Budget de l'Etat 2021: La masse salariale en hausse de 5,7%    Tunisie : La consommation de la bière souffre du COVID-19 et de la saison touristique maigre    Covid-19 | Grand Tunis : Couvre-feu maintenu jusqu'au 6 novembre    Discours apaisant de l'UE, Londres marque son "intérêt"    Plan de relance aux USA    Au moins 25 sécuritaires afghanes tués    Le Barça cartonne, la Lazio dompte Dortmund    Augmentation des ressources d'emprunt de 91,5%, par rapport à la LF initiale    Le Couvre-feu reconduit dans le Grand Tunis à partir de demain vendredi    Tunisie: Réunion du bureau du parlement cet après-midi    L'AFD annonce la signature de deux accords de soutien financier aux réformes prioritaires en Tunisie    Tunisie: Exportation de 3.000 tonnes de fruits vers la Libye au cours des 20 jours d'octobre    Tunisie : Vers un renforcement de la coopération entre la Tunisie et le HCDH en matière de droits de l'Homme    Désormais, une tarification fixée par l'Etat pour les cliniques privées    Projet du budget de l'Etat 2021 : 315 millions de dinars consacrés aux programmes d'emploi    Vidéo buzz : MBC The Voice Senior : Un tunisien de 71 ans impressionne le jury    Saïed ou l'antisystème politique classique    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 22 Octobre 2020 à 11H00    Europa League (Poules / 1ère journée): les matches de ce jeudi    Ahmed Ben Salah: L'homme du devoir (Photos)    Projet d'amendement du décret-loi 116 : Le secteur médiatique au cœur du jeu politique !    Tunisie : Net repli des échanges extérieurs aux prix constant jusqu'au mois de Septembre    Coronavirus : 388 tests rapides ont été réalisés à Jendouba    Régularisation de la situation des ouvriers de chantiers : Un accord inclusif et équitable    L'humidité pourrait réduire la contamination par aérosol    Classement Fifa : la Tunisie conserve sa 26e place mondiale et la deuxième africaine    L'inquiétude s'installe au CAB : L'incertitude au quotidien    BH Assurance : Un chiffre d'affaires en hausse de 5% (30 09 2020)    CONDOLEANCES : Mabrouka BEN NASR    UBCI : Un PNB de 177,648 millions de dinars (30 09 2020)    La Fédération générale de la culture exprime son refus de la réduction du budget du ministère des affaires culturelles pour l'année 2021    Le CS Sfaxien reprendra aujourd'hui jeudi les entrainements    AfroBasket-2021 (qualifications) : 18 joueurs convoqués pour un stage de préparation    L'IFT garde le fil en ligne sur sa page facebook    Météo : Températures en légère hausse    Les Ciments de Bizerte reprennenLes Ciments de Bizerte reprennent les exportations par voie maritime    Visite d'adieu de l'ambassadeur d'Autriche à Tunis chez Jenandi    Tunisie : Il est possible de prolonger le couvre feu à une condition, selon Hechmi Louzir    La Foire internationale du livre Tunis n'aura pas lieu en mois de novembre prochain    Des militaires libyens des camps au conflit s'accordent sur l'ouverture des routes et la reprise des vols entre les villes    Gilles Kepel : «La loi contre le séparatisme doit traiter les causes et non les seules conséquences»    L'espace d'art B7L9 abrite l'exposition "Culture Solidaire", des œuvres créées durant le confinement    Diffusion et débat live autour du film "Lettres du contient" sur la page Fb de l'association l'Art Rue    Conférence de presse digitale de L' « Open Art Week 2020 » : La création explorée autrement    «La voie normale» d'Erige Sehiri : Sortie française    USA : Les micros de Donald Trump et Joe Biden seront plus souvent coupés lors du prochain débat    Israël et les EAU signent un accord d'exemption de visa    Exercice naval tuniso-français au large des côtes françaises (Défense)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Comportement et pratiques sociales : Ce dangereux ensauvagement qui gagne du terrain
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 09 - 2020

Pourquoi est-on descendu si bas ? Quelle mouche a piqué ces Tunisiens ou Tunisiennes qui ne respectent plus rien ?
Depuis cette...révolution, l'observateur-citoyen paisible et discipliné ne cesse d'enregistrer cette descente aux enfers qui ne finit pas de surprendre plus d'un : une vieille femme centenaire qui se fait violer, un employeur qui roue de coups un de ses employés subsahariens, un « père » qui découpe en morceaux son bébé, une bataille rangée entre deux familles pour un taxi, des grèves sauvages partout, des femmes aux visages tuméfiés par les coups de leurs conjoints, des institutions vouées à l'arrêt, des intérêts économiques qui partent en fumée, ces longues tirades d'accusations et d'insultes au nom de la démocratie et de la liberté de parole entre les membres de l'ARP qui s'offrent en spectacle et qui donnent le bon exemple, des personnes qui attendent de rendre compte à la justice qui donnent des leçons de probité à ceux qui veulent bien les entendre, et nous arrêtons là cette lugubre et macabre citation de faits qui illustrent quotidiennement la presse nationale.
Pourquoi est-on descendu si bas ? Quelle mouche a piqué ces Tunisiens ou Tunisiennes qui ne respectent plus rien ?
Tout est bon pour agresser
Que ce soit des agressions physiques caractérisées ou par des paroles assassines, tout est bon pour créer le scandale, attiser un régionalisme renaissant pour diviser pour mieux régner, creuser plus profondément un fossé qui finira par engloutir tout ce que des générations ont mis plus de soixante ans à édifier.
Cet ensauvagement de la société ne s'arrête pas là à notre avis. En effet, lorsque l'on s'acharne de sang froid à priver le Tunisien de son pain quotidien, qu'on lui interdit, par des hausses de prix insupportables, l'accès à telle ou telle denrée, qu'on lui retire le droit de posséder le minimum pour une vie décente, qu'on baisse une vitre pour vous insulter parce que vous vous êtes conformé à un feu rouge que l'on grille sans vergogne au risque de sa propre vie ou de celle des autres, cela s'apparente à cet ensauvagement que l'on semble ignorer, du moins auquel on accorde peu d'importance.
Et ces prix des fruits et légumes que les trafiquants et les «affameurs attitrés», de tout bord, imposent pour des produits dont le pays est producteur et qu'ils affichent des étiquettes qui valsent tous les jours vers la hausse, sous l'œil impassible des syndicats qui font de la politique. Leur force, ce sont ces chambres froides et ces dépôts clandestins, enfouis dans les tissus urbains des cités populaires, que l'Etat a le plus souvent contribué à mettre en place !
L'impunité coupable
Des négligences et du laisser-aller qui donnent le vertige, car nous allons finir par revenir à une période que le Tunisien des temps modernes n'a jamais vécue : une société où le crime, la violence verbale ou physique, l'indiscipline, la manipulation et les trafics, la destruction du bien d'autrui, l'atteinte aux institutions de production de l'Etat ou autre opérateur-employeur, ne sont pas punis, où seul le plus fort a le droit de survivre et où celui qui a le plus d'argent ou le plus de «connaissances», donc de pouvoir, peut s'en tirer aux moindres frais.
Cet ensauvagement gagne de plus en plus de terrain face à l'absence de sanction.
On trouvera toujours le moyen de sauver le coupable. Sans pour autant engager de vaines et inutiles polémiques avec les responsables corporatifs des différentes parties prenantes de cette question, le citoyen juge à partir de ce qu'il voit, entend et subit. Il ignore et n'a pas d'ailleurs besoin d'être un fin connaisseur des codes juridiques, dont les contours sont exploités par qui de droit pour sauver un coupable.
Avant que la sueur ne sèche
Avant la révolution, cette main de fer était visible et pesait lourdement sur les coupables. Le candidat au crime savait ce qu'il encourait s'il se faisait attraper. Ce sera la fin pour lui et pour sa famille. Aujourd'hui, on a beau faire des efforts et notre police et notre garde nationale font un travail extraordinaire pour réprimer ces faits illégaux, mais cela nous donne l'impression que cela ne fait qu'encourager les malfaiteurs, les faussaires, les transporteurs-assassins vers l'autre rive de la Méditerranée, les employeurs malveillants et racistes et qui ne craignent ni Dieu ni l'homme. Cherchez la cause !
Nous sommes loin des recommandations que l'on nous a inculquées et qui ordonnent de «payer un employé avant que sa sueur ne sèche». Nous sommes bien loin de cette tolérance qui fait que l'on respecte le plus âgé, les enfants, que l'on aide une vieille à porter son couffin, que l'on sourit à son voisin ou que l'on accorde la priorité à une femme enceinte ou un malade.
Dans tous les domaines
Partout, vous risquez de vous faire avoir : au marché, on vous fourgue de la marchandise avariée de différents calibres en vous intimant l'ordre de vous taire ou d'aller voir ailleurs, au super-marché, on engage des milliards pour des publicités mensongères qui vous assurent que ce sont les meilleurs prix, alors qu'il n'en est rien, ou vous prend plus que le prix figurant sur l'étiquette que l'on pose bien en vue entre deux produits qui se ressemblent, à l'administration, on vous fait revenir mille et une fois pour de la paperasse inutile, à la Cnam, on vous oublie au niveau des remboursements et on pose des conditions, au-devant desquelles vous renoncez à ce remboursement, chez le médecin, l'un vous prend cinquante, l'autre soixante, l'autre encore soixante-dix dinars pour une visite, à la clinique, on vous loue la chambre plus cher qu'une suite dans un dix étoiles, chez le boulanger, on vous vend du pain farci de produits nocifs pour la santé, dans le bus on vous secoue plus qu'à bord d'une barque en pleine tempête méditerranéenne (ne parlons pas de la distanciation sociale),.
Chacun agit à sa guise et vous subtilise cet argent qui semble avoir hypnotisé ce Tunisien que l'on ne reconnaît plus. C'est le «chacun pour soi et Dieu pour tous» qui règne en maître dans cette société qui se disloque de jour en jour. Solidarité, tolérance, fraternité et amitié s'estompent de jour en jour du dictionnaire de nos compatriotes. Où s'arrêtera cette descente aux enfers ?
Suivez le regard de ceux qui sont intimement convaincus que l'affaiblissement de l'Etat, l'impunité ou la légèreté des sanctions, l'épanouissement de la propagation et de la vente des drogues, le relâchement des liens familiaux, la scolarisation et les programmes scolaires en berne sinon inadaptés qui encouragent l'abandon, la perte de confiance en ce vague lendemain et bien d'autres choses encore, sont à la base de cet ensauvagement de notre société.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.