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Le nouveau désordre mondial !
Publié dans Business News le 07 - 02 - 2017

Depuis 50 ans, le monde vit au rythme effréné de la mondialisation. Les défenseurs de cette doctrine nous ont vanté les mérites du libre-échange, de la levée des barrières douanières et de la libre circulation des biens et des personnes. On nous a imposé une marche forcée vers l'ultra-libéralisme avec, bien souvent, de fausses promesses de prospérité pour tous. Les pays dits en « voie de développement », émergents ou en transition, tout comme les pays industrialisés, tous étaient censés profiter de la manne des investissements et des délocalisations.
Cette approche néo-libérale devait également permettre de résorber la pauvreté, redéfinir le partage du travail et stimuler la croissance. Certains même nous ont prédit la « fin de l'histoire », comme Berzezinski et Fukuyama, lorsque tous les pays adeptes de cette doctrine auraient accompli leur conversion à ce modèle unique. Des mécanismes et des instruments multilatéraux (BM, FMI, OMC) ont été créés pour « inciter » les pays à se plier à cette règle d'un nouveau genre. A partir de la fin officielle de la Guerre froide en 1989, on a même redessiné la carte géopolitique du monde en fonction de l'adhésion des pays au néolibéralisme. Les accords régulant les échanges (GAAT, Union Européenne, BRICS, NEFTA, TPP, etc.) sont alors modelés sur la base des principes fondateurs de ce Nouvel Ordre Mondial. Cet ordre a ses Forum, ses Think Tank, ses puissants lobbies, tous sont censés propager « l'égalité » et la « liberté » sous toutes ses formes.

Depuis l'avènement de George Bush père et la proclamation du Nouvel Ordre Mondial en 1991, nous avons vécu au rythme des réformes nationales et internationales pour que ces principes, devenus dogmes, soient généralisés. Le Nouvel Ordre Mondial ainsi défini, il doit être, idéologiquement, politiquement et économiquement unipolaire, avec les Etats-Unis d'Amérique comme chef de fil. Face à lui, les mouvements de contestation altermondialistes dont les écologistes, les anarchistes, les gauchistes et les nationalistes de tous bords, n'ont pas réussi à dévier le train de cette réforme globalisante de sa trajectoire. Parallèlement, un travail de fond était mené suivant un rythme infernal par certain pour que règne l'uniformisation de ce modèle dans presque toutes les disciplines. La culture devait elle aussi être mondialisée, les biens de consommation, les habitudes alimentaires, voire, à certains égards, le mode de penser. Tout doit être remodelé selon le modèle dominant mis au service des multinationales et du grand capital. Ainsi, selon ce modèle, même la marchandisation de la vie devrait être totale.
Sur un autre plan, on sauve l'apparence des valeurs de « liberté » et d'« égalité » chères à ce modèle, tout en sachant d'avance que les règles de la compétition, et donc de la concurrence, sont faussées et inéquitables puisqu'elles ne profitent qu'à quelques-uns. L' « égalité » tant vantée par le modèle s'est transformée en leurre car l'inégalité est à la base de toute compétition. C'est un peu comme si on demandait au faible et au puissant de concourir en partant de la même ligne sans se soucier de ce que les uns et les autres ont comme handicap de départ.

Cependant, des correctifs ont été inventés, comme les programmes de « mise à niveau » (la coopération technique, les programmes d'ajustement structurel, etc.) destinés à atténuer le déséquilibre flagrant entre les « concurrents » de peur que le système ne s'effondre. Tout a été fait pour gommer les différences, niveler toutes les structures et les institutions pour qu'elles soient au service de ce nouvel ordre. On a inventé de nouveaux concepts, exhumé Adam Smith et ses théories économiques avant de les détourner au profit d'un ordre encore plus inéquitable. C'est ainsi que les derniers bastions de résistance au nouvel ordre libéral, à savoir, la Russie et la Chine, se sont à leur tour convertis à l'économie de marché mondialisée. Au moment même où les chantres du Nouvel Ordre Mondial ont cru que leur domination allait être totale, les premiers effets « pervers » de cette théorie globalisante ont vu le jour et la prophétie de M. Joseph Stiglitz sur l'économie du développement s'est avérée vraie. Sa critique du « Consensus de Washington » et de la politique économique du FMI trouve aujourd'hui toute sa pertinence.
La théorie de la mondialisation a également produit des effets inattendus. Le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Japon, la Corée du Sud et l'ensemble des pays du sud-est asiatique ont su tirer profit de l'ouverture des marchés et des nouveaux termes des échanges. Leur croissance pendant la décennie 2000-2010 était à deux chiffres. Les délocalisations ont permis à ces pays de devenir les « workshops » du monde avec les effets pervers que l'on connait (exploitation des enfants, destruction de l'environnement, renforcement des inégalités, etc.). Les profits engrangés par les multinationales ont certes atteint des niveaux incomparables mais les inégalités sociales ont augmenté dans la même proportion. L'Ouroboros, l'antique serpent, a fini par se mordre la queue ! D'un monde unipolaire tant souhaité par le nouvel ordre mondial, émergent de nouvelles puissances économiques et un monde multipolaire commence à voir le jour.

Ironie de l'histoire, les mêmes instruments qui étaient au service de ce Nouvel Ordre Mondial, avec à leur tête, les réseaux de communication virtuelle, ont accéléré cette mutation vers un monde multipolaire. La révolution numérique a transformé les modèles économiques et sociétaux et fait déplacer le centre de gravité de l'économie mondiale toujours plus vers l'Est.
L'élection d'un nouveau président à la tête du pays le plus puissant au monde, chantre de la mondialisation, ainsi que les poussées de fièvre nationalistes un peu partout dans le monde -en Europe en particulier -semblent avoir sonné le glas du Nouvel Ordre Mondial et ouvert la porte au Nouveau Désordre Mondial. Le point d'orgue de ce changement radical a eu lieu à l'occasion du dernier Forum de Davos. En effet, alors que M. Trump s'engageait à tout verrouiller, les frontières comme l'économie, promeut le repli et la renationalisation de la production, le président chinois M. Xi Jinping prononçait quant à lui pour la première fois dans l'histoire de Davos, un discours d'ouverture diamétralement opposé, vantant les mérites de l'ouverture des frontières et l'application de la politique du libre-échange !Quelle ironie et quel changement ?
Le monde moderne est à présent face à un nœud gordien. En effet, doit-il poursuivre le modèle de la mondialisation derrière la nouvelle grande puissance économique qu'est devenue la Chine, ou doit-il s'engager sur la voie du démantèlement de tout un système et de toutes les institutions qui l'accompagnent ? Au vu des rapports de force politique entre les pays les plus puissants, et en tenant compte de l'émergence des nationalismes et du cortège de mesures protectionnistes qu'ils génèrent (contrôle aux frontières, barrières douanières, exclusions, retour des monnaies nationales, etc.), le monde va très certainement entrer dans une zone de turbulence économique et institutionnelle. Car lorsque l'on passe de manière brutale de la dérégulation systémique à la prise de contrôle de l'ensemble du système par l'Etat comme le laisse présager la nouvelle administration américaine, nous ne pouvons que constater que nous allons entrer dans une ère de désordre mondial dont personne ne peut prédire les conséquences à venir. Opérer une telle rupture avec la vision du rôle des Etats-Unis dans le monde tel qu'elle a été imaginée et mise en œuvre par Roosevelt (paix, prospérité et liberté pour tous) à la fin de la 2eme Guerre, risque d'engendrer l'isolement des Etats-Unis sur la scène internationale.

Avec un Moyen-Orient en complète recomposition ; une Europe soucieuse de préserver, voire de renforcer, son intégration politique, économique et sécuritaire ; une Russie qui élargie sa zone d'influence ; une Chine désormais première puissance économique convertie au libéralisme ; les Etats-Unis d'Amérique qui amorcent un certain repli et entament leur désengagement des accords multilatéraux, la décennie à venir risque d'être celle du déclin de l'empire américain et celui de l'installation de la Chine comme nouvelle puissance de référence contrôlant à la fois les capitaux et les flux commerciaux. En Asie, en Afrique, aux Amériques et progressivement, en Europe, la Chine a déjà mis la main sur des pans entiers de l'économie planétaire à la faveur du Nouvel Ordre Mondial.
En attendant de parachever cette tendance et de la généraliser, le monde va connaitre une décennie de désordre mondial avec tous les risques que cela implique. Qu'adviendra-t-il des valeurs néo-libérales défendues par le désormais agonisant Nouvel Ordre Mondial ? Que deviendra la démocratie si elle ne sert plus les intérêts économiques ? Quel sort sera donné aux valeurs de « liberté » et d' « égalité », les deux piliers du nouvel ordre mondial ? Sur quelle base, par quel mécanisme et avec quels instruments politiques et institutionnels allons-nous garantir la paix sociale face aux inégalités grandissantes ?
Et si l'Union Européenne devient orpheline en perdant des alliés de poids, tels les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni, sera-t-elle redécoupée et démantelée ? Avec les nouvelles alliances qui se dessinent, sommes-nous à la veille d'un nouvel Yalta ? Jusqu'où va aller la résurgence de toutes sortes de frontières ? Tant de questions restent en suspens, laissant entrevoir une première certitude : après leNew World Order, le monde est désormais engagé dans la voie de la New world Border !


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