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Mohamed Frikha, un homme à plat…
Publié dans Business News le 13 - 11 - 2015

Mohamed Frikha serait-il l'homme d'affaires le plus dénigré de Tunisie ? A entendre le député d'Ennahdha et patron de Syphax Airlines et Telnet, aucune autre réponse n'est possible. Lui, Mohamed Frikha, est celui qui subit, injustement, toutes les campagnes de diffamation et de dénigrement. De la mégalomanie à la paranoïa, il n'y a qu'un pas que Mohamed Frikha a franchi allégrement.

C'est un homme abattu et remonté contre les médias que nous croisons ce lundi 9 novembre au palais de Carthage. La présidence de la République organisait, ce jour-là, une grande réception en hommage aux quatre récipiendaires du Nobel de la Paix. Avec sa double casquette d'homme d'affaires et de député, Mohamed Frikha était aux premiers rangs. Nous le croisons avec Hafedh Ghribi, directeur de la rédaction de Dar Assabah qui édite quatre titres. L'occasion pour lui de dire ce qu'il pense droit dans les yeux.
A Business News, il reproche un article du mois d'août 2015 qui lui aurait coûté un million d'euros de pertes, parce qu'il a été présenté comme élément accablant dans on ne sait quel cour européenne. A Assabah, il reproche un titre d'article reprenant un texte religieux signifiant que « Seul Dieu peut ressusciter les os ». Remonté, tendu, élevant carrément la voix sur le perron du palais de Carthage, Mohamed Frikha en veut aux médias qui ne lui veulent pas du bien, qui font tout pour le casser, qui ne se soucient pas de l'intérêt du pays et de son économie, qui veulent, en un mot, l'abattre. Mélangeant les affinités personnelles, les voyages de presse et la politique ordinaire de communication, il épingle « l'ingratitude » de Hafedh Ghribi alors qu'il l'a emmené avec lui au Canada ! « Mais je vous ai critiqué droit dans les yeux à bord de votre propre avion ! Vous avez fait des erreurs, vous avez fait de mauvais choix et il fallait qu'on le dise», lui rétorque le journaliste.
« Nous ne pouvions pas faire autrement, mettez-vous à notre place, nous nous devions d'analyser la situation et de rapporter les faits. Tant que c'est la vérité et que les faits sont réels, vous ne pouvez pas protester, ce serait menacer l'indépendance de la presse qui vient à peine d'être recouvrée après des décennies de bâillonnement », réplique-t-on de notre côté.
« Non, vous n'avez pas fait votre travail, vous cherchiez à m'abattre ! Pourquoi vous ne parlez pas de Tunisair ? Il y a plein d'hôtels qui connaissent des difficultés financières et qui ferment et vous n'en parlez jamais ! Pourquoi vous n'en parlez jamais ? Pourquoi vous n'en avez que contre Syphax ?», déplore-t-il en accusant les médias de casser les hommes d'affaires tunisiens, de briser toute initiative et de mettre à mal l'économie tunisienne.

Les gesticulations et les voix élevées attirent d'autres invités. Mehdi Ben Gharbia arrive en premier, sourire éclatant sur les lèvres. Un sourire narquois car il nous interroge, non sans ironie, pourquoi on s'en prend à son ami Mohamed Frikha qui ne lui a toujours pas remboursé ses 90.000 dinars. Arrive ensuite Slim Besbes, ancien ministre tunisien des Finances, sous le 1er gouvernement de la troïka. Mohamed Frikha saute sur l'occasion en nous demandant de l'interroger sur la situation réelle de Syphax. « Si Slim, vous qui êtes membre du conseil d'administration, vous pouvez leur dire ce qu'il en est ! ».
Dans la foulée de son emportement, M. Frikha ne se rend pas compte qu'il a mis, encore une fois, les pieds dans le plat. « Vous avez pris avec vous l'ancien ministre ? Vous trouvez ça normal ? Vous avez déjà pris, comme DG, l'ancien ministre du Transport qui vous a délivré la licence et maintenant vous prenez M. Besbes au conseil ? Mais c'est inadmissible ! C'est le conflit d'intérêt par excellence ! », lui dit-on.
Le patron de Syphax balaie d'un trait le reproche et dit que c'est normal et qu'on peut voir cela en France et ailleurs ! « Mais si cela se passait ailleurs, ce serait un scandale ! » « Mais pourquoi ce serait scandaleux ? Il n'y a rien d'illégal là dedans ! ». Un dialogue de sourds s'établit. Mehdi Ben Gharbia donne du dos à un député Afek et quitte rapidement la réunion improvisée.

Mohamed Frikha ne semble pas se rendre compte de la gravité des faits qui lui sont reprochés. Il est dans sa bulle. Parce qu'il a agi en toute bonne foi, parce qu'il travaille 16 heures par jour (selon ses termes) et parce qu'il a mis toutes ses économies dans l'affaire Syphax, le patron se voit au-dessus des critiques et des attaques. Plutôt que de critiques, il préfère recevoir de l'aide et du conseil, sous le prétexte usé pendant des décennies jusqu'à la moelle : intérêt de l'économie nationale.
La vérité est que l'on ne peut pas remettre en doute la bonne foi et la bonne volonté de Mohamed Frikha. Avec plus de 60 millions de dinars injectés de sa poche, dont 27 MDT entre 2014 et 2015, on ne peut pas dire que le patron de Syphax n'a pas fait tout ce qui est en son possible pour sortir du gouffre. Le hic est que cette bonne volonté est insuffisante pour faire taire des petits épargnants qui ont perdu leurs économies dans cette affaire. Ces bonnes paroles et cette bonne foi ne rembourseront pas les dizaines de salariés qui viennent de lancer sur les réseaux sociaux une campagne ironique (ou cynique) de collecte de pièces de un dinar pour rembourser le milliardaire. Les mêmes l'attendent devant la sortie de parking pour l'insulter et empêcher sa voiture de quitter son siège.
La stratégie défensive de M. Frikha laisse, au mieux, de marbre et déclenche, au pire, des campagnes des plus hostiles et frisant souvent le mensonge et la diffamation. Alors qu'il a mis toutes ses économies personnelles au profit de Sypahx et dans les différentes tentatives de sauver la compagnie, on le taxe d'être un voleur. Une accusation sans fondement qui le peine et qu'il ne comprend pas. De l'autre côté, ceux qui le dénigrent, pensent qu'il est tout à fait normal de le taxer de voleur. « Ce monsieur a mené la société à sa perte, n'a pas payé les salaires de ses employés et n'a pas remboursé les billets de ses passagers », dit-on.

Il se trouve que Mohamed Frikha ne nie pas ses dettes, mais le hic (encore une fois) est qu'il ne sait donner que des réponses qui font augmenter la colère de ses vis-à-vis.
A ses créanciers parmi les fournisseurs, il ne propose pas un remboursement, mais un échéancier de sept ans voire carrément une entrée dans le capital ! Ces fournisseurs n'ont pourtant demandé que leur argent et ne cherchent pas du tout à entrer dans le capital d'une compagnie aérienne.

Loin de la polémique, des disputes, des articles à scandales ou des campagnes de collecte d'un dinar menées par ses salariés, Fadhel Abdelkéfi patron de la bourse et plus grand intermédiaire boursier du pays, revient sur l'historique de Mohamed Frikha. Un historique qui ferait pâlir d'envie n'importe quel investisseur et fondateur d'entreprise. « Avec tout ce tohu-bohu, on oublie que M. Frikha a créé Telnet à partir de rien et en a fait un véritable fleuron de l'ingénierie en Tunisie, de l'exportation de notre matière grise et de la Bourse. Le bonhomme n'a rien d'idiot comme certains cherchent à le dessiner, il est très intelligent et très compétent », témoigne M. Abdelkéfi.
Que s'est-il alors passé pour que cet ingénieux polytechnicien et ingénieur-mathématicien devienne aujourd'hui la cible de critiques de toutes parts ?

« Le succès de Telnet l'a grisé, témoigne un grand intermédiaire en bourse. Il l'a grisé au point qu'il est atteint de mégalomanie se voyant carrément un destin national. Il ne s'agit pas de paroles en l'air, il s'agit de faits réels quand on le voit se présenter aux législatives sur les listes d'Ennahdha puis carrément pour la magistrature suprême ! Je ne reconnais plus le Mohamed Frikha d'antan, on fait face à quelqu'un de totalement déconnecté de la réalité ».
L'argument que l'homme d'affaires fait de la politique pour expliquer la débâcle de Syphax ne tient pas aux yeux de l'intéressé. Il s'en défend et indique qu'il y a une bonne vingtaine d'hommes d'affaires qui se sont présentés aux législatives, mais seul lui et son entreprises font l'objet de campagnes hostiles. « Je sais faire la part des choses et il n'y a aucun mélange de genres, je bosse seize heures par jour et mon activité politique n'a aucune incidence sur Syphax », a indiqué Mohamed Frikha dans une interview à Leaders en septembre dernier. On y verra l'homme d'affaires paranoïaque dans toute sa splendeur. Il en veut aux médias qui s'acharnent sur lui et il est choqué par le communiqué du CMF lui ordonnant une OPR.
Dans cette interview de Leaders, il promet la reprise des activités le 17 octobre 2015 « Inchallah ». « Si c'était à refaire, je ferai exactement pareil », dit-il à Express FM la même semaine.
En clair, il balaie toutes les critiques d'un trait, la faute ce n'est pas à sa gestion, mais à la conjoncture économique (même le gouvernement s'est trompé dans son estimation de l'inflation et du taux de croissance), à l'attentat de Sousse, à la panne de l'Airbus 330 et à ce qui se passe en Libye. Son business plan ? « Qu'est ce qu'il a mon business plan ? Si on ramène le meilleur PDG au monde, il n'y pourra rien ! », se défend-il.
Il est vrai, et en cela M. Frikha a tout à fait raison, que la conjoncture nationale et internationale lui a été totalement défavorable. Le timing du lancement de sa compagnie était des plus mauvais et aucun manager ne pourra vraiment quelque chose face à la série d'événements défavorables qui ont eu lieu dans le pays et dans la région en un laps de temps très court.
Si on ne peut rien lui reprocher à ce niveau très précis, on peut quand même lui reprocher ses multiples promesses non tenues et le fait de donner de vains espoirs à ses salariés, ses créanciers et ses clients. En un mot, sa communication n'a pas été à la hauteur de la situation.

Le 17 octobre arrive et aucune reprise officielle n'est annoncée. Début novembre, les salariés ne sont pas payés et étalent leur colère sur la scène publique une énième fois. Le 5 novembre, la Bourse de Tunis publie un communiqué laconique annonçant la reprise des négociations du titre Syphax sur le marché hors-cote. En termes moins savants, l'action est radiée de la Bourse de Tunis. Les actionnaires continueront à pleurer leurs actions achetées à dix dinars et qui ne valent même plus les 3,9 dinars lors de la suspension de la cotation.

Le 9 novembre, Mohamed Frikha assiste à une réception au palais de Carthage et continue à dénoncer la cabale médiatique et de différents lobbys lancée contre lui, sa compagnie et sa région. Aux journalistes croisés, il promet : « vous allez voir, Syphax va renaître de ses cendres, la roue tourne ! ».
« Inchallah ! », lui répond-on devant son membre du conseil et ancien ministre Slim Besbes et devant son créancier et collègue député Mehdi Ben Gharbia.


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