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Acharnement d'Ennahdha à voir la Constitution porter l'empreinte d'Ali Laârayedh
Publié dans Business News le 17 - 01 - 2014

Alors que les débats sur la Constitution tunisienne passent depuis quelques semaines à la vitesse grand V, Ennahdha affiche ses cartes et affirme son attachement à ce qu'Ali Laârayedh, chef du gouvernement démissionnaire issu de ce parti, appose son empreinte sur la version finale. Pour l'histoire.
Le futur gouvernement de Mehdi Jomâa devra être officiellement constitué dans un délai ne dépassant pas le 24 janvier, mais les débats à l'ANC prennent du retard face aux disputes politiques. Ennahdha affirme sans détour : Nous n'accorderons notre confiance à ce nouveau gouvernement qu'une fois la Constitution finalisée. Tout un programme !

« Ennahdha reste attaché à ce que ce soit Ali Laârayedh qui signe la future Constitution tunisienne », c'est ce qu'a déclaré le député nahdhaoui à l'Assemblée nationale, Abdelmajid Najar, à Mosaïque Fm, le 16 janvier. Ali Laârayedh a déjà présenté sa démission au président de la République, Moncef Marzouki, le 10 janvier, et pourtant, cette démission effective tarde à venir. Elle reste tributaire, en effet, de la formation du nouveau gouvernement de Mehdi Jomâa. Selon les dispositions de la petite Constitution, l'article 19 relève que si le chef du gouvernement est démis, son départ ne prend effet qu'après la désignation du futur chef de cabinet qui se fera selon «les procédures prévues à l'article 15» et la prise de fonction du nouveau gouvernement. Dans un délai ne dépassant pas 15 jours, le futur chef du gouvernement devra former son cabinet et préparer son programme en en informant le président de la République.
Par la suite, une plénière sera convoquée par le président de l'Assemblée nationale « au plus tard trois jours à compter de la date de formation du gouvernement, pour approbation à la majorité absolue des membres », soit, donc, 109 députés.
Et c'est à ce moment là qu'Ennahdha intervient. Parti majoritaire à l'Assemblée nationale, le parti islamiste fait part de sa volonté de ne pas accorder sa confiance au gouvernement de Mehdi Jomâa, si la Constitution n'est pas finalisée. « Ce n'est pas encore une position officielle, mais elle pourrait l'être », précise le député Abdelmajid Najar à la même source. Tout devra donc être mis en œuvre pour que la future Constitution porte la marque d'Ali Laârayedh.
La Constitution devait être prête à la date symbolique du 14-Janvier, troisième anniversaire de la Révolution tunisienne. Mais elle traine en longueur. Sur le banc des accusés : les tiraillements et disputes politiques qui font loi au sein de l'hémicycle. Ennahdha accuse l'opposition de retarder le processus délibérément dans le but de voir les travaux de la Constitution rattrapés par l'investiture officielle de Mehdi Jomâa au poste de chef du gouvernement. Ainsi, son nom sera apposé à ce projet pour l'histoire. En effet, certains chapitres discutés en commission des consensus se sont vus remettre sur le tapis aujourd'hui et leurs discussions pourraient durer encore assez longtemps.
Mais en théorie, le projet final de la Constitution devait être initialement finalisé le 23 octobre 2012, soit il y a plus d'un an. Mais les absences à répétition, les débats à rallonge sur des sujets qui sont loin de générer des consensus et les différents événements politiques qui se répercutent sur le travail des députés, ont été derrière ce retard.
Aujourd'hui, peu importe si les différents délais fixés sont dépassés, les Nahdhaouis affirment que la Constitution devra impérativement porter la marque d'Ali Laârayedh. Pour ce faire, les débats passent à la vitesse supérieure, quitte à bâcler certains articles ou chapitres entiers. Ce qui devait être fait dans plusieurs mois, prend aujourd'hui quelques semaines à être voté. On assiste désormais à des plénières qui s'éternisent jusqu'après minuit pour certaines et à une tension palpable au sein de l'hémicycle où les diatribes enflammées passent aux agressions verbales et même physiques entre élus.
Hier, des élus du mouvement Ennahdha ont signé une motion de censure contre Mustapha Ben Jaâfar accusé de ralentir le processus constitutionnel et de « ne pas respecter sa fonction de président ». Les députés d'Ennahdha ont demandé à ce qu'une plénière soit organisée de suite afin de voter les articles 103, 109 et 112, qui sont loin de faire consensus. Des articles relatifs au chapitre du pouvoir judiciaire qui agitent le secteur des magistrats depuis des semaines.
Hier également, l'article 108 a été voté à la hâte et contre la volonté de nombreux députés de l'opposition. Le président du bloc parlementaire d'Ennahdha, Sahbi Attig, avait déclaré : « ça ne sert à rien de s'éterniser, tant qu'il n'y a pas d'enjeu politique sur cet article, autant le voter et y revenir après », histoire de gagner un temps précieux.
De son côté, le gouvernement de Mehdi Jomâa dispose encore d'une semaine pour être constitué, la dead-line étant le 24 janvier. Alors qu'il avait annoncé que son équipe gouvernementale serait aisément constituée en trois jours, les tractations vont bon train aujourd'hui et les noms des futurs ministres agitent les débats sur les médias et réseaux sociaux. Une chose est sûre cependant, un véritable lobbying est en train d'être fait pour qu'un personnage clé du gouvernement Laârayedh fasse partie de l'équipe ministérielle de Mehdi Jomâa. Lotfi Ben Jeddou, actuel ministre de l'Intérieur ayant à son actif de nombreuses bourdes et incidents sécuritaires, semble être le grand favori du moment et une grande campagne de propagande est organisée par les médias proches du pouvoir.
On affirme que Mehdi Jomâa devra garder Lotfi Ben Jeddou à la tête de ce ministère clé afin d'en garantir le bon fonctionnement et d'éviter la perte de temps occasionnée par un nouveau ministre qui passera des mois à s'y adapter.
Rached Ghannouchi, leader d'Ennahdha, a affirmé sur les ondes de Shems Fm, jeudi 16 janvier, que la prestation de Lotfi Ben Jeddou, à la tête du ministère de l'Intérieur, a été très bonne et qu'il est « dans l'intérêt du pays qu'il soit reconduit ».
Montassar Materi, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats des forces de sécurité, a déclaré hier, dans une intervention téléphonique sur la chaîne Nessma Tv, que si les forces de sécurité manifestent aujourd'hui leur soutien à Lotfi Ben Jeddou au poste de ministre de l'Intérieur, ce n'est pas pour « la beauté de ses yeux », mais pour préserver l'intérêt général du pays.
Pourquoi tant d'acharnement de la part des islamistes et de ses proches alors pour garder Ben Jeddou ?
Force est de constater cependant que l'ensemble des partis politiques, en dehors d'Ennahdha, appellent à ce que le gouvernement de Mehdi Jomâa soit formé uniquement de « têtes fraîches » et qu'aucun ministre du gouvernement démissionnaire de Laârayedh ne soit reconduit, de peur de revenir au point de départ.
Il importe peu, aujourd'hui, de connaître les délais dans lesquels le nouveau gouvernement sera formé et la Constitution, finalisée, une chose est sûre, c'est qu'Ennahdha fera tout pour que la Constitution portera l'empreinte d'Ali Laârayedh. Pour l'histoire, et pour marquer cet « énorme accomplissement » réalisé sous le règne d'Ennahdha…


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