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Révolutionnaires de la dernière heure : l'imposture !
Publié dans Business News le 05 - 03 - 2014

La révolution du 14 janvier 2011 a enfanté la dignité, la liberté et l'aspiration à de lendemains meilleurs. C'était beau, c'était idyllique jusqu'au moment où, comme dans toute relation amoureuse, les défauts commencent à faire surface. Au final, ce n'était pas si beau ni si idyllique que cela en avait l'air. Dans le cas de la fabuleuse histoire d'amour entre la révolution et les Tunisiens, le défaut le plus esquintant des contours d'une vraisemblable toquade, c'est la hâblerie.
La révolution du 14 janvier 2011 était d'une beauté, paraît-il, que nombreux ont été à vouloir la séduire et jouer aux complaisants et aux gentlemans. Cela donnait tellement fière allure que s'autoproclamer « révolutionnaire » relevait du devoir et procurait un reluisant laissez-passer pour être propulsé sur la scène de l'héroïsme national. Mais encore, s'autoproclamer « révolutionnaire » c'était vendeur et accrocheur : dans une Tunisie post-révolution, il est une soif abyssale d'héroïsme, de manifeste de bravoure, du sens du sacrifice et du dévouement à la patrie. Jolie brèche ! C'est alors que des avisés et malins de la dernière heure se sont agrippés aux filets de la révolution pour s'autoproclamer « révolutionnaires ».
Les Ligues de la Protection de la Révolution (LPR) : une association qui a bénéficié de l'autorisation des autorités de tutelle lors du gouvernement Béji Caïd Essebsi. Une association qui a profité de la brèche pour s'octroyer un caractère légal et sévir en toute impunité. Peu de temps après, ces mêmes LPR se sont retournées contre le parti de celui qui les a légalisées : un des membres du mouvement Nidaa Tounes, Lotfi Nagdh a été lynché jusqu'à ce que mort s'en est suivie par les « révolutionnaires » des LPR. Cela leur est monté à la caboche : les membres des LPR, les têtes d'affiche en l'occurrence : Recoba et Imed Dghij ont vêtu la cape de « Super Révolutionnaire » et ont été mis à contribution à la saynète politique. Ils se pavanent dans les rues lors de grandes manifestations pour vomir des laïus haineux et discriminatoires et puis finissent par être reçus par de hauts responsables politiques allant jusqu'à être conviés au palais de Carthage par le président de la République, Moncef Marzouki.
Ils sont venus déclarer à la Tunisie qu'ils sont les gardiens et les protecteurs de la Révolution. Les LPR ont bravé tous les codes de bonne conduite en matière politique et sociale et se sont donnés pour mission d'éliminer de leur passage toute personne qui aurait eu de près ou de loin, un attachement aussi infime puisse-t-il être avec l'ancien régime de Ben Ali. Leurs armes : la violence et l'envie assoiffée de vengeance. Les LPR, « révolutionnaires » qu'ils sont, sont devenus le bras armé d'Ennahdha et du CPR. Lors des manifestations contre les « ennemis » (partis de l'opposition notamment), ces deux cornes de la Troïka lâchent leurs sbires comme des chiens enragés pour semer la terreur dans les rangs opposés les dissuadant ainsi de toute tentative de prise de dessus sur la scène politique et, par ricochet, la scène nationale.
La Troïka n'est plus ! Il n'a pas fallu des lustres pour mettre la main sur l'un des chefs des LPR, Imed Deghij, et le flanquer en cellule. Et la terreur physique a laissé place à la terreur morale assortie, tout du moins, de démonstrations de violence. Les fidèles serviteurs et suiveurs de Imed Deghij, « révolutionnaire » de son état, comme de minables moutons de panurge, se sont soulevés contre l'autorité légale. Ils ont protesté contre l'arrestation de leur chef en agressant les forces de sécurité et en semant les troubles à l'ordre public criant : Comment osez-vous arrêter le « lion » de la révolution, « le cœur de la révolution », « l'âme de la révolution » !
La réelle question qui se pose : qui sont véritablement ces LPR ? Quelles sont leurs sources de financement ? Quel est leur rôle exact sur la scène sociale et politique ? Qui leur a accordé la faveur « révolutionnaire » et sur quelle base ? Pourquoi, jusqu'ici et en dépit de tous leurs dépassements scandaleux et impétueux, ils sont restés dans l'impunité totale ? Sont-ils, à cet effet, les protégés d'Ennahdha et du CPR ? Maintenant que le parrain de cette mafia se trouve derrière les barreaux, aurons-nous, finalement, une réponse à toutes ses questions ? Quoi qu'il advienne, s'il est une certitude, à l'heure actuelle, c'est que la révolution n'avait guère besoin d'être protégée. En tous cas, non pas par les soins de cette bande de scélérats qui, au final, n'a eu d'effet que de rendre plus pénible encore la réconciliation nationale.
Néanmoins, les « révolutionnaires » de la dernière heure ne se limitent pas aux LPR. Ceux-là se répandent dans une bien large mesure. Voilà qu'on les retrouve opérant dans le secteur des médias. Alors qu'hier encore, sous la présidence de Ben Ali, ces « révolutionnaires » faisaient de l'excès de zèle en portant le costume de bons et loyaux serviteurs de l'ancien président et son clan. Ceux qui faisaient de l'éloge à tour de bras, des réalisations, des exploits et des acquis, œuvres de Ben Ali de tous bords, sont devenus des ersatz de ces mêmes faits pour le nouveau pouvoir. Tarek Kahlaoui, ancien opposant au régime de Ben Ali et s'autoproclamant révolutionnaire, avait les minis plaisirs de pondre quelques billets pour le gendre préféré Sakher El Materi. Aujourd'hui, Tarek Kahlaoui, un CPR « de souche » vante les mérites de son boss : Moncef Marzouki. On fera l'impasse sur son article où les critiques n'ont pas fait défaut à l'encontre de ce même boss.
Tarek Kahlaoui n'est pas un exemple unique dans le genre. Nombreuses sont les figures médiatiques, bien célèbres pour leurs passés glorieux sous la baguette de Ben Ali, affichent aujourd'hui leurs pâles mines en s'autoproclamant « révolutionnaires » sans hésiter à étaler faits, dires, et gestes pour preuve de « révolutionnisme » et « héroïsme ». Il y a là une forme de manipulation qui s'est exercée sur une section de l'élite et une belle frange du peuple, comme pour les hypnotiser sur un passé douloureux et entaché par la honte. « Révolutionnaires » que nous sommes, protecteurs de ce temple de la « révolution » que nous sommes ! Que voulez-vous de plus comme preuve que nous le sommes que celle d'isoler à tout prix les « azelm » de Ben Ali !


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