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L'étrange cas du Dr Raoult et M. « Chloroquine Dundee »
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 06 - 2020

Illustration : Coco (France) / © Charlie Hebdo
Par Abdel Aziz HALI
Le très controversé épidémiologiste Pr Didier Raoult a été auditionné, hier après-midi, à Paris, par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.
Tel un Tonton flinguer, le directeur de l'IHU de Marseille n'a pas raté l'occasion pour tirer sur tout ce qui bouge, en pointant du doigt le copinage et les conflits d'intérêts entre l'industrie pharmaceutique et les politiques. Il a même suggéré que les résultats très préliminaires encourageants du « Remdesivir » du laboratoire Gilead avaient été annoncés pour manipuler le cours de Bourse.
Par ailleurs, le chantre de l'hydroxychloroquine n'a pas laissé l'occasion s'échapper pour régler ses comptes avec le conseil scientifique en le qualifiant de « faillite totale ». « Je ne suis pas resté au Conseil scientifique car je trouvais que ce n'était pas un Conseil scientifique », a-t-il déclaré.
Le scientifique, qui fait désormais figure de Rock-star, a dénoncé, aussi, sans ménagement la mise en place «tardive» d'essais cliniques en France sur son protocole: l'hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme) associée à l'azithromycine (un antibiotique).
Le natif de Dakar pense qu'il aurait fallu laisser les médecins décider au cas par cas de donner de l'hydroxychloroquine, estimant que c'était « une faute » de l'avoir interdite.
« Si j'avais été président de l'Ordre des médecins j'aurais démissionné immédiatement », a-t-il déclaré devant la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale.
Certes, nul ne peut contester les compétences du professeur Raoult, mais, en écoutant attentivement ses réponses on réalise que le bien Sachant ne répond jamais aux questions.
On accuse parfois les politiciens de ne jamais dire les choses telles qu'elles sont. Or, le Savant de Marseille s'est encore une fois distingué lors de cette audition par une attitude digne d'un politique chevronné. Il n'a cessé de débiter des réponses complexes à travers de longs monologues pour faire passer — comme d'habitude — ses propres opinions. Aucune réponse claire, nette et explicite.
Il est vrai que Dr Didier Raoult est un érudit. Mais, lors de cette audition, on a découvert un autre talent: l'art de noyer le poisson.
Il bombarde son interviewer ou la personne qui lui pose une question d'informations. Il le/la submerge de données scientifiques. Et on finit par être subjugué et émerveillé par le flux d'infos et l'étendue de son savoir. Or, en réalité, ses réponses n'ont rien à voir avec les questions posées.
Pendant ce temps-là, les « Raoultiens » (les défenseurs de ses thèses) pour ne pas dire son fan club sur les réseaux sociaux crient au génie. Le bonhomme est adulé comme s'il était le Messie ou le « Mahdi » attendu.
Attention, ne touchez pas à notre « Chloroquine Dundee » (le surnom donné par ses adorateurs africains) ! Vous êtes en présence du sauveur de l'Humanité contre l'axe du mal: le « Big Pharma » et ses sbires.
Bref, en l'absence de bras comparatif (groupe témoin recevant un placebo), le professeur peut impressionner la galerie par son art de la « tchatche » scientifique et diluer toutes les questions qu'on lui pose. Mais une chose est sûre, il est extrêmement difficile de savoir si son traitement serait efficace ou pas contre ce satané de virus.
D'ailleurs, ses fervents supporters ont tendance à oublier que, selon les données publiques et scientifiques disponibles, au moins 85 % des gens testées positifs au Covid-19 gué- rissent de manière spontanée, sans aucun traitement.
Après tout, la pandémie du Sars-CoV-2 nous a appris une seule chose : l'ignorance a mis tout le monde (scientifiques et profanes) sur un pied d'égalité. Souvenez-vous, le 12 mai dernier, le médecin au franc-parler piquant et aux cheveux longs comme « Panoramix » avait déclaré dans une vidéo que l'épidémie était «en train de se terminer». Aujourd'hui, le célèbre épidémiologiste n'exclut pas une seconde vague.
Comme quoi seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. Certes, le Dr Didier Raoult est loin d'être un imbécile, mais il reste un mortel et un humain. N'est-il pas vrai qu'« errare humanum est» (l'erreur est humaine) ?
A.A.H.


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