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Tunisie - Il y a 30 ans, un raid israélien bombardait Hammam Chott
Publié dans Business News le 01 - 10 - 2015

Il y a de cela 30 ans, jour pour jour, Israël bombardait Hammam Chott dans la banlieue sud de Tunis. Plus de 60 morts et une centaine de blessés sont recensés, outre les dégâts matériels qui s'élevaient à des millions de dollars. La Tunisie s'est réveillée en cette journée du 1er octobre 1985, endeuillée, certes, mais également touchée dans ce qui lui est le plus cher, sa souveraineté. Retour sur cette agression qui a marqué l'Histoire de la Tunisie.

"L'Opération Jambe de bois", telle que baptisée par l'entité sioniste est un raid aérien, mené contre le quartier-général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont le chef n'était autre que le leader Yasser Arafat.

En 1982, l'OLP est contrainte de quitter Beyrouth suite à l'invasion israélienne et les exactions commises par l'armée de Tsahal. L'organisation est accueillie par l'Etat tunisien et y installe son quartier-général.

Le prétexte qu'avance l'entité sioniste, justifiant l'attaque de Hammam Chott est l'assassinat de trois civils israéliens sur leur yacht, au large de la cote chypriote. La Force 17, unité d'élite de l'OLP, revendique l'attaque, ce qui enclenche le courroux des autorités israéliennes décidant de lancer l'Opération secrète Jambe de bois pour se venger…

Le 1er octobre 1985, dix avions de chasse de type F-15 Eagles et deux Boeing 707, utilisés pour le ravitaillement en vol, décollent d'une base de l'armée de l'air israélienne pour une destination secrète, située à plus de 3000 km d'Israël, en l'occurrence la Tunisie. Le plan de l'opération est présenté au gouvernement israélien par le commandant de l'armée de l'air de l'époque, Amos Lapidot. L'opération comprend notamment un vol en dehors des voies aériennes traditionnelles pour maintenir l'effet de surprise. Le Premier ministre israélien de l'époque Shimon Peres donne son feu vert. Deux des avions devaient escorter les autres uniquement au cours de la première partie de l'opération puis rentrer en Israël.

Ainsi, en ce 1er octobre 1985, à 7h, dix avions décollent des territoires occupés en direction de la Tunisie. Le ravitaillement des vols se fait vers 10h. On apprendra plus tard que le ravitaillement a pu être effectué avec l'aide de la base militaire américaine située en Sicile. Vers 11h, les avions de chasse de type F-15 Eagles arrivent en Tunisie et bombardent Hammam Chott, détruisant le quartier-général de l'OLP et les maisons environnantes. Le raid fait, selon un bilan avancé par la Tunisie, 68 morts, dont 50 Palestiniens et 18 Tunisiens. Il faudra signaler que l'attaque s'est déroulée en quelques minutes, semant la désolation dans cette paisible banlieue. Les avions avaient violé l'espace aérien tunisien sans rencontrer d'opposition. Yasser Arafat s'en sort. En cette journée du 1er octobre, une réunion de la direction de l'OLP était prévue à Hammam Chott. Le Mossad était sûrement au courant de cette rencontre. Dans la matinée, Arafat de retour d'un voyage au Maroc avait était informé par ses renseignements qu'une imminente attaque le visait, lui et les dirigeants de l'OLP. Il était sur le chemin vers le lieu de la réunion, lorsque les bombardements ont commencé.

Selon le ministre israélien de la Défense de l'époque, Ytzhak Rabin, l'objectif d'Israël en frappant une cible en Tunisie, « était de montrer que l'OLP n'est à l'abri nulle part. Tsahal saurait toujours trouver et punir les responsables ! », avait-il martellé.

Deux heures après le raid, les autorités tunisiennes annoncent que des avions d'origine inconnue ont violé l'espace aérien tunisien et ont détruit le quartier-général de l'organisation palestinienne. Grosse colère chez les Tunisiens, exaspérés par la couverture médiatique insuffisante des médias tunisiens. Des manifestations de contestation s'organisent partout et un élan de solidarité se met en place. Nos concitoyens s'étaient rendus par centaines à l'hôpital Charles Nicolle pour des dons de sang. L'opposition, toutes tendances confondues, a appelé le gouvernement à rompre les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, acteur essentiel dans l'attaque, pourtant allié des autorités tunisiennes.

Habib Bourguiba convoque, le lendemain, l'ambassadeur des Etats-Unis, menaçant de rompre les relations diplomatiques avec son pays. Il faut dire que la Maison Blanche a, le jour-même, approuvé le raid israélien. Le porte-parole de la Maison Blanche affirmait dans une déclaration officielle que l'attaque était légitime : « des représailles contre des attaques terroristes sont une réponse légitime et une expression d'autodéfense. D'après les informations préliminaires dont nous disposons, cela semble être le cas ». Grande offense pour l'Etat tunisien, qui demande le 2 octobre, aux USA de réviser leur position « négative et inattendue vis-à-vis de cette agression ». Les Américains reconsidèrent leur jugement, s'abstenant de reprendre les déclarations du 1er octobre estimant que le raid était légitime.

La Tunisie en appelle aux Nations-Unies, et porte plainte contre Israël. Un texte de résolution est voté par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il s'agit de la résolution 573 en date du 3 août 1985, adoptée par 14 voix et une abstention. C'est les Etats-Unis, qui sous les pressions et les condamnations internationales outre les menaces de Bourguiba se sont abstenus et n'ont pas opposé de veto à la résolution. Considérant qu'Israël a revendiqué la responsabilité de l'attaque, le Conseil a condamné énergiquement l'acte d'agression armée perpétrée contre le territoire tunisien, estimant que la Tunisie a droit à des réparations appropriées, suite aux pertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victime.

Après 30 ans le texte de la résolution onusienne est resté lettre morte. L'agression, la violation de l'espace tunisien, l'assassinat de leaders politiques et de citoyens tunisiens, reste un crime impuni. On dira que la seule abstention des Etats-Unis est en soi une victoire diplomatique, sauf que la résolution adoptée a fait fi de mentionner les Palestiniens et tout en condamnant l'attaque, son auteur a été comme d'habitude seulement « sermonné ».
Aujourd'hui, cet événement à marquer d'une pierre noire dans l'Histoire de notre pays, semble passer inaperçu, en ce jour de supposé être de commémoration.


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