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BCE n'est point éternel, encore moins ceux qui le tuent ou ceux qui l'adulent
Publié dans Business News le 20 - 11 - 2017

Des énergumènes de bas niveau ont publié dans la nuit du vendredi au samedi une fausse page Facebook de France 24 faisant état du décès de Béji Caïd Essebsi. De pareils fake, on en a l'habitude depuis la création des réseaux sociaux et cela a pris des proportions démesurées depuis 2011. L'impunité a été un réel facteur d'encouragement pour la propagation de tous types de rumeurs, d'insultes, d'intimidations et de menaces. Tous ceux qui évoluent dans la sphère publique ont été victimes, à un moment ou un autre, de ce type d'agressions numériques. A la longue, on s'est habitué et on en rit. Il m'est arrivé personnellement de rencontrer dans la vraie vie plusieurs de mes détracteurs et « ennemis déclarés » et j'ai découvert des personnes timides, introverties et discrètes qui n'osent jamais dire en face ce qu'ils écrivent derrière un écran. Le phénomène ne touche pas que la Tunisie, il est universel et, à ce jour, aucune solution véritablement efficace n'a été trouvée contre ceux qui vous agressent et vous salissent, juste parce que vous avez une opinion contraire à la leur. Les mettre en prison, leur flanquer de grosses amendes et imposer de payer des dédommagements à leurs victimes, leur interdire l'utilisation d'internet comme on priverait un chauffard de permis de conduire ou un hooligan d'accès au stade ? Les propositions sont nombreuses, mais l'efficacité tarde, le phénomène (je le répète, il n'est pas exclusif à la Tunisie) prend de plus en plus des proportions démesurées.
Le souci est que la rumeur propagée dans la nuit du vendredi au samedi n'aurait pas connu cette ampleur s'il n'y avait pas des « personnalités » politiques et médiatiques, supposées être posées et sensées, qui ont relayé l'intox sous forme d'interrogation. Ces « personnalités » sont, pour leurs abonnés, des sources d'information crédibles similaires à des institutions médiatiques en bonne et due forme. Et quand ces « personnalités » relaient des intox, ces intox deviennent des vérités pour le citoyen lambda.

Dans le cas d'espèce, on n'est plus dans l'erreur ordinaire, mais dans la mauvaise foi. Et quand il s'agit de propager à dessein une intox touchant un homme politique de premier plan, il y a forcément un objectif politique derrière. Un objectif idiot puisque l'intox en question va être démentie dans les minutes ou les heures qui suivent sa propagation. Alors pourquoi cette rumeur ? Qu'en restera-t-il après ? Le souvenir que le président de la République est une personne âgée qui peut décéder à tout instant ? Nul ne détient l'agenda d'Azarël et le décès tout récent de feu Slim Chaker en est une preuve. Heureusement ou malheureusement, on meurt à tout âge. Que la Tunisie peut basculer d'un moment à l'autre après son décès ? Soit, mais basculer vers quoi ? On est en démocratie et la pire chose qu'on risque est d'organiser, dans la précipitation, de nouvelles élections. Que la Tunisie est fragile d'être commandée par une personne âgée ? Constitutionnellement parlant, il est bon de rappeler que ce n'est pas le président de la République qui dirige la Tunisie, mais le chef du gouvernement. Concrètement, ceci n'est pas très vrai chez nous et Béji Caïd Essebsi (à cause ou grâce à sa forte personnalité) tient les manettes du pays via Youssef Chahed, mais aussi via son fils Hafedh Caïd Essebsi et son « ami » Rached Ghannouchi, les deux dirigeants des principaux partis au pouvoir. Mais en dépit de son âge, grosso modo, il les tient bien ces manettes quoiqu'on en dise et de tout ce qu'on peut lui reprocher. On ne peut même pas le comparer à son prédécesseur, totalement instable et lunatique, inféodé aux Turcs et aux Qataris, Béji Caïd Essebsi joue dans une division bien supérieure. Pour l'avoir rencontré à plusieurs reprises et voyagé avec lui, je peux témoigner, ainsi que des centaines d'autres personnes, que l'actuel président de la République est bien plus actif et productif que beaucoup de trentenaires et quadragénaires que je connais. Moins dynamique, certes, mais plus actif et plus productif, cela ne souffre d'aucun doute.

En résumé, avec un minimum de bon sens, faire propager la rumeur du décès du président de la République est une idiotie qui ne sert à rien. Ce qui est cependant inquiétant est la réaction de l'entourage du président de la République qui a réagi au quart de tour pour démentir l'intox et annoncer le dépôt d'une plainte et l'ouverture d'une enquête. Une institution comme celle de la présidence devrait, à mon sens, avoir plus de retenue et de hauteur, ne pas céder au populisme et donner écho et importance aux agitations des excités de tous bords. Un démenti formel via les réseaux sociaux et les médias aurait suffi. L'impulsivité n'a pas sa place face aux hordes.
Ce qui est cependant surprenant est la rapidité des services de l'Etat pour arrêter les énergumènes suspectés d'être derrière l'intox. Ainsi donc, une unité sécuritaire spécialisée relevant de la brigade nationale de lutte contre le terrorisme a réussi en moins de 48 heures à identifier les suspects. En clair, on a fait appel à l'artillerie lourde pour abattre une mouche. Une rapidité et une mobilisation qu'envieraient les centaines de « personnalités » victimes quotidiennes de ces agressions et de ces intox. Nous avons donc la capacité d'arrêter les voyous, mais nous les laissons quand même continuer à insulter et à menacer ? Pourquoi la brigade qui a réagi au quart de tour, avec efficacité, pour arrêter ceux qui se sont attaqués au président de la République ne réagirait-elle pas aussi rapidement et efficacement quand c'est un député ou un homme de médias la victime ?
L'Etat et ses services sont supposés être au service de tous et les victimes des délinquants numériques se comptent par milliers et il n'est pas toujours besoin que ces derniers déposent plainte auprès du procureur et déclenchent le long et pénible processus judiciaire pour que ces services d'El Gorjani réagissent. Une personnalité publique se fait attaquer quotidiennement par de nombreux délinquants numériques et n'a ni l'énergie, ni le temps pour déposer plainte à chaque fois.


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