deux suivies de contre-manifs des partisans du pouvoir sortis en nombre clamer leur sacrosainte légitimité et contrecarrer « l'ampleur » du camp adverse. Toutes pour défendre le pouvoir en place, en mal de légitimité et affaibli par des débats houleux à l'hémicycle ainsi qu'un exercice de pouvoir qu'il n'a pas su relever. La Troïka au pouvoir s'effrite et au sein même de l'opposition, les partis se font et se défont.
Pourtant, pas plus tard qu'en 2005, laïcs et islamistes militaient côte à côte, autour de la même cause : la lutte contre la répression de Ben Ali. L'opposition hétéroclite aujourd'hui, n'a jamais été aussi soudée qu'en cette année 2005, où, en marge du SMSI (Sommet mondial sur la société de l'information), occasion en or pour ébranler l'opinion publique nationale et internationale, a été organisée l'action du « collectif du 18 octobre ». Les deux camps se sont alliés pour revendiquer des droits qui leurs servaient à tous les deux, indifféremment : liberté de la presse et de l'information, droit à la constitution de partis et d'associations, libération des prisonniers politiques, dont Mohamed Abbou, et promulgation d'une loi d'amnistie générale. Le collectif du 18 octobre, qui avait rassemblé des leaders de partis politiques, à l'instar de Ahmed Néjib Chebbi, secrétaire général du PDP, Hamma Hammami, porte parole du POCT, Abderraouf Ayadi, secrétaire général du CPR, mais aussi des présidents d'associations, tels que Mohamed Nouri, président de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques, Ayachi Hammami, président du Comité de soutien à Mohamed Abbou et secrétaire général de la section de Tunis de la LTDH, Samir Dilou, membre du bureau de l'AISPP et du Comité de défense de Mohammed Abbou, Mokhtar Yahyaoui, magistrat et président du Centre pour l'indépendance de la justice, et Lotfi Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens. Cette alliance bien qu'éphémère a réuni, pendant des jours, laïcs, islamistes, nationalistes, modernistes et communistes autour d'une seule cause, la lutte contre la dictature, une action radicalisée suite à l'incarcération abusive de Mohamed Abbou.
A l'époque, en dépit des critiques formulées contre le pouvoir tunisien et des fortes pressions policières exercées sur les grévistes, de nombreux acteurs de la société civile et de la scène politique démocratique se sont ralliés à cette cause et l'ont soutenue, aussi bien en Tunisie qu'à l'international.
Aujourd'hui, 8 ans après, la dictature de Ben Ali a cédé la place au règne des islamistes, et le RCD, ennemi commun, à une pléiade de formations politiques, parfois aussi hétérogènes qu'aberrantes, fruit d'une démocratie non encore assumée. Ceux-là mêmes qui militaient hier tiennent les rênes du pouvoir, aujourd'hui et la donne est inversée. L'opposition, plus divisée que jamais, peine à trouver des moyens de pression efficaces contre le pouvoir actuel, désormais peu soucieux des droits pour lesquels il militait autrefois. Le pacte de confiance est rompu depuis des mois, place aux calculs partisans et aux stratégies machiavéliques pour s'accaparer le pouvoir et faire main basse sur les rouages de l'Etat.
Renverser l'ancienne dictature, communément admise, s'avère être un exercice plus aisé que celui de se dresser contre un règne soutenu par des partisans, médias, classe politique nationale et Etats étrangers. Le salut viendra-t-il de l'union ? L'idée même est dérisoire, à l'heure où au sein du Dialogue national, où les deux camps sont réunis, la hache de guerre n'est pourtant pas enterrée et les deux ennemis affutent leurs armes en vue d'un éventuel affrontement. Ennahdha assure ses arrières et négocie habilement en vue de s'éterniser au pouvoir, alors que l'opposition, blasée des résultats du premier Dialogue national et des récents tiraillements, reste sur la défensive…


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