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A qui appartient le média : au journaliste ou au patron ?
Publié dans Business News le 25 - 03 - 2015

Du rififi entre les patrons de presse et le syndicat des journalistes à propos de l'ingérence des premiers dans le travail des seconds. Régulièrement, la Haica publie des communiqués épinglant tel ou autre média pour sa ligne éditoriale jugée un peu trop partisane. En pleine croissance, après des décennies de censure, la ligne que doivent suivre les médias tunisiens n'est toujours pas claire.

C'est une journaliste dans le quotidien arabophone Ettounsia qui a déclenché cet énième différend entre le Syndicat des journalistes et la Fédération tunisienne des directeurs de journaux. Elle s'appelle Imen Hamdi et a été chargée de synthétiser le dernier discours de Béji Caïd Essebsi. Une synthèse qu'elle a élaborée à partir du texte officiel de la présidence. Il se trouve que ce texte est différent du discours prononcé par le président de la République qui a donné libre cours à l'improvisation en ce 20 mars 2015. Le fait est que le titre de la journaliste a été jugé inadéquat par son patron Nasreddine Ben Saïda. Ce dernier en choisit un autre, conformément à l'usage. L'usage que le titre soit choisi par la rédaction en chef ou par le secrétariat de la rédaction n'est pas quelque chose de spécifique aux médias tunisiens. La dernière polémique ayant touché le quotidien français Libération et son titre « C'est fini la Tunisie » en est la preuve. C'est la correspondante de Libération en Tunisie, Elodie Auffray, qui a rédigé l'article, mais c'est sa rédaction à Paris qui a choisi le titre. Pourtant, c'est Mme Auffray qui a subi les violentes critiques à propos d'un titre dont elle n'est pas l'auteure.
La nouvelle affaire d'Ettounsia n'est pas très étrangère à celle du quotidien français. C'est le cas d'une journaliste qui n'assume pas le titre que lui a choisi sa direction. A la différence que Libé a bien indiqué, après la polémique, que Mme Auffray n'en était pas l'auteure. Et à la différence, aussi, que Mme Auffray n'est pas allée polémiquer avec les syndicats et étaler le linge sale de son journal à l'extérieur.

Partout dans le monde, concernant la presse écrite (qu'elle soit imprimée ou électronique), chaque journal a une ligne éditoriale bien déterminée à laquelle s'inscrivent, obligatoirement, les journalistes dès leur entrée dans le journal en question. Un journaliste de gauche socialiste ne saurait être à l'aise dans un journal de droite défendant une droite libérale.

Réagissant à l'incident au sein de la rédaction d'Ettounsia, le syndicat des journalistes tunisiens (SNJT) a publié, le 24 mars, un communiqué incendiaire à l'encontre des patrons. Dans ce communiqué, le SNJT invite les patrons à éviter d'impliquer les journalistes dans les articles laudateurs à l'égard du régime et félicite les journalistes pour leur éveil. Il indique qu'il y a actuellement une campagne de soumission au nouveau régime et rappelle le contenu médiatique qui a créé la dictature.
Mercredi 25 mars 2015, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux réplique par un communiqué faisant part de son regret de lire ce communiqué partial, tendu et à charge.
La fédération des patrons rappelle que ses membres ont suffisamment d'expérience, de connaissance et d'habilitation pour s'ingérer dans la production journalistique, d'autant plus que légalement parlant, ce sont eux (les patrons) qui sont responsables de tout ce qui se diffuse dans leurs journaux.
En effet, et selon le décret 115-2011, relatif à la liberté de la presse, c'est le directeur du journal et non le journaliste, qui est responsable de tout ce qui est publié dans son journal.
La fédération des patrons indique qu'elle n'a pas de leçons à recevoir, ni à prendre des directives concernant l'orientation éditoriale des journaux et s'étonne comment le syndicat qualifie de laudateur et d'un retour à la dictature un titre explicatif décrivant le discours du président Caïd Essebsi.

La vérité est que le débat relatif à l'orientation éditoriale et le positionnement politique des journaux est lancé depuis 2011, au lendemain de la révolution, et qu'il n'est toujours pas résolu. La vérité, aussi, est que plusieurs lecteurs voient d'un mauvais œil toute critique positive à l'encontre du régime, considérée comme éloge et louanges. Pourtant, il suffit d'ouvrir la presse écrite occidentale pour constater que les journaux de gauche évitent (généralement) d'épingler la gauche et n'hésitent pas en louanges. Au point que le journal satirique Le Canard enchaîné a créé une rubrique spéciale « La brosse à reluire », pour épingler les journaux et les politiques qui en font un peu trop. La question est « peut-on dire du bien du régime politique, sans être taxé d'être louangeur ou laudateur, lorsque c'est une vérité (du point de vue du journal ou du journaliste) qui doit être dite » ? Et quand le journaliste s'abstient de dire cette vérité, son patron doit-il ou non rectifier le tir ?
Entre les journalistes qui refusent qu'on leur dicte ce qu'ils doivent faire et les patrons qui disent « je suis chez moi et je fais ce que je veux », la discussion devient impossible.

Un débat, froid et sensé, doit être ouvert entre journalistes et patrons de presse, mais également leurs lecteurs, pour poser les questions nécessaires et apporter les réponses adéquates.
Une entreprise de presse n'est pas une entreprise ordinaire. Elle est porteuse d'idées et défend un positionnement idéologique et partisan bien déterminés. C'est pour défendre cette idéologie et ses idées qu'un fondateur de journal crée sa propre entreprise. Cette vérité est bien connue dans les pays développés et les journalistes s'y inscrivent de la manière la plus naturelle.
En Tunisie, les choses diffèrent. Les journalistes veulent avoir une autonomie totale et faire ce que bon leur semble, indépendamment des choix éditoriaux du fondateur du journal ou de la ligne éditoriale de leur journal. Souvent, ils brandissent l'argument de la neutralité, alors que celle-ci n'existe nulle part. Aucun journal au monde n'est neutre et chacun défend un positionnement bien déterminé.

Le problème se pose avec une grave acuité dans les médias audiovisuels où la Haute autorité chargée de l'audiovisuel cherche à imposer par tous les moyens cette neutralité. Or, dans les faits, aucun média privé ne se distingue par cette neutralité. TNN, Moutawassat et Zitouna se distinguent par une idéologie de droite religieuse et révolutionnaire, alors qu'El Hiwar Ettounsi et Nessma se distinguent par leur défense d'une République laïque et moderniste.

Et les journalistes dans tout cela ? Qui demande leur avis ? Personne lorsqu'il s'agit de la ligne éditoriale du média. En revanche, les journalistes peuvent certes être consultés et ont leur mot à dire. Dans certains journaux, par exemple, l'avis des journalistes est précieux et est pris en compte dans différents sujets relatifs à la rédaction des articles et aux choix des sujets. Tel est le cas, notamment, de la rédaction de Business News.
Cependant, le patron de média, en créant son entreprise, dresse la ligne conductrice et invite ses salariés à la suivre. Les journalistes, et le dernier communiqué du SNJT le prouve, ne l'entendent pas de cette oreille.


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