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Tunisie- La répression qui galope vers nous
Publié dans Business News le 20 - 07 - 2014

Le choc des récents attentats passé, les différents protagonistes de la scène nationale ont commencé à retrouver leurs habitudes d'après révolution ainsi que celles du système d'avant révolution. Frictions entre partis, chamailleries sur les plateaux, guerres intestines au sein du ministère de l'Intérieur, accusations et réactions au ministère de la Défense sont de mise. Une image peu luisante que reflète le tissu hétéroclite censé nous représenter. Une image en inadéquation totale avec le souhait d'unité affiché, celui là même qui pourrait constituer, en partie, un rempart contre le terrorisme. Désormais la machine judiciaire se remet en marche pour réprimer celui dont la voix dérange. Retour assuré d'une machinerie en robe noire apte à faire taire celui qui oserait dire haut ce que d'autres pensent ou disent autrement.
Diviser pour mieux régner, le but est en partie atteint. Que le ministère de l'Intérieur soit infiltré est grave, mais est aussi chose connue. Plusieurs personnes proches des structures dudit ministère, ou en faisant partie, en ont fait part. Ceci n'est pas sans rappeler une vidéo fuitée où l'on entendait le leader islamiste Rached Ghannouchi, lors d'une réunion interne à son mouvement, expliquer à ses acolytes que seule l'armée n'est pas encore « garantie ». Le reste était donc, depuis des mois, acquis à une cause inconnue, celle d'un parti islamiste dit modéré ayant été jusqu'à récemment aux reines du pouvoir.
Du ministère de l'Intérieur, les voix des dissidents sont surtout celles des représentants des syndicats. Ce sont les Walid Zarrouk, Issam Dardouri et Sahbi Jouini qui ont dévoilé, à plus d'une reprise sur les plateaux, ces vérités qu'on nous cacherait. Présent sur le plateau de Nessma Tv le vendredi 18 juillet 2014, Issam Dardouri est allé jusqu'à exhorter vivement les autorités à le convoquer et à supplier le procureur de la République de lancer une procédure pour l'écouter. Parce que des choses à dire, M. Dardouri en a ras le cœur, il va jusqu'à divulguer sur un plateau de télévision des noms de cadres sécuritaires faisant partie de la liste de ceux qui ont infiltré l'administration tunisienne et occupé des postes à fort pouvoir décisionnel. Nous ne saurons pas si Issam Dardouri sera écouté par la justice. Nous saurons en revanche que Sahbi Jouini s'étant exprimé, sur le plateau d'Ettounsiya quelques heures après, le sera.
« Nous étions informés de l'opération de Henchir Tella, dans les moindres détails depuis le 10 juillet et ces détails nous en avons fait part au ministère de la Défense », a avancé M. Jouini, représentant du syndicat de base des forces de l'ordre. Cette phrase a rapidement fait polémique. La réaction du ministère de la Défense a été quasi-immédiate et sur ce même plateau, le porte-parole du ministère de la Défense a réagi pour démentir. Dès le lendemain, c'est Ghazi Jeribi, ministre de la Défense, qui fera de même, au micro de Mosaïque Fm. Non seulement il démentira mais il annoncera aussi l'intention du ministère de la Défense de porter plainte contre M. Jouini.
Les propos de ce représentant de syndicat sont en effet dangereux, dans la mesure où dans sa révélation, l'accusation est explicite. Le ministère l'Intérieur comme celui de la Défense auraient mal géré l'information qui leur serait parvenue et ceci suppose qu'il y ait eu, soit incompétence soit absence de volonté d'agir. Les deux suppositions devraient être prises au sérieux et faire l'objet d'enquêtes pour évaluer la véracité des propos et pour trouver les responsables au cas où les pistes révélées s'avéreraient vraies. Le ministre de l'Intérieur n'avait-il pas, à son tour, évoqué des informations qui sont parvenues à son ministère concernant de potentielles menaces terroristes ? De tels faits ne seraient pas une première en matière de mauvaise gestion, involontaire ou à mauvais escient, des informations parvenues de la part des services de renseignements tunisiens ou étrangers. Ne s'est-il pas avéré, après le meurtre de Mohamed Brahmi, le 25 juillet 2013, que le ministère de l'Intérieur avait aussi eu vent du triste fait, avant qu'il n'ait lieu ? Pourquoi est-ce Sahbi Jouini alors qui passera devant la justice ? Quoique le ministère de la Défense soit dans son droit de faire convoquer devant la justice celui qui l'accuse, il est évident qu'une crainte persiste quant à l'assimilation de telles actions en justice à l'intimidation, cet art de faire taire les voix dissidentes et celles qui en disent trop, par une manière civilisée, non violente et surtout légale.
La présidence de la République a publié dans la soirée même qui a connu les propos controversés de M. Jouini, un communiqué s'inscrivant dans cette même lignée de pervertissement, voire d'instrumentalisation de l'appareil judiciaire.
L'auteur de ce communiqué semble oublier qu'il allait être publié au nom de la République tunisienne et non au nom d'un parti ou d'une personne aussi haut placée soit-elle. On y lit que la présidence de la République condamne « les déclarations provenant de parties connues pour leurs idées et intentions putschistes, pour la position d'ennemie qu'elles affichent quant au parcours électoral, pour leur volonté, par le passé, de faire dissoudre des institutions pour lesquelles le peuple a voté et pour leur appel au désordre et au chaos. Ces parties qui n'ont pas hésité à profiter d'événements tragiques pour leurs ambitions politiciennes limitées et pour tromper l'opinion publique ».
Les parties évoquées par ce communiqué regorgeant d'adjectifs péjoratifs et d'allusions ne sont pas désignées explicitement. Tout ce que l'on sait d'elles, c'est qu'elles ont un avis qui dérange, qui dérange tellement que l'on évitera de les écouter, d'envisager autrement ce qui est dit qu'à travers la machine judiciaire. Dans le communiqué en question, la présidence de la République exhorte le Parquet comme la HAICA à agir dans ce sens, pour faire cesser de parler les voix qui dérangent, en mettant en marche les capacités de répression particulières à chacune d'elles.
La justice, Sihem Ben Sedrine, présidente de l'Instance Vérité et Dignité, y a recouru pour des articles de presse l'évoquant, parus dans Business News. Un procès qui connaîtra, ce mardi même, le deuxième épisode d'un feuilleton judiciaire de mauvais goût ayant pour protagonistes la « politicienne » militante et la presse. Nos confrères du journal Akher Khabar ont à leur tour comparu devant la justice, il y a de cela une semaine, suite à un article épinglant le parti islamiste Ennahdha. Point de manichéisme niais, ni de bon ou de méchant dans ces affaires, mais une sorte de mainmise que l'on tente de mettre sur la liberté d'expression par le biais de la justice. Ceux que les procès, les robes noires et les tribunaux rebutent hésiteront à dire, dorénavant, ce qu'ils pensent. Quant aux autres, les plus effrontés, on tentera de leur faire payer, en frais d'avocats et en intimidations « légales », le prix de la vérité dite ou écrite.
Au nom du prestige de l'Etat et de l'égo personnel ou collectif qui en seraient menacés, les voix dissidentes seront dans quelques temps étouffées, si l'appareil judiciaire en arrivait à épouser le mode de réflexion de nos dirigeants politiques. Se remettra ainsi en place, le duel déjà connu entre la liberté d'expression et la répression argumentée, mais forcément outrageuse par définition. Une chose est sûre et elle devrait être évidente pour nos preneurs de décisions : tant que la probabilité d'infiltration est sérieusement là, toute voix dite dissidente est à écouter, tous les propos avancés sont à étudier. Quant à la justice, elle devra rester l'ultime recours pour chercher la vérité et non pas pour réprimer celui qui l'a dite. Inès Oueslati


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