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Être chef du gouvernement, c'est bien ; être Premier ministre, c'est mieux !
Publié dans Business News le 27 - 01 - 2020

Il a fallu moins d'une semaine pour le chef du gouvernement désigné Elyes Fakhfakh pour créer la controverse. Son prédécesseur, Habib Jamli, a mis près d'un mois pour comprendre ce qui lui arrive et près d'un autre mois pour choisir les familles politiques et les personnalités avec qui il va travailler. Elyes Fakhfakh n'a pas perdu son temps, il est allé de suite au fond du sujet pour nous dire le fond de sa pensée.
Avec 0,34% à la présidentielle et zéro siège au parlement pour son parti Ettakatol, Elyes Fakhfakh n'a aucune légitimité populaire pour être là où il sera, à la tête du futur gouvernement. Sa seule légitimité, il la tire de celle du président de la République, Kaïs Saïed et, à degré moindre, de l'actuel chef du gouvernement Youssef Chahed, dont le parti Tahya Tounes a été le seul à le proposer pour le poste. Ces deux désignations (ainsi que le « sans objection » d'Attayar) lui donnent la légalité requise, certes, mais il faut qu'il se réveille de bonne heure pour obtenir la légitimité minima aux yeux du public.
Avant même de commencer à travailler, Elyes Fakhfakh est déjà redevable à Kaïs Saïed, à Youssef Chahed et à Mohamed Abbou. Sans eux, il aura continué à n'être qu'un petit politicien crédité de 0,34% de popularité. Ce n'est pas nouveau pour lui, il y a huit ans, Elyes Fakhfakh était redevable à Mustapha Ben Jaâfar sans qui il ne serait jamais devenu ministre et politicien.

En général, les politiciens ramènent avec eux un historique, une expérience, un programme, des promesses, une vision, un savoir-faire, un carnet d'adresses… Elyes Fakhfakh, lui, ramène avec lui une créance, une « redevabilité ».
En 2012, et parce qu'il a été nommé par Ben Jaâfar, lui-même nommé par Ennahdha, M. Fakhfakh en sa qualité de ministre des Finances, a cru nécessaire d'offrir aux islamistes ce que son prédécesseur Houcine Dimassi a refusé catégoriquement de donner. Ainsi est né l'article 32 de la Loi de finances 2013 (JORT du 1er janvier 2013) octroyant aux anciens terroristes, fuyards et condamnés par l'ancien régime, le montant des contributions salariales et patronales durant leurs décennies de prison et de chômage. Cela nous coûte et nous coûtera des milliards de dinars et un déficit abyssal des caisses sociales, mais peu importe. Elyes Fakhfakh se devait d'offrir aux islamistes ce qu'ils voulaient, puisque sans eux, il n'aurait jamais pu être ce qu'il a été.
En 2020, bis repetita. Kaïs Saïed lui a offert le poste de chef du gouvernement et, à ce titre, il va se considérer redevable. Et si Kaïs Saïed lui a demandé d'exclure Qalb Tounes (QT) et le Parti destourien libre (PDL) du gouvernement, eh bien Elyes Fakhfakh va s'exécuter et écarter QT et le PDL du gouvernement, quitte à se démentir et se discréditer !

Il y a de quoi s'interroger parfois si nos hommes politiques ont lu les bibles de la littérature politique rédigées par les grands philosophes grecs, tel Aristote ? Ont-ils lu l'Histoire des grandes nations et ce qu'ont réalisé les pères fondateurs, tel George Washington ? Est-ce qu'ils connaissent le Prince de Machiavel ? Restons terre à terre, ont-ils au moins regardé des séries Netflix comme « House of Cards » ou «Designated Survivor » que tout politicien qui se respecte se doit de regarder ? Pour le cas d'Elyes Fakhfakh, le doute est permis, car son comportement des tous premiers jours démontre qu'il n'a rien lu ou vu de tout cela. J'espère me tromper.
Son comportement est digne d'un véritable néophyte. Pour le confrère Borhen Bsaïes, « Elyes Fakhfak a commis une erreur tactique quand il a abattu les cartes de sa stratégie pour composer son gouvernement en excluant clairement QT. Le sort de son gouvernement est désormais entre les mains d'Ennahdha. L'exclusion en politique est possible et légitime. Mais c'est une chose qu'on pratique et qu'on tait. Que dire alors quand on en parle avant même d'avoir commencé la rencontre ?! »
Il est presque certain que Kaïs Saïed a conditionné la nomination d'Elyes Fakhfakh à la Kasbah par l'exclusion de QT. Ceci est légitime, mais suicidaire. De prime abord, et avant même d'avoir commencé quoi que ce soit, M. Fakhfakh se prive des 38 députés de QT. Le bon sens exige d'un homme politique néophyte qu'il rencontre les dirigeants de ces partis, leur montre son programme et sa vision, écoute ce qu'ils ont à dire puis décide. Le bon sens exige d'un homme politique avisé de laisser la porte ouverte à tous ses éventuels détracteurs et opposants. Le bon sens exige d'un homme politique chevronné de dire à Kaïs Saïed qu'il ne peut pas conditionner sa nomination par l'exclusion de X et Y, car ce n'est dans l'intérêt de personne de donner cette image et que cette exclusion déclarée risque de mener vers l'impasse.

L'image qu'a réussi à donner Elyes Fakhfakh, à peine quatre jours après sa nomination, est qu'il a accepté d'être un Premier ministre chez Kaïs Saïed. Qu'il a accepté d'être redevable à celui qui fera de lui un chef du gouvernement, quitte à tourner le dos à ses propres principes, à son propre programme et à ses propres déclarations.
Rappelez-vous septembre 2019, en pleine campagne électorale. Economiquement, Elyes Fakhfakh regarde à droite et parle privatisation, libéralisation et hautes technologies. Kaïs Saïed regarde à gauche, parle de gouvernance locale populaire. Il n'a même pas Facebook et il s'en vantait. Socialement, Elyes Fakhfakh s'est prononcé pour l'égalité de l'héritage, la légalisation du cannabis, les libertés et contre la peine de mort. Il a été juste aux antipodes de Kaïs Saïed, conservateur déclaré qui s'assume. L'un et l'autre n'ont quasiment aucun point commun.
Rappelez-vous lundi dernier quand il a été désigné. Elyes Fakhfakh a lui-même promis qu'il va travailler à obtenir le plus grand soutien politique et qu'il ne va exclure personne. Quatre jours après, il a exclu 25% de l'Assemblée, au moins !
En choisissant une personne non proposée par la majorité des partis, qui a été fortement rejetée par les urnes, Kaïs Saïed a juste tendu un gros piège à Elyes Fakhfakh. Un piège deviné et évité par les deux personnalités les plus choisies par les partis, Fadhel Abdelkefi et Hakim Ben Hammouda.

Devant sa propre carrière et ses propres intérêts, Elyes Fakhfakh n'a pas vu ou a refusé de voir le piège du président de la République. Il a tout de suite accepté la condition de sa nomination, tout comme hier il a accepté les conditions dictées par son premier mentor Mustapha Ben Jaâfar.
A 47 ans, encore jeune politiquement, Elyes Fakhfakh donne l'impression qu'il ne veut pas être maitre de sa décision et qu'il préfère écouter ses aînés qui l'ont désigné pour lui soumettre le travail qu'ils ne peuvent pas accomplir eux-mêmes. Il s'est comporté avec Kaïs Saïed comme il s'est comporté avec Mustapha Ben Jaâfar par le passé. Alors qu'il peut être un général responsable, il préfère être soldat aux ordres. Alors qu'il peut être un chef du gouvernement, il préfère être un Premier ministre.
Pourquoi se comporte-t-il ainsi ? Elyes Fakhfakh est conscient et convaincu qu'il n'a pas de légitimité. Il n'en avait pas en 2011, puisque sans historique militant, et il ne doit son poste qu'à Mustapha Ben Jaâfar qu'il a réussi à séduire et convaincre.
En 2020, pareil. Entre 2013 et 2019, personne n'a plus entendu parler d'Elyes Fakhfakh. Une fois sa mission au gouvernement de la troïka achevée, il s'est inscrit aux abonnés absents évitant toute exposition et tout positionnement par rapport aux différentes crises et différentes problématiques rencontrées durant ces années. Il a pensé, tout comme son parti, que le fait de ne rien faire était le meilleur moyen de ne pas se tromper. Sans cet historique politique durant ces années, sans légitimité des urnes avec son 0,34%, sans aval d'une majorité de partis parlementaires (36/217 députés le proposent théoriquement), Elyes Fakhfakh sait qu'il ne pèse absolument rien sans son nouveau mentor.
Quand on sait la « redevabilité » du futur chef du gouvernement au président de la République, quand on connait sa disposition à l'obéissance, quand on sait que son propre programme politique est aux antipodes de celui de son nouveau mentor et quand on sait que cette nomination est juste antidémocratique et contraire à la devise présidentielle de « le peuple veut », il est difficile de maintenir la confiance et de préserver l'apriori positif accordés à Elyes Fakhfakh. Difficile d'accepter quelqu'un de faible qui ne sait pas dire non à ses bienfaiteurs et qui préfère son intérêt propre à l'intérêt collectif. Pourvu que je me trompe !


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