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Où sont passés les Go Jo ?
Publié dans Business News le 14 - 01 - 2018

Il fût un temps, presque une éternité, quand les réseaux sociaux lançaient des campagnes de soutien en faveur du jeune chef du gouvernement et que les manifestants se rassemblaient à la Kasbah pour scander son nom. A se demander où sont passés les « Go Jo » ? En effet, s'il y a un homme politique dont personne ne souhaite être à la place aujourd'hui, c'est bien Youssef Chahed. En ce jour de commémoration du septième anniversaire de la révolution, l'homme semble être seul et isolé, attaqué par ses adversaires de tous bords et lâché par les siens.

En politique, c'est bien connu, un dirigeant ne peut évoluer que s'il est entouré par un cercle de fidèles indéfectibles, d'un autre cercle d'alliés sûrs et d'un troisième cercle de soutiens critiques. Au cours des dernières semaines et compte tenu des développements dans le pays, le chef du gouvernement a vu, malheureusement pour lui, le cercle de ses soutiens critiques s'effriter. Il s'agit essentiellement de certaines franges de l'opposition, notamment du Tayar des époux Abbou, qui se sont engagés clairement aux côtés de Chahed à l'annonce de sa campagne anti-corruption. Seulement, cette campagne a vite fait de montrer des signes alarmants d'essoufflement et a viré, du moins en apparence, vers un règlement de comptes sélectif et donc politiquement improductif. Les quelques gros bonnets incarcérés dans le cadre de cette campagne jusqu'à présent, cachent mal la forêt de corrompus qui continue à sévir librement et à gangrener l'économie et le climat politique dans le pays. Pour Youssef Chahed, la dilapidation de ce réservoir de soutiens critiques lui a été préjudiciable puisque les critiques contre lui sont devenues plus âpres, mais surtout plus crédibles aux yeux d'une frange de l'opinion publique.

Ses alliés politiques s'amenuisent eux aussi. En quelques mois seulement, trois partis politiques signataires du pacte de Carthage, document fondateur sur lequel repose la légitimité de Youssef Chahed, lui ont fait faux bond. Il s'agit d'Afek Tounes, du parti Joumhouri et de l'UPL. Pour ce dernier, son retour récent parmi les signataires du pacte de Carthage est insignifiant tant il est clair que c'est plus la situation, extrêmement complexe, de son fondateur Slim Riahi, qu'autre chose qui est derrière ce énième revirement de l'UPL. Concernant les autres signataires du document de Carthage, faut-il rappeler que le Machrouû de Mohsen Marzouk s'est opposé dès le premier jour à la nomination aux forceps de Youssef Chahed à la tête du gouvernement d'union nationale, que le Nidaa n'a jamais montré des preuves tangibles de son implication effective à côté du chef du gouvernement et que Ennahdha, fidèle à son habitude, a un soutien très intéressé et n'a jamais dépassé le cadre du discours et des déclarations de principe, comme chaque fois quand il s'agissait de soutenir un responsable politique non islamiste.

Mais le chef de l'Etat qui avait pourtant réussi le coup de force de présenter Youssef Chahed comme unique candidat au poste de chef de gouvernement d'union nationale, semble aujourd'hui tourner le dos à son protégé. Depuis quelques temps, on voyait le ciel s'assombrir entre la Kasbah et Carthage et les piques se multiplier, par conseillers interposés, entre les deux places fortes du pouvoir. Les observateurs ont noté, non sans étonnement, l'absence du chef du gouvernement lors des deux réunions successives des signataires du Pacte de Carthage comme si les thèmes traités au cours de ces réunions ne l'impliquaient pas directement. Pire, et même si elle est programmée depuis longtemps, la visite du chef de l'Etat à la cité Ettadhamen, après quelques jours seulement de l'épisode malheureux de la visite du chef du gouvernement à El Batan et son impossibilité de continuer sa visite jusqu'à Tebourba, laisse l'impression d'un rétablissement sévère de la hiérarchie entre les deux hommes : Béji passe où Chahed trépasse.

Il ne reste à ce dernier donc que le cercle très restreint de fidèles. Mais un regard attentif n'a aucune peine à constater que ce cercle se limite aujourd'hui à une poignée de membres de son gouvernement. On parle tout au plus de six ou sept ministres et conseillers confondus.
Quant aux fans, car c'est comme cela que ce mouvement est désormais perçu, ces adhérents et animateurs de la campagne « Go Jo », se font très discrets, trop même. Certains par opportunisme, à la tunisienne. D'autres parce qu'ils étaient des indépendants n'ayant aucune expérience politique, même s'ils sont actifs devant leurs claviers d'ordinateurs, et peu enclins à un effort soutenu et de longue haleine. Enfin, beaucoup ont lâché prise après désillusion, sinon parce qu'ils sont déçus par l'attitude d'un chef qui s'est montré trop timide, trop hésitant et incapable d'aller vite et jusqu'au bout de son projet de lutte contre la corruption. Pour ces « Go Jo » désabusés, le risque est de les voir partir grossir le contingent de ces Tunisiens qui se désintéressent de plus en plus de la chose publique. Pour Jo lui-même, le risque est de se retrouver de plus en plus seul et isolé.


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