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Hizb Ettahrir : Légitimité de l'Etat vs légitimité de l'Islam
Publié dans Business News le 05 - 06 - 2016

Bien que son visa légal, obtenu en 2012, Hizb Ettahrir n'a cessé de multiplier les discours se dressant contre l'Etat civil et la Constitution, et appelant à l'instauration du califat et à l'application de la Chariaa. A la veille de la tenue de son 4ème congrès annuel, les autorités tunisiennes opèrent un rétropédalage en interdisant, puis autorisant, puis interdisant de nouveau la tenue de ses travaux. De quoi se poser des questions sur les positions réelles de ce parti face à l'Etat mais aussi de celles de l'Etat tunisien à son égard.

« La légitimité de notre action nous est conférée uniquement par l'Islam […] et non par un Etat qui s'est vendu au colonisateur […] même si la loi nous permet de tenir notre congrès », avait écrit Hizb Ettahrir sur sa page Facebook, le 31 mai. Cette phrase, à elle seule résume toute la contradiction que contient le discours de ce parti politique, fort controversé. En effet, dans ses discours, Hizb Ettahrir a toujours tenu les mêmes propos. Entre sauver la Tunisie et la libérer, un seul leitmotiv : instaurer le califat et, au passage, sauver le monde. L'idée étant d'accéder au pouvoir et de renverser les fondements de l'Etat inscrits dans sa Constitution pour en instaurer d'autres, basés sur la chariaa islamique.

Hizb Ettahrir, qui a commencé à travailler dans l'illégalité, a pourtant fait une demande d'obtention de visa auprès des autorités tunisiennes, après sa création. Visa qu'il obtiendra en 2012, sous le gouvernement de Hamadi Jebali, ancien secrétaire général du parti islamiste Ennahdha. Depuis, Hizb Ettahrir a tenu un congrès annuel dans lequel il a appelé à l'instauration d'un califat islamique, en tirant à boulets rouges sur l'Etat tunisien. Discours qui fera, aujourd'hui, encore le cheval de bataille de ce parti qui se dresse aujourd'hui contre la Constitution, les lois et qui défie, à multiples reprises, les autorités tunisiennes.

Pourtant, pour tenir son congrès annuel, prévu hier samedi 4 juin 2016, Hizb Ettahrir a fait une demande auprès du ministère de l'Intérieur, afin d'avoir accès au Palais des Congrès. Demande ayant été refusée « après les délais légaux », par le département de Hédi Majdoub, et ce selon un communiqué du parti. « Je tiens à porter à la connaissance de l'instance Vérité et Dignité (IVD) et de l'Instance de lutte contre la corruption, que la corruption a atteint son summum. En effet, les gouverneurs de la Tunisie permettent aux sionistes d'effectuer leur pèlerinage à El Ghriba et assurent leur protection, tandis qu'on nous refuse la tenue de notre congrès annuel bien que l'on soit un parti légal qui a milité durant l'ère de Bourguiba et de Ben Ali », peut-on lire dans ce communiqué.
Dans les faits, même si Hizb Ettahrir prend sa « légitimité légale » comme un argument de premier ordre, il n'hésite pas à la reléguer aux oubliettes dès lors que cette légitimité se retrouve mise à mal.
En effet, le non respect des délais ayant permis au Tribunal administratif de débouter la décision du ministère de l'Intérieur, pour vice de forme, le parti a tout de suite décidé de changer de fusil d'épaule appelant au respect, immédiat, de cette nouvelle décision judiciaire en leur faveur.


Dans les faits, le congrès de Hizb Ettahrir est interdit par le ministère de l'Intérieur « compte tenu des slogans du congrès et de son lien direct avec la pensée takfiriste et extrémiste adoptée par toutes les organisations islamo-terroristes ». Le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les droits de l'Homme, Kamel Jendoubi, a, en effet, souligne que la décision du ministère de l'Intérieur était « juste et sage » et qui « se base sur des raisons objectives ». Le ministre a souligné, dans ce sens, que « le fait d'autoriser la tenue de ce congrès reviendrait à cautionner l'établissement d'un califat et à outrepasser les principes de la Constitution ». Et d'ajouter que « la tenue de ce congrès pourrait aussi constituer une menace en termes de sécurité dans la mesure où il sera sans doute accompagné de protestations et de confrontations rappelant que chaque parti politique légal doit obligatoirement se soumettre au décret 87 et que la Tunisie n'a pas à composer avec les particularités de chaque parti ».

Et pourtant, dans cette affaire, le Tribunal administratif a fait un pied de nez au ministère de l'Intérieur en autorisant ledit congrès. Décision qui n'a pas été respectée par le département qui a, le jour J, usé de moyens pour le moins abusifs afin d'interdire la tenue des travaux de Hizb Ettahrir. Samedi 4 juin, le Palais des Congrès a été encerclé et les invités empêchés d'accéder aux lieux du meeting. Le leader du parti, Ridha Belhaj, a même été arrêté sur l'autoroute Sousse-Tunis alors qu'il se rendait à la capitale pour présider l'événement, le gouverneur de Tunis ayant évoqué, dans cette nouvelle interdiction, un problème de sûreté publique pour empêcher la tenue de cette réunion.



Légalement, tout parti politique, bien que légal, se doit de se plier à la Constitution tunisienne et au décret 87 de 2011 concernant l'organisation des partis politiques. Hizb Ettahrir a été averti par les autorités tunisiennes, à de multiples reprises, suite à des discours jugés menaçant l'ordre public.

Cependant, si les officiels sont d'accord pour dire que les discours de ce parti se rapprochent de celles tenues par les takfiristes, la décision d'en interdire les activités ne semble pas faire l'unanimité. Les autorités préférant, bafouer la loi eux-aussi, et user de pratiques répressives au lieu de mettre un terme à l'activité d'un parti qui menace sérieusement l'Etat civil.
Se pose alors la question épineuse des libertés face à celle du respect des lois. De quoi offrir une brèche que certains politiques n'hésitent pas à s'y engouffrer pour critiquer le pouvoir actuel. Moncef Marzouki, ancien président de la République, avait fortement critiqué les autorités tunisiennes en écrivant sur sa page aujourd'hui : « lorsque les principes et les fondements sont manipulés, et les décisions judiciaires bafouées, on sait que la démocratie est, désormais, en danger ».
Face à un tel cafouillage, le pouvoir actuel gagnerait à clarifier sa position face à de tels partis qui, même en bénéficiant de la liberté de parole et d'activité politique, n'hésitent pas à menacer l'Etat tunisien et ses lois. De toute évidence, Ettahrir semble peu se soucier des lois tunisiennes et l'affiche clairement accusant l'Etat tunisien « d'injustice » et scandant que ceci ne « [les] empêchera pas de tenir le congrès du califat, que ce soit dans le Palais des Congrès ou dans les places publiques ».


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