Gaz et pétrole de schiste: extraire l'enfoui, assumer les dégâts    LG InnoFest 2026 MEA marque son grand retour au Moyen-Orient et en Afrique    Femmes & Tech: comment Epson fait de la parité un moteur de performance    Météo en Tunisie : temps nuageux, pluies faibles attendues l'après-midi    Mongi Chemli: Mélanges à lire    Alerte météo : l'Observatoire de la sécurité routière met en garde les usagers de la route    Transport international : lancement de deux nouvelles lignes entre la Tunisie et l'Algérie    Rapatriement de 13 Tunisiens bloqués à Iran via la Turquie    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    Posidonie: la forêt invisible qui protège la Méditerranée    Tunisie : la liquidité monétaire explose à un niveau jamais atteint !    Huawei offre une connectivité à 170 millions de personnes dans le monde    Autoroutes en Tunisie : rechargez désormais votre badge via l'application D17    Le film À voix basse de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid sélectionné au PCMMO 2026, après la Berlinale    Festival de la chanson tunisienne 2026 : Palmarès de la 24ème édition    Le général Abdel Rahman Suwar al-Dahab: une exception    La Galaxy S26 Series arrive en Tunisie : précommandez-la et profitez du 512 GB au prix du 256 GB d'un an de garantie sur l'écran    Météo en Tunisie : baisse de températures, pluies éparses et orageuses attendues    Croissant lunaire visible : vendredi 20 mars pour la majorité des pays    Festival Jean Rouch hors-les-murs à Tunis : 3ème édition du 14 au 19 avril 2026 au Cinéma Africa    Le président Kaïs Saïed présente ses condoléances à la famille du doyen Sadok Belaïd    Obsèques du doyen Sadok Belaïd: Dans l'émotion et le recueillement (Album photos)    Hatem Kotrane : Hommage à Sadok Belaïd, le doyen de tous    Trois parcours, une même excellence : le CNOT rend hommage aux femmes du sport    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Suspension de tous les vols d'Emirates vers et depuis Dubaï    Salah Bourjini, un diplomate tout terrain    Coup de tonnerre : Youcef Belaïli suspendu un an pour falsification de documents    Météo en Tunisie : pluies orageuses attendues à l'Est du Pays    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Alerte Sécuritaire : Le Ministère de l'Intérieur Qatari relève le niveau de menace et appelle au confinement    Souad Guellouz: Née pour être écrivaine, romancière et poétesse    Taoufik Hachicha: La radio régionale en temps d'exception (Album photos)    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Edito: Réinjecter l'expertise des retraités    Le VAR se réinvente... Les grandes nouveautés pour le Mondial 2026    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Médecine esthétique | Des opérations tournent au drame : Dépassements sous silence
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 11 - 2021

Si la Tunisie se positionne aujourd'hui comme une destination phare de santé et de bien-être, des manquements, qui coûtent parfois la vie à plusieurs patients, restent sous silence des autorités, comme de la justice.
La Tunisie est connue comme étant une destination de choix pour les personnes désireuses de subir une chirurgie esthétique. Pour les Tunisiens comme pour les étrangers, les cliniques et les médecins privés ne manquent pas, offrant une panoplie d'options pour ces patients. Cependant, cette activité n'est pas exemptée de manquements ni de pratiques hors la loi, dans certains cas, des drames surviennent.
Il y a quelques jours, une jeune femme tunisienne originaire du gouvernorat de Kairouan est décédée suite à une liposuccion qu'elle a subie dans une clinique privée à Tunis ayant mal tourné. Un drame qui a fait couler beaucoup d'encre, d'autant plus que ce n'est pas la première fois que de telles tragédies surviennent pour nous rappeler la précarité d'une telle activité, pourtant réglementée, ou presque, par la loi.
«Une nouvelle victime du même médecin»
Souhaitant se débarrasser de ses kilos de trop, la jeune femme a été finalement admise dans une clinique privée à Tunis où elle a subi une opération chirurgicale ayant mal fini. Plusieurs médecins ont refusé de la prendre en charge vu que son état de santé était fragile et qu'il ne nécessitait pas une intervention chirurgicale, un simple régime alimentaire aurait suffi.
Selon le témoignage de son amie, la jeune femme a subi une opération de sept heures et est décédée en salle d'opération. Elle soupçonne une erreur médicale et accuse le médecin traitant de négligence. Cependant, l'affaire est passée inaperçue, aucune enquête judiciaire n'a été enclenchée jusqu'à présent.
Sauf que l'avocat Mounir Ben Salha rappelle que la défunte a subi le même sort d'une autre jeune qui avait trouvé la mort en septembre 2020 suite à une liposuccion réalisée dans la même clinique privée et sous la supervision du même médecin. «Une nouvelle victime du même médecin», a-t-il posté sur son compte Facebook, insinuant que le médecin en question serait responsable des deux décès.
En effet, en septembre 2020, une jeune a fait une liposuccion qui lui a coûté la vie. La chirurgienne qui l'a opérée prétendait que la cause de la mort était une crise cardiaque. Cependant, selon la famille de la victime, il s'agit d'une erreur médicale, dans la mesure où le médecin aurait touché par erreur une veine provoquant une hémorragie interne.
Quel cadre légal ?
En Tunisie, ces décès provoqués des suites des opérations chirurgicales sont restés impunis. Au cas où une enquête judiciaire serait engagée, aucun résultat n'est révélé, et les patients sont toujours exposés à certains risques et dangers.
En dépit de ces risques, la chirurgie esthétique prolifère en Tunisie. Elle attire même des stars de téléréalité françaises et européennes dans le cadre de voyages organisés. Sauf que les patients font face à de nombreuses complications et à l'absence de suivi médical une fois l'opération terminée.
En Tunisie, le cadre réglementant ces activités n'est pas assez complet, sauf que tous les actes de chirurgie esthétique par un non médecin constituent le délit d'exercice illégal de la médecine. L'absence d'un cadre relatif à la responsabilité médicale fait également enfoncer le clou, car le patient n'a pas souvent droit à des consultations de suivi et en cas de complication ou d'erreur médicale, les possibilités pour obtenir réparation ne sont pas assurées.
Dans de nombreux cas, le patient se retrouve souvent seul : la clinique qui l'a traité se décharge de son cas et son médecin habituel ne veut pas entendre parler de complications survenues.
Contacté par La Presse, le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) reconnaît que cette activité manque d'organisation et enregistre de multiples dépassements. « L'ordre des médecins n'épargnera aucun effort afin d'organiser le secteur de la médecine esthétique dans le cadre du respect des déontologies de la profession », a-t-on précisé.
Le Cnom a rappelé avoir rendu public un communiqué pour annoncer qu'une décision sera publiée prochainement permettant une actualisation de la liste mentionnant ceux ayant le droit de pratiquer la profession de la médecine esthétique. Le Conseil a fait part, par la même occasion, de son refus du recours de ces médecins à des publicités à travers des pages de réseaux sociaux, ainsi qu'à la proposition de prix exorbitants.
Un secteur en essor
En naviguant simplement sur internet, une infinité d'agences, de cliniques et de tour-opérateurs vous offrent de nombreuses formules sous forme de voyages organisés pour venir en Tunisie dans l'objectif de subir une opération chirurgicale esthétique. En effet, grâce à des offres alléchantes, ces agences séduisent de plus en plus de patients voulant se faire opérer à moindre prix. Dans certains cas, des patients français, par exemple, parviennent à économiser jusqu'à 60% des dépenses réservées à une opération esthétique.
Si la Tunisie se positionne aujourd'hui comme une destination phare de santé et de bien-être, ces manquements qui coûtent, parfois, la vie à plusieurs patients, restent sous silence des autorités, comme de la justice.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.