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La tendance inversée
Quelle priorité pour le Club Africain ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 07 - 2016

Le Club Africain investit sans retour. Avec une rentabilité proche de zéro, il détient la palme sur ce «segment de marché»!
Le CA, c'est d'abord un constat : le champion 2015 a misé sur ses jeunes mais ça ne marche pas ! La preuve ? Le club de Bab Jedid a été terrassé par les grands et les petits, la saison écoulée. Il y a certes eu un bonus offensif à la clé, en l'occurrence, le phénomène Bassam Srarfi et une attaque qui se porte bien. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. L'on ne peut généraliser en s'appuyant sur la singularité de ce cas précis. Bref, cette philosophie audacieuse mais pernicieuse, conséquence d'une certaine réalité économique (compression de salaires), n'est pas payante de suite et n'arrange guère les affaires d'un postulant traditionnel. Si l'on ose le parallèle avec le néo-champion étoilé, l'on note qu'outre l'admirable infrastructure du complexe sportif sahélien, propice à l'éclosion des talents, l'Etoile a certes parié sur l'avenir, sans pour autant «insulter» le présent. Il y a eu bien entendu Naguez, Brigui, Ben Amor, Bédoui, Dramé, Ben Aziza, Boughatas, Ghazi Abderazak, Trabelsi, Bangoura, quasiment tous issus du pôle étoilé. Mais force est de constater que ces derniers se sont aguerris aux côtés des Akaichi, Kom, Msakni, Lahmar, Mouihbi, Jmal et Balbouli, dont les trois quarts cités sont aussi des produits étoilés! Ce qui nous conduit à affirmer que la réussite dépend d'un savant dosage entre jeunes et moins jeunes, l'alchimie et la cohésion recherchées étant tributaires d'une corrélation tripartie entre talent, complémentarité et concordance. D'ailleurs, si on pousse la comparaison avec le CA, l'on note que le club de Bab Jedid est le roi de la formation pour autrui et non pour soi! Explications : on participe à l'épanouissement des Hcine Mansour, Chiheb Zoghlami, Younes Mazhoud, Azer Ghali, Bouslimi, Alaâ Marzouki, Sami Mhaissi et autre Zied Aidoudi. Puis, on les cède à titre de prêt, sorte de passage obligé avec une infime probabilité de les voir refouler le Parc A un jour.
Même cas pour les jeunes pépites africaines. A l'exception de Diarra, Touré et à un degré moindre Coulibaly, les autres continentaux n'ont fait que passer, à l'instar des Derrick Mensah, Jodel, Erhun Obanor, Hamid Djaouchi. Ce décryptage n'est pas sans enseignements majeurs. Le Club Africain investit sans retour. Avec une rentabilité proche de zéro, il détient la palme sur ce «segment de marché»!
Passons encore s'il ne s'agissait que d'une «niche de marché» ! Mais là, nous sommes dans une structure fortement concurrentielle et très prisée des rabatteurs-recruteurs. Et, à terme, c'est payant. D'ailleurs, volet méthodologie de l'enquête, un rapide flash-back nous apprend que l'équipe clubiste championne en 1992 a soulevé le Grâal grâce à son vivier composé des Rouissi, Lahnini, Ben Ali, Sellimi, Bouhali, Lahzemi, aux côtés des immenses Salou Tajou (dans l'axe) et Camacho (en pointe).
Des jeunes associés à des valeurs sûres, voilà le secret de la réussite. Tout comme les jeunes étoilés ont évolué au contact de Baghdad Bounedjah, Mouihbi et Franck Kom. Bref, tout est question de dosage. Cette hypothèse mérite autant d'être évoquée que les sempiternelles explications ressassées depuis les derniers flops constatés (la faute au coach, l'arrogance des joueurs, l'incurie de l'exécutif !). En clair, il y a des données objectives qui attestent de la pérennité, de la bonne santé ou de l'échec du système appliqué. La tendance au rajeunissement mérite toutefois d'être infléchie ou même nuancée (le cas du CA), sachant que nos clubs perdent de la vitesse volet visibilité continentale. Ce qui déteint forcément sur l'équipe nationale. N'accablons pas outre mesure le pari sur l'avenir, et ce, quel que soit le baromètre de la situation. Il y a bien entendu quelques éclaircies dans un ciel orageux.
Mais elles se comptent sur les doigts d'une seule main. Le tableau n'est, en fait, ni noir ni blanc. Ce faisant, s'il faut «plagier» l'Etoile et à un degré moindre le CSS, en intégrant certains ingrédients à la sauce, il ne faut pas hésiter a adopter cette recette.
Conservateur ou réformateur ?
La thèse du copier-coller sera forcément soumise à l'épreuve du terrain. Mettre l'accent sur un brillant mélange fait de technique et d'impact physique peut avoir des vertus incommensurables. Pour revenir à la détection optimale des jeunes ayant les qualités requises pour s'épanouir en équipe A, il faut aussi noter que cette «course à l'armement», stimulée par la concurrence féroce à laquelle se livrent les centres de formation en matière de détection, a peu à peu intégré des constantes d'avant-recrutement. Tantôt, la base et la norme furent le physique. (On ne prend pas en dessous de 1,80 m). Force est de constater que cette doctrine pro-athlétique, c'est-à-dire des joueurs formatés, apportant peu de plus-value technique et incapables de prendre des initiatives, a par la suite envahi les rangs de l'équipe nationale. Encore heureux que tous les clubs ne se soient pas lancés dans la voie du «tout athlétique».
La priorité doit être donnée à la créativité, balle au pied. A ce jeu-là, les joueurs de petit gabarit sont souvent dotés d'une grande intelligence de jeu (enchaînement contrôle-passe et jeu rapide). Or, c'est cela qui fait la différence dans le football et c'est ce qui a conduit, sans dommage, les Msakni et autre Srarfi jusqu'au perron du professionnalisme.
Cela dit, dans les faits, de nombreux éducateurs accordent ainsi plus d'importance à la victoire de leur équipe qu'à la pédagogie individuelle. Des schémas tactiques ayant cours à l'échelon supérieur viennent polluer jusqu'aux catégories des plus jeunes : empêcher l'adversaire de jouer (plutôt que développer son propre jeu), adopter une attitude frileuse à l'extérieur, casser le rythme d'un match, utiliser (ou pas) ses remplaçants en fonction du résultat... Oublier, finalement, que le football est d'abord un jeu. La maîtrise du ballon, c'est la base du foot. Les clubs nagent en pleine contradiction. Pour eux, le résultat n'a pas d'importance...à condition de ne pas perdre ! Même les entraîneurs des jeunes ne sont pas ménagés. La défaite empêche souvent un éducateur de travailler l'esprit libre. Il cherchera à constituer son petit palmarès personnel, et ce, d'autant plus qu'il risque de voir son contrat ne pas être renouvelé en cas d'échec ! Au final, lui aussi, il subit la pression.
Derrière ces débats passionnels, s'opposent deux visions antagonistes de ce que devrait être la relève: l'activité qui s'inscrit dans une démarche axée sur la performance. Et, le credo qui se veut intrinsèquement pédagogique.
Fatalement, chaque camp a des griefs à faire à l'autre; mais au bout de la course, la fin justifie les moyens. Pour des raisons complexes, liées autant à l'aveuglement des décideurs qu'à l'attitude individualiste des entraîneurs, l'amalgame entre générations en place n'a pas toujours suivi son cours au Parc A.
En football, heureusement, il n'est jamais trop tard pour bien faire...


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