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Souffreteux et ankylosé
Hôpital régional du kef
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 05 - 2016


28 spécialistes pour 250.000 habitants.
Tomber malade ou être souffreteux et se rendre à l'hôpital régional du Kef n'est probablement pas la meilleure des solutions pour recevoir les meilleurs soins, ni la meilleure voie pour être tranquillisé sur sa santé. Même si beaucoup d'efforts ont été déployés cette année pour moderniser l'hôpital et le doter surtout du personnel médical nécessaire, les spécialistes, de surcroît, de nombreuses lacunes persistent tant au niveau de l'accueil que de la prise en charge des patients ou encore des soins à leur apporter.
Déjà, la carence au niveau des médecins est devenue un phénomène inquiétant car, pour une région qui compte près de 250 mille habitants, seuls 28 spécialistes exercent dans la région, ce qui représente l'un des taux les plus faibles dans le pays, d'autant plus encore que le manque affiché dans la médecine de spécialité touche également le secteur des généralistes vu que seulement 85 médecins sont installés dans la région, ce qui, aux yeux de tout le monde, constitue une grave lacune pour la médecine de première ligne, en général considérée comme un atout pour prévenir et même traiter de nombreuses maladies chroniques comme le diabète ou l'hypertension artérielle.
L'équipement fait défaut
A côté de ce topo peu reluisant du staff médical, se greffe un autre aspect non moins inquiétant de la médecine dans les régions de l'intérieur comme au Kef, étant donné le manque cruel en équipements de pointe, avec seulement un scanner à l'hôpital régional d'une capacité de 32 barettes, un appareil de monographie, 19 appareils de dialyse et six autres de radiologie dont trois sont mobiles et l'on se demande comment l'on peut, avec un tel état des lieux, assurer une médecine de qualité aux patients. Ces derniers sont contraints souvent de compter sur leurs propres moyens pour s'offrir une santé convenable, non sans peine encore, puisque pour centaines maladies, il est devenu nécessaire de se rendre à la capitale, faute de praticiens et de structures d'accueil. Ce qui brosse en quelque sorte un tableau inquiétant de la médecine dans le gouvernorat. Un jeune homme atteint au cou après avoir été agressé par une personne lors d'une rixe a failli périr n'eût été son transfert à la capitale où il a reçu les soins nécessaires. C'est dire l'incapacité des hôpitaux des régions de l'intérieur, dont celui du Kef, de prendre en charge tous les malades et de leur assurer une qualité de soins acceptable. Au service des urgences, le spectacle relève de l'incroyable, notamment lorsque le nombre de patients atteint le seuil de l'intolérable. Il faut avoir galvanisé ses nerfs pour attendre longtemps l'arrivée d'un généraliste, le plus souvent débordé pour une première prise en charge avant d'être orienté, la mort dans l'âme, vers les spécialistes souvent en garde chez eux.
Côté médicaments, les patients qui arrivent d'urgence ne sont que peu pris en charge sur ce plan car il est devenu coutumier que le médecin vous prescrive une ordonnance que vous êtes obligé d'acquérir chez une pharmacie et la payer en monnaie sonnante et trébuchante, excepté pour les soins usuels de blessures, d'hypertension ou de fièvre, à titre d'exemple, ou l'on vous prodigue les premiers soins nécessaires. La plupart des médicaments étant indisponibles, le patient est donc obligé de composer avec et ne compter que sur ses propres moyens, d'autant plus que l'on est obligé de s'acquitter des droits exigibles, lorsque l'on relève de la filière non publique de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam).
Les patients, fort contrariés, se plaignent immanquablement de la détérioration des prestations de soins dans tous les hôpitaux y compris l'hôpital régional du Kef où un vaste chantier est engagé pour la rénovation des services d'urgence, de radiologie et de laboratoire, le tout moyennant des investissements estimés à près de cinq millions de dinars.
On est encore loin de la structure où l'on peut trouver son compte en matière de prestations de services sanitaires, surtout que de nombreuses lacunes persistent au niveau de l'accueil et de l'admission dans les services. Avec un encombrement pratiquement incessant, l'hôpital est devenu, on ne peut plus, incapable de prendre en charge beaucoup de patients, surtout dans certains pavillons, comme celui de gynécologie où l'on a failli, en 2015, frôler la catastrophe en raison d'une absence totale de médecins spécialistes, ce qui a poussé les sages-femmes à accomplir, souvent, des actes risqués pour les patientes en état d'accouchement. Certaines ont même été transférées à Tunis pour éviter le pire.
Autant dire que tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme l'a expliqué un patient ayant fait l'objet d'un accident de la route et qui a été immédiatement transféré aux hôpitaux de la capitale où les qualités de soins sont jugées meilleures et le personnel plus qualifié.
Pourvu que l'on ne tombe pas malade au Kef, cela peut parfois être fatal pour le patient à moins de faire partie des gens cossus. Mais là, c'est une autre paire de manches...


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