La pratique enseignante pour l'éducation scientifique et le paradoxe de «l'innovation sans changement»    Tunisie : plafonds des taux d'intérêt fixés pour le premier semestre 2026    Moez Echargui brille à Pau et vise les demi-finales !    Alerte météo en Tunisie : vents jusqu'à 100 km/h, mer très agitée – sécurisez vos biens et vos vies !    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Inflation de 4.8%, déficit courant de de -4.350 MDT et taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%    Tunisie lance un appel d'offres international pour 50 000 tonnes d'orge    La municipalité de l'Ariana frappe fort contre le commerce illégal    Météo Tunisie : vents violents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Bonne nouvelle pour les Tunisiens : des centaines de postes ouverts dans l'éducation    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Décès de Boubaker Ben Jerad, une figure majeure du football tunisien    beIN MEDIA GROUP obtient les droits exclusifs de diffusion des Jeux Olympiques Milano Cortina 2026 et Los Angeles 2028 dans la région MENA    L'île de Djerba réduit de moitié sa consommation d'éclairage public grâce aux LED    Osaka 2025 : Mourad Ben Hassine souligne le succès tunisien devant 600 000 visiteurs    LG présente son expérience AI Home au LG InnoFest MEA 2026 à Abou Dhabi    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Météo en Tunisie : temps nuageux, chutes de pluies éparses    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    Sous la surface: un voyage dans les abysses, royaume de la pression    L'ambassadeur Mondher Mami est décédé    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Météo en Tunisie : chutes de pluies éparses sur les régions côtières    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'ACTION SYNDICALE ENTRE PASSE ET PRESENT: Au bout des dérives, il reste l'espoir
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 03 - 2023

De 1970 à 1980, le Premier ministre Hédi Nouira avait présidé aux destinées du pays et largement contribué à le préparer à l'intégration sur le plan mondial. En dépit des événements tragiques du 26 janvier 1978, la Tunisie a, quand même, connu un essor économique certain.
Où en est-on, aujourd'hui, de ces performances enregistrées au cours de la décennie 70-80 ? On ne peut pas dire que les conditions étaient faciles. Hédi Nouira, homme politique d'exception était condamné à réussir et à donner au pays toutes les possibilités de relever les grands défi s. En face de lui, il y avait le grand leader syndicaliste Habib Achour. L'Ugtt de l'époque disposait, également, d'une grande crédibilité auprès des masses des travailleurs et des salariés.
Le pragmatisme du « lion »
Si le chef de l'Ugtt avait soutenu la politique économique du Premier ministre, il était resté critique et avait pris ses distances quand il le fallait. Pragmatique, Habib Achour l'était bel et bien.
Toutefois, il n'était pas jusqu'au-boutiste. Comme le roseau, il pliait, mais ne cassait pas. Ce mérite ne dit plus rien à beaucoup de nos syndicalistes actuels. Il savait prendre les bonnes décisions en temps opportun. Son opposition sporadique à certaines politiques ne l'avait jamais conduit à faire obstacle au gouvernement ou à bloquer tous les moyens de production par d'interminables mouvements de grève et de « protestations ».
Le « lion » (c'est ainsi que certains se plaisaient à l'appeler) a fait gagner un capital- confiance à cette organisation tant au niveau national qu'international. Sans jamais solliciter l'ingérence étrangère. Le rôle d'une telle organisation, avait-il essayé de faire comprendre, ne se limitait pas au volet de la revendication. Même si quelques responsables syndicalistes tentent de faire disparaître cette image, ils n'y parviennent pas. Surtout au cours des dernières années. En effet, les revendications sociales ont connu des sommets jamais atteints. Ce qu'on appelle les mouvements sociaux se comptent par milliers chaque année.
Aussi, pouvait-on arriver jusqu'à un millier de mouvements et d'actions de protestation de toutes sortes en un mois. Généralement ces manifestations sociales étaient téléguidées soit par les syndicats soit par des organisations soit aussi par des forces « inconnues ». Toujours est-il que l'Ugtt demeure, o ciellement, l'interlocuteur valable avec les autorités et, (théoriquement), le plus habilité à mener des négociations ou des pourparlers. Cette vocation ne semble plus de mise actuellement. Certains responsables de la Centrale syndicale ont érigé un mur entre eux et les autorités. Aucun dialogue n'est possible. L'attitude intransigeante voire jusqu'au-boutiste ne laisse aucune porte ouverte devant un vrai travail de conciliation. Croyant avoir raison sur toute la ligne et sur toutes les questions, ils ne veulent céder sur aucun point et ne montrent aucune souplesse dans les tractations avec les partenaires officiels.
Ils se caractérisent par leur trop grande « fierté » et pensent être au-dessus de tous. Dans le combat sans merci qu'ils livrent aux autorités, on ne perçoit aucune envie d'arriver à un compromis ou à un quelconque arrangement. Pour eux, il n'y a qu'une seule issue : accepter les diktats. Ce qui ne peut exister entre deux parties condamnées à composer ensemble pour un objectif commun qui n'est autre que l'intérêt suprême du pays. L'entendent-ils de cette oreille ?
Fidèles à la voie tracée par les prédécesseurs
A franchement parler, cette grande organisation nationale, qu'est l'Ugtt, perd chaque jour un peu plus de son aura et de son prestige qu'elle avait engrangés du temps de ses grands leaders. D'ailleurs, il lui faut un long travail pour se refaire cette image perdue que chaque tunisien se faisait d'elle. Car il est inacceptable de voir l'état déplorable par lequel elle passe et l'utilisation qui en est faite. Certes, l'Ugtt a une mission sacrée. Celle de défendre les ouvriers dans le cadre défini par la loi. Par conséquent, elle est tenue de ne pas outrepasser les lignes rouges. Dans le cas d'espèce, il y a, aujourd'hui, trop de dépassements et de dérives.
Certains syndicats croient que tout est permis. Ils donnent l'impression d'être au-dessus des lois et, même, au-dessus de l'Etat. Ce qui est inconcevable même dans les pays dits « démocratiques ». La preuve est donnée par les nombreuses déclarations des ceux qui ne cessent de répéter que « personne n'est en mesure de délimiter le périmètre dans lequel l'Ugtt doit évoluer ! ».
De tels propos montrent, si besoin est, que ces gens placent toujours la barre très haut et refusent de reconnaître les réalités politico-économiques. Heureusement, on trouve ceux qui sont encore fidèles à la ligne tracée par les pères fondateurs de l'Ugtt à l'instar de Mohamed Ali ou Farhat Hached.
A voir ce qui se passe aujourd'hui, ces illustres figures se retourneraient dans leurs tombes tant les abus et les dérives ne se comptent plus. Alors, faudrait-il désespérer de voir un jour cette organisation reprendre son vrai rôle et son militantisme authentique ?
En vérité, les Tunisiens ont toujours ce préjugé favorable à l'égard de telles institutions. C'est pourquoi on n'exclut pas un retour vers plus de raison et de sens de la mesure chez nos syndicalistes. Plus de dix ans d'égarements suffisent. Il est temps de se raviser et de reprendre le flambeau de la vraie lutte pour la prospérité du pays via l'amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.